Les déracinés de GAZA 3 (Gush Katif)

12 06 2010

Le ton n’a cessé de monter contre Israël depuis la violente altercation opposant le Premier ministre turc au président de l’État hébreu, Shimon Peres, lors du Forum de Davos l’année dernière, suite à l’offensive israélienne « Plomb durci » contre Gaza. Alors que la Turquie est le seul allié musulman d’Israël, les relations bilatérales se sont rapidement dégradées après l’offensive israélienne violemment critiquée par Ankara puis avec le raid meurtrier contre la « flottille de la liberté » qui visait à briser le blocus israélien contre ce territoire palestinien. La minuscule bande de Gaza devient le point de rupture entre le monde musulman et l’occident.

La Turquie a longtemps essayée de se rapprocher de l’Occident en joignant ou en essayant de joindre différentes institutions régionales ou organisations de coopération occidentales, à l’instar de l’OTAN, de l’OSCE, de l’OCDE et de l’UE. Mais les réticences sont grandes en occident, d’intégrer ce pays musulman jusqu’à ce jour modéré. Las de ces atermoiements, la Turquie tourne son regard vers d’autres alliés et on relève dans ce contexte que la diplomatie turque s’active depuis un certain temps à consolider sa présence et son influence au Proche-Orient en normalisant ses relations avec les pays voisins comme la Syrie et l’Iran, alors qu’Ankara semble s’éloigner peu à peu de Washington et de Tel-Aviv pour s’affirmer comme puissance régionale indépendante, profitant de sa position géopolitique stratégique, afin de marquer des points sans se faire sermonner par les Européens et les Américains.

Ainsi, toutes les actions du gouvernement islamiste d’Erdogan semblent converger vers le rétablissement du prestige de la Turquie qui reprend son rôle historique de leadership régional, hérité du califat ottoman, redonnant à ce pays son statut de porte-étendard du monde islamique sunnite, de ses problèmes et surtout de ses frustrations face à l’échec du nationalisme arabe. Toutefois, au lieu d’être le symbole d’un islam laïc modéré, le pays devient le porte-parole de l’islamisme radical. De fait, des blocs religieux continentaux sont mis en lumière par l’affaire de Gaza, qui devient le révélateur d’une déchirure.

Le brusque mouvement de solidarité pour les gazaouis, souligne l’importance politico-religieuse de cette étroite bande terre sableuse. Mais la déchirure qui sépare le monde à cause de Gaza, n’est pas récente, elle n’est que plus profonde et plus large qu’il y quelques années où elle débuta entre le monde et les israéliens à cause du Gush Katif. Dans l’article précédent j’ai développé les conséquences immédiates du démantèlement des implantations israéliennes à Gaza, pour les Etats-Unis. Il y a cinq ans c’était Israël lui-même qui était déchiré à cause de Gaza et de ses blocs d’implantations. Mais pourquoi Gaza revêt-elle tant d’importance eschatologique ?

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Il faut se souvenir du passé, pour comprendre le présent et appréhender le futur.

Il y avait 21 implantations israéliennes, composées de 1500 familles et de 8.000 israéliens, d’orientations religieuses et politiques et culturelles diverses mais également attachés une même mission, celle de la terre d’Israël, soit pour le sens qu’elle exprime, soit pour le salut qu’elle assure aux Juifs. Leur vie est basée sur l’idéal, le courage, le dévouement au peuple. Ils développent un système éducatif de qualité jusqu’au niveau pré-universitaire, et une économie agricole de pointe renommée dans le monde entier pour ses techniques scientifiques et de culture sur le sable. S’il n’y a pas la misère dans ces conditions naturelles difficiles et d’environnement périlleux, c’est par leur courage et leur travail et par la perspicacité de l’intelligence que les Juifs sont capables de mettre en oeuvre, par leur amour de la terre d’Israël et par leur foi. Le pays est conscient de l’importance de ce symbole et en assume la défense, sachant que défendre ces habitants est défendre tout Juif en toute partie de la terre d’Israël.  

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21 implantations c’est 3 X 7, comme 3 raisons majeures à la présence israélienne à Gaza. Elles sont : religieuse, politique et économique. Le Gush Katif fut un concentré d’Israël, qui y distilla son substrat le plus pur. Il fallait beaucoup de courage, de foi et d’abnégation pour aller vivre au cœur des pires difficultés et hostilités du moment. Il représentait un symbole pour toute la nation. Aller dans le Goush Katif, c’était croire dans les prophéties bibliques du retour en Israël et du fleurissement du désert. Le Gush Katif était à l’esprit pionnier ce que représentait les accords de Bâle pour le sionisme, un aboutissement. Cette zone désertique est devenue très verte suite au travail des agriculteurs. Le montant total des exports du Gush Katif atteignait 200 millions de dollars par an et représentait 15% des exportations agricoles d’Israël. Une réussite à l’image de la symbolique synagogue de NEVE DEKALIM.

Revivez une série en trois parties qui présente des portraits individuels de résidents du Gush Katif, peignant la dimension humaine qui se profilait derrière la politique.

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1335

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1337

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1336 

Le Gush Katif était sous une certaine forme, Israël au cœur d’Israël, un concentré de ses valeurs. Déraciner ses habitants juifs pour servir d’obscures raisons politiques, ne fut rien d’autre qu’un acte de folie politique qui constitua à déchirer les promesses faites au peuple juif par l’Eternel et dont l’image la plus criante restera la destruction de la magnifique Synagogue de NEVE DEKALIM. A cause de cela, Gaza est devenu le point d’appui de la colère divine, contre son peuple premièrement, puis contre les nations.  

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5 réponses à “Les déracinés de GAZA 3 (Gush Katif)”

  1. 12 06 2010
    Jérémie (18:19:03) :

    Beaucoup de gens ont faillis de part et d’autres, beaucoup de rabbins aussi mais cela ne date pas non plus d’aujourd’hui dans leur conduite.

    Les desseins de l’Eternel sont parfois si impénétrables que je préfère parfois me taire, quand bien même je verrais davantage de gens faire des miracles dans un désert, cela ne prouve en rien non plus que l’Eternel soit toujours à nos cotés et puis après que voyons nous de mieux en société ?

    La souffrance qui nous touche le plus comme on en parle bien plus que les
    autres aussi à l’image.

  2. 12 06 2010
    Jérémie (18:29:45) :

    Pardonnez moi de vous contredire, mais quand je lis également cela sur ce site je me demande bien aussi si les rabbins d’aujourd’hui sont toujours autant bien inspirés par la lettre de la thora, en l’espérant cela vaudrait mieux quand même vous ne croyez pas ?

    http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=657

  3. 12 06 2010
    schoenel (21:38:33) :

    Il faudrait prendre un temps considérable pour répondre point par point aux différentes questions soulevées dans l’article « pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus ».

    Prenons un exemple : L’idée catholique de la Trinité transforme D.ieu en trois parties, etc…
    Pour beaucoup de juifs, les chrétiens sont assimilés au catholicisme. Alors que rien n’est plus faux, il suffit de lire mon blog pour s’en convaincre. Pendant le shabbat à Jérusalem il y a une semaine, la chose est revenue une énième fois sur la table de discussion. Pour illustrer mon propos, j’ai fait cette remarque. Vous faites du christianisme aujourd’hui, un cliché instantané, qui mêle tout et son contraire. C’est comme si un observateur vivant du temps d’Achab prenait la même photo de la société juive de l’époque, et en concluait que les juifs sont une nation, qui adore les idoles dans le nord et vont dans le temple de l’Eternel au sud. Les juifs seraient donc des idolâtres toute la semaine et honoreraient l’Eternel pendant le shabbat. Le raccourci est trop simple et complètement faux. La même chose prévaut dans le monde chrétien.
    On pourrait continuer comme ça longtemps et sur tous les sujets, comme la Loi ou le Messie. En fait ce n’est pas une question d’enseignement, mais de révélation. Jean 6:44 Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire;

    Ici, une autre approche des choses, dont la conclusion me plait beaucoup.
    Rabbin Krygier : «  Le dialogue avec des chrétiens m’a éclairé  »
    http://www.garriguesetsentiers.org/article-33331118.html

  4. 13 06 2010
    Jérémie (09:37:45) :

     » Ici, une autre approche des choses, dont la conclusion me plait beaucoup.
    Rabbin Krygier : «  Le dialogue avec des chrétiens m’a éclairé  »
    http://www.garriguesetsentiers.org/article-33331118.html  »

    C’est déjà mieux, si seulement il suffisait toujours du dialogue et de la thora pour mieux changer le coeur et l’esprit de l’homme en société, hélas les prophètes d’hier comme d’aujourd’hui ne sont pas toujours mieux reçus surtout par rapport à certains rabbins encore plus s’ils sont beaucoup moins conformes à ce qu’on attend d’abord d’eux selon les Ecritures.

    J’ai souvent remarqué d’ailleurs que pour certains grands rabbins d’Israel qu’ils avaient bizarrement beaucoup plus de difficulté à parler de la souffrance des autres sans ricanement, que de leur propre souffrance après avoir bien subi douloureusement la shoa comme si par exemple la grande et tragique histoire du peuple juif les avait peu à peu coupé d’autre chose,
    cela pourrait peut-être expliquer pourquoi certains sont si enclins à vouloir suivre et à applaudir d’abord les premiers de ce monde à l’antenne, célébrer vainement la vaine réussite matérielle et politique de l’homme en société, oui à chacun son modèle à suivre. Toyota ou le grand roi David sur son cheval blanc …

    Je ne me reconnais vraiment plus dans les juifs comme les chrétiens d’aujourd’hui, c’est le savoir, c’est la technologie, c’est la brutalité et la force, c’est le culte, c’est la kabbale mais en fait au fond de nous mêmes
    et dans note coeur sommes nous vraiment bien encore des juifs pour les autres ? A vrai dire comme on se fiche pas mal du sort de l’autre pensons surtout d’abord à nous, à notre religion, toujours à nous et rien qu’à nous d’abord. C’est aussi le grand mur des lamentations.

  5. 13 06 2010
    schoenel (13:04:37) :

    Je ne me reconnais vraiment plus dans les juifs comme les chrétiens d’aujourd’hui, c’est le savoir, c’est la technologie, c’est la brutalité et la force, c’est le culte, c’est la kabbale mais en fait au fond de nous-mêmes.

    Ce sentiment est normal, il colle parfaitement au moment spirituel, car la chrétienté n’est plus ce qu’elle était et Israël n’est pas encore ce qu’elle deviendra spirituellement. Patience donc. Je suis entrain de structurer une réponse qui va dans le sens de votre attente, car à Jérusalem le Seigneur à puissamment agit, dans le verbe et dans le geste, plus qu’Il ne l’a jamais fait dans ma vie, c’est donc que la chose est d’importance. Mais cela ne peut être délivré de manière brute, il faut le replacer dans son contexte pour en mesurer toute la profondeur. Les articles portant sur les déracinés de Gaza sont les premiers éléments de cette réponse, qui vont de Nitsanim, aux Nitzarim.

    « ha nitsanim niréou ba aréts, êt ha zamir higuiya, vé kol ha tor nimtsa bé artsénou »,
     » les bourgeons sont vus sur la Terre (nitsanim), et le temps du chant est arrivé (la louange), et la voix de la tourterelle (l’Esprit Saint, prophétie) est entendue sur notre terre « . (Cantique des Cantiques 2,12). L’Eternel procède par étape…

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