111… 222… 333… 666…

19 03 2011

Alors que le Moyen-Orient est toujours en ébullition, tout comme les réacteurs de la centrale de Fukushima au Japon, un autre séisme, économique celui-là, se prépare inéluctablement aux Etats-Unis. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a atteint un record mensuel absolu de 222 milliards de dollars en février, selon des chiffres publiés jeudi par le Trésor à Washington.

C’est plus que le record précédent qui remontait au mois de février 2010. Avec ce nouveau déficit, les finances de l’Etat fédéral sont restées dans le rouge pour le vingt-neuvième mois d’affilée. Les recettes de l’Etat ont augmenté pour atteindre 111 milliards de dollar, tandis que ses dépenses progressaient pour s’établir à 333 milliards. Février est le cinquième mois de l’année budgétaire. Le déficit cumulé depuis le début de l’exercice, le 1er octobre, s’approche des 666 milliards de dollars. La crise est finie nous dit-on, puisque les banksters se emplissent de nouveau les poches et même plus qu’avant la crise. Mais l’Etat qui a repris les dettes pourries du système financier corrompu US, est lui complètement ruiné.

Confrontée à une catastrophe naturelle et à un risque nucléaire, l’économie japonaise doit en plus faire face à l’appréciation de sa monnaie. Jeudi, le yen a atteint un record depuis la Seconde Guerre mondiale face au dollar, au point que le G7 s’est mis d’accord pour une action concertée des grandes banques centrales pour freiner la tendance.

En matière de taux de change, les réactions des monnaies ne sont pas toujours conformes à ce à quoi on pourrait s’attendre : lors de la crise des subprimes, le dollar s’est lui aussi apprécié alors que la crise était partie des États-Unis. Grâce à l’utilisation massive de la planche à billet et en menant conjointement une guérilla active contre l’euro via les agences de notation qui dégradaient régulièrement les ‘PIGS’, l’illusion du dollar comme monnaie de réserve était entretenue de manière tout à fait artificielle. Chose qui ne fonctionne plus, car l’euro s’apprécie, malgré les attaques américaines.    

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Part déclinante du Dollar US dans les transactions internationales (série N°1) et dans les réserves mondiales de change (série N°2) – Sources : BRI / FMI / Wall Street Journal, 03/2011 

Aujourd’hui, le yen n’est pas l’objet d’attaques spéculatives à la baisse, tout simplement parce que le Japon n’a pas de besoin – ou très peu – de financement externe. Son appréciation est liée à des anticipations des investisseurs qui s’attendent à ce que les assureurs japonais rapatrient leurs fonds pour faire face aux dépenses importantes liées à l’indemnisation des victimes du séisme et du tsunami. Le retour des liquidités très importantes que les assureurs japonais possèdent à travers le monde, converties en monnaie nationale, devraient en effet entraîner la hausse du yen.

Trois mois de révoltes arabes et les monarchies du Golfe qui ouvrent en grand les vannes budgétaires pour calmer les esprits locaux, entrainera la chute du « mur des pétro-dollars », qui va se traduire courant 2011 par l’arrêt, ou du moins un grand ralentissement, des achats massifs de Bons du Trésor US par les pays du Golfe. En plus la hausse du pétrole brut bien au-dessus de 100 USD le baril, paupérise un peu plus les consommateurs US, la décision de PIMCO et autres fonds obligataires de vendre toutes leurs obligations d’État (US principalement) et de ne plus en acheter, le tsunami japonais impliquant que le Japon devra dorénavant garder pour sa reconstruction les sommes qu’il investit dans les obligations d’Etat US -alors que les déficits intérieurs comme extérieurs US explosent- et la chute des actions un peu partout ce qui affaiblit les intermédiaires financiers US surtout -très engagés dans les spéculations boursières-, cela commence à faire beaucoup. Clairement le monde ne financera plus le consommateur US.

Le Japon et les pays du Golfe représentant à eux seuls 25% du total des 4.400 milliards USD de la dette fédérale US (Décembre 2010), Avec la Chine (20% des Bons du Trésor US) qui est plus que réticente à continuer d’acheter des dettes US, le marché américain n’a désormais plus qu’un seul acheteur : la Réserve fédérale US. Washington est désormais une sorte de « nef des fous », ballotée par les évènements, sans stratégie, sans volonté, sans capacité d’action. Ajoutons, que l’indice des prix alimentaires américains a grimpé de 3,9% en février, sa plus forte hausse mensuelle depuis pratiquement 40 ans. L’indice des prix énergétiques a flambé de 3,3% quant à lui en février. La Fed considère généralement l’indice des prix hors alimentation et énergie, ce qui paraît plutôt « commode » par les temps qui courent.

La conjonction des évènements n’est pas fortuite, l’accélération des désastres au niveau mondial, liés aux guerres, révolutions et crises économiques, devraient ouvrir les yeux de plus d’un. Notez que comme les aiguilles d’une trotteuse qui tournerait autour de la plaque Pacifique en partant du Chili, la Nouvelle Zélande, le Japon aujourd’hui, on se rapproche de la Californie et de son « Big One »…   


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