Ruine et misère : les jumeaux de l’Oncle Sam

11 05 2010

L’Etat fédéral américain « reste exceptionnellement solvable » et il n’y a pas de raison que cela change avant une dizaine d’années, a estimé lundi l’agence de notation financière Fitch Ratings. « Malgré une dégradation sans précédent de ses finances publiques, il bénéficie du soutien que lui apportent son rôle clef dans le système financier mondial et la flexibilité de son économie affluente et diversifiée, qui lui fournissent la base de ses revenus », ajoute l’agence dans un communiqué. Fitch a confirmé les notes AAA et F1+, les plus élevées dans son échelle, à la dette publique des Etats-Unis à long et court terme respectivement. L’agence a indiqué par ailleurs qu’elle n’envisageait pas de changement pour ces notes avant la fin de la décennie qui s’ouvre.

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Si ce n’était le côté dramatique de la crise en cours, cette nouvelle déclaration de Fitch pourrait être la meilleure blague du jour. Mais cela démontre de manière très claire que les agences de notation américaines ne sont qu’un instrument entre les mains de la finance américaine au service du dollar. La preuve en quelques chiffres.

Côté pile en Europe. Le gouvernement grec réclame un premier versement du plan d’aide de l’UE et du FMI de 20 milliards pour éviter la banqueroute…

Côté face aux Etats-Unis. Acculé par des résultats financiers déplorables, le géant américain du refinancement hypothécaire Freddie Mac s’est vu contraint, vendredi dernier, de faire encore appel à la générosité de l’Etat américain, à hauteur de 10 milliards de dollars. Aujourd’hui, c’est au tour de son jumeau, Fannie Mae, de venir mendier à la porte, pour 8,4 milliards de dollars…

L’oncle Sam a déjà dépensé 111 milliards de dollars pour renflouer les deux institutions. Et la facture pourrait être bien plus lourde au final : discrètement, à la veille de Noël, le Trésor a indiqué que le plafond d’aides directes de l’État fédéral de 200 milliards fixé initialement pour Fannie et Freddie était levé. Les jumeaux Fannie Mae, Freddie Mac, ont été placés sous l’autorité des pouvoirs publics en pleine crise des «subprimes», l’Administration américaine craignant que l’accumulation de pertes compromette sa capacité à assurer un fonctionnement normal du marché du crédit immobilier américain. washington s’est d’ailleurs engagé il y a quelques mois à couvrir sans fin les pertes de Freddie Mac et de Fannie Mae jusqu’en 2012. Ces deux entreprises jouent un rôle crucial dans le marché du crédit hypothécaire car il détiennent ou garantissent à eux deux près de 5.500 milliards de dollars (soit l’équivalent de 4.290 milliards euros), c’est à dire environ 40% de tous les crédits hypothécaires aux Etats-Unis.

Sur le terrain, la réalité reste difficile pour les ménages. Le nombre de propriétés saisies par les banques auprès d’emprunteurs tombés en défaut continue de grimper. 2,8 millions de logements ont ainsi été repris l’an dernier. Cette année, le record sera battu. Le cabinet RealtyTrac anticipe 4,5 millions de saisies en 2010. Le taux de défaut dépasse désormais 5 %. Tout aussi alarmant : la forte détérioration des retards de paiement des ménages appartenant pourtant à une catégorie jugée moins risquée. Le pire de la vague de défaut sur le créneau du subprime (foyers surendettés) est certes passé. Mais le défaut des classes plus aisées atteint des records et approche désormais 10 %. Il s’agit de la fameuse deuxième vague de prêts hypothécaires hautement toxiques, les Alt-a et surtout ARM, qui va déferler sur les Etats-Unis et dont je vous mets en garde depuis des mois.

Cette situation est tout aussi problématique pour les banques dont les bilans ne reflètent pas encore pleinement la montée des défauts de paiement des foyers américains pris au piège du chômage et de l’effondrement de leur patrimoine. «Dans l’ensemble, nous estimons que les banques américaines n’ont réalisé qu’un tiers de leurs pertes sur leurs prêts immobiliers résidentiels», estime Robert McNatt de l’agence Standard & Poor’s. Les établissements financiers ont beau retarder le plus possible les saisies de logements, le chômage élevé et la multiplication des «défauts stratégiques» continuent de plomber leurs bilans.

A cela il faut ajouter les défauts de paiement records sur les prêts à la construction d’immeubles de bureaux, de centres commerciaux et de lotissements. Qui explique que depuis le début de l’année les petites banques de dépôt aient dû être saisies par les autorités fédérales, et dont le nombre risque en 2010 de dépasser celui des banques saisies au bord de la faillite de l’année dernière, et qui avait été de 140. «La proportion de prêts à la construction qui ont dû être classés en pertes a atteint 7, 8 % au quatrième trimestre 2009. C’est un record», explique Martin J. Gruenberg, vice-président du FDIC, le fonds fédéral de garantie des dépôts, spécialisé dans la saisie et liquidation de banques de dépôts. Dans le même temps, la proportion de ce type de prêts qui se trouvent en retard de paiement a presque atteint 16 %, ce qui est également un record de mauvais augure.1 400 milliards à rembourser d’ici à 2014

Comparons maintenant les besoins de financement de la Grèce et des Etats-Unis. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a indiqué lundi que le plan d’aide à la Grèce de 110 milliards d’euros (environ 145 milliards de dollars) sur trois ans mis au point par l’Union européenne en concertation avec l’organisation qu’il dirige devait aider ce pays à ne pas avoir recours au marché pendant 18 mois.

La Maison blanche prévoit un budget de 3800 milliards de dollars avec un déficit budgétaire record de 1.600 milliards de dollars pour l’année fiscale en cours, selon une source Reuters proche du Capitole. Le Congressional Budget Office l’avait évalué la semaine dernière à 1.350 milliards de dollars. Malgré l’écart assez conséquent avec les 1.600 milliards évoqués dimanche, les deux estimations tablent sur un déficit flirtant durablement avec les 10% du PIB, ce qui serait sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale. Selon le Trésor, les autorités américaines devraient avoir encore besoin de lever 376 milliards de dollars sur le marché obligataire au troisième trimestre, après les 340 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit sensiblement autant qu’un an plus tôt. La dette publique américaine atteignait près de 12.949 milliards de dollars fin avril, selon les chiffres du Trésor, soit environ 88% du PIB prévu par le gouvernement pour l’année. Il apparaît de manière évidente, que l ‘Etat fédéral américain « reste exceptionnellement » solvable…

Et déjà aujourd’hui, l’euro reculait à nouveau face au dollar, alimenté par les craintes sur la zone euro, après la mise en garde de l’agence de notation Moody’s qui envisage d’abaisser les notes de la Grèce et du Portugal, comme l’a fait Standard and Poor’s, malgré le colossal plan annoncé par l’UE. Comme les avions furtifs américains échappant aux radars, de nouveaux éléments pénètrent le nouvel espace monétaire européen afin d’en tester la perméabilité et repérer les prochaines cibles à bombarder prochainement.   

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