Du raïs au sultan

12 02 2011

Il aura fallu dix-huit jours pour que les manifestants de la place Tharir au Caire et des autres grandes villes de l’Egypte parviennent à leur fin : le départ du pouvoir de Hosni Moubarak. Alors qu’un vent révolutionnaire chasse les familles dirigeantes d’Egypte et de Tunisie, toutes parties avec quelques milliards dans les poches, nos démocraties occidentales qui les avaient tant soutenues, se découvrent des vertus nouvelles pour entendre la voix des peuples. Le moment pour le changement en Egypte « est maintenant », a affirmé jeudi la chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton après le discours du président égyptien Hosni Moubarak. « Le président Moubarak n’a pas encore ouvert la voie pour des réformes plus rapides et plus profondes », a déploré la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères après que le président Moubarak eut refusé d’annoncer sa démission. « Nous allons porter une attention particulière à la réponse du peuple égyptien dans les prochaines heures et jours », a ajouté Mme Ashton dans un communiqué. « Je vais rester en contact avec les autorités égyptiennes pour dire la nécessité d’une transition démocratique ordonnée, sensée et durable », a-t-elle dit. « Le moment du changement, c’est maintenant », a-t-elle souligné. « Les attentes des citoyens (égyptiens) sont légitimes et le changement ne peut attendre », a affirmé de son côté le président du Parlement européen, Jerzy Buzek.

Les pauvres ont donc eu raison des riches dans deux pays arabes. Et dans nos pays riches, les pauvres ont-ils eu raison des riches après la crise des subprimes ?

En 2008, alors que la crise des subprimes vient d’éclater, on pouvait lire ceci dans les journaux économiques : John Paulson [Paulson & Co] : le « sultan des subprimes » encaisse 3 milliards de dollars. http://www.lefigaro.fr/marches/2008/05/23/04003-20080523ARTFIG00523-john-paulson-le-sultan-des-subprimes.php

Plus fort que George Soros ! Un certain John Paulson vient d’accéder à la célébrité en raison des monumentales commissions que lui ont rapporté les « subprimes ». Les prêts immobiliers à risques des Etats-Unis viennent de lui permettre d’empocher la bagatelle de 3 milliards d’euros. Ces milliards, il les avait essentiellement gagnés en misant sur l’effondrement des subprimes, ces titres hypothécaires basés sur des emprunts pourris qui ont miné la planète finance. Fabrice Tourre : vous vous souvenez ? C’est ce trader français qui, à la City de Londres, oeuvrait à ‘fourguer’ aux clients de sa banque (Goldman Sachs) un CDO (collaterized debt obligation) intitulé Abacus 2007-AC1 adossé à des emprunts subprimes aux performances qui allaient vite s’avérer calamiteuses. ‘Nous sommes au service des clients, mais ne sommes pas leur conseil’, avait déclaré le jeune Tourre pour justifier son comportement. Qui donc, croyez-vous, avait demandé à Goldman Sachs de ‘structurer’ ce produit pourri pour pouvoir miser contre – short, en langage boursier – et empocher les sommes investies par les gogos qui faisaient confiance à Abacus ? John Paulson, qui avait versé à la banque d’affaires 15 millions de dollars à cet effet.

John Paulson est chargé de la sélection des titres hypothécaires à inclure dans le produit, tout en pariant sur leur baisse. De fait, il jouait directement contre les clients de Goldman Sachs, et ce à leur insu. Ces derniers achetaient le produit dans l’espoir qu’il s’apprécie, suivant l’argumentaire commercial de Goldman Sachs. Or John Paulson avait tout intérêt à sélectionner les titres les plus susceptibles de s’effondrer. Ce qu’il a fait. Et il a gagné son pari. En avril 2007, les investisseurs achetaient le produit. Fin janvier 2008, 99% du portefeuille d’Abacus était dégradé par les agences de notation. C’est ainsi que les clients de Goldman Sachs ont perdu plus d’un milliard de dollars… qui sont allés directement dans la poche de John Paulson. Goldman Sachs n’a encaissé qu’une vingtaine de millions sur l’opération. Cela dit, d’autres paris massifs (que nous décrivons plus loin) ont permis à la banque, elle aussi, d’empocher plusieurs milliards en se positionnant contre ses clients.

En avril 2010 Goldman Sachs Group est accusée de fraude par l’autorité des marchés financiers américains, qui lui reproche d’avoir trompé les investisseurs lors de la conception et la commercialisation d’un produit financier complexe lié à des prêts immobiliers « subprime ». Selon la plainte de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, Paulson & Co, un important gestionnaire de « hedge funds » (fonds spéculatifs) dirigé par le milliardaire John Paulson, a collaboré avec Goldman Sachs pour créer un CDO (« collateralized debt obligations »), dénommé Abacus tout en misant sur la baisse de la valeur de cet instrument.

Après la mort de son frère Virginio à cause du sida, l’épouse de Nicolas Sarkozy a créé une fondation avec ses proches en mars 2007, active en Italie et en France. La Fondation Virginio Bruni-Tedeschi est en partenariat avec l’Unesco et finance un projet d’éducation (risques et prévention) au VIH et au Sida dans plusieurs pays d’Afrique australe.

Carla Bruni-Sarkozy a profité de son voyage à New York en avril 2010, pour lancer la première action de sa fondation aux Etats-Unis. Objectif : amener les arts et la culture aux plus défavorisés, des deux côtés de l’Atlantique. C’était la présidente de la fondation qui était invitée ce lundi matin au FIAF (French Institute Alliance Française), mais c’est son mari qui a pris la parole, pour expliquer que la fondation de son épouse allait « développer un programme ambitieux de scolarisation dans les milieux défavorisés, marié à un projet culturel d’envergure » raconte un des invités triés sur le volet -la liste avait été strictement limitée à 20 personnes par l’Elysée. Le président français a également remercié les membres du conseil d’administration du FIAF pour le soutien à l’action de son épouse. Chaque année, 25 élèves américains et français, de milieux défavorisés,  recevront des bourses pour leur permettre de se rendre de l’autre côté de l’Atlantique afin de passer un an dans une école d’art. Le programme sera financé par un don d’1,5 million de dollars fait à la fondation Carla Bruni Sarkozy par John Paulson, patron d’un des plus gros hedge funds new-yorkais. C’est la belle manière ; pour les tenants de la Midas Touch, de payer leurs impôts par le biais de fondations, humanitaires ou politiques, ou les deux à la fois c’est encore mieux, pour redorer le blason de la spéculation.

En juin 2010 Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont publié une lettre commune dans laquelle ils formulent plusieurs propositions pour contrer la crise financière. Ils demandent notamment à la Commission européenne « d’accélérer » ses travaux pour un « encadrement renforcé » des marchés. Objectif : juguler la spéculation, accusée de déstabiliser le système financier européen.  Dans le collimateur des deux dirigeants européens, les pratiques financières à risques comme les dérivés de crédit, les fameux CDS (credit default swap), à l’origine de la crise des subprimes et les ventes à découverts. Une technique boursière qui permet à des opérateurs de vendre des titres qu’ils ne possèdent pas encore avec l’espoir de les racheter à moindre prix.

Juillet 2010. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs a accepté de payer 550 millions de dollars pour mettre un terme à une plainte pour fraude, a annoncé jeudi 15 juillet 2010 le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, dans un communiqué. « Un demi-milliard de dollars, c’est la plus forte amende jamais infligée à une société de services financiers dans l’histoire de la SEC », a souligné le responsable des poursuites du régulateur, Robert Khuzami.

Janvier 2011 on peut lire ceci dans les médias. Le gestionnaire de fonds spéculatif John Paulson a gagné plus de cinq milliards de dollars à titre personnel en 2010, un record. Il avait déjà engrangé près de quatre milliards de dollars en 2007 en misant contre les crédits immobiliers subprimes. Connu pour ses déclarations fracassantes, souvent à rebours de la tendance, John Paulson avait déclaré début 2010 qu’il anticipait une forte reprise économique et un rebond des prix de l’immobilier. Il a également beaucoup investi dans l’or, dont le cours a fortement progressé l’an passé. Depuis que ses fonds ont gagné 15 milliards de dollars en pariant contre le marché immobilier en 2007, John Paulson est considéré comme un oracle par ses pairs du secteur des fonds spéculatifs.


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