Le mystère des cathédrales – 7

29062011

Romains 10 : 17 Ainsi la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu.

Le Moyen Age a été, au point de vue religieux, une période de grande ignorance biblique. La Bible n’existait que sous forme de manuscrits écrits en latin, coûteux et rares, et la population dans sa grande masse était illettrée. Pendant le moyen âge, la Bible est enchaînée, et avec elle la pensée humaine. Les chaînes qui la retiennent captive, c’est l’ignorance du peuple que ses prêtres, pour le mieux dominer, se gardent bien d’instruire ; c’est ensuite la lenteur et la cherté des moyens de reproduction des livres saints, dont un exemplaire se vend jusqu’à 3.000 francs de notre monnaie ; c’est enfin la secrète hostilité de l’homme d’église, qui pressent dans ce livre une puissance d’émancipation qu’il redoute.

Au Moyen-Age, on ne se souciait pas de créer des écoles pour les serfs ou les paysans, pas plus qu’on n’en organisait dans l’antiquité pour les esclaves. Mais il fallait recruter pour l’Eglise les clercs capables de prêcher la religion et d’administrer les affaires religieuses. De là le souci d’étendre le bénéfice de la culture autour des évêchés et des cloîtres à tous les enfants, pauvres ou riches, qui en étaient capables. De là, l’extension des écoles monastiques, puis des écoles des évêques, des chapitres. Les premières pouvaient donner gratuitement l’instruction, les secondes faisaient payer les riches et entretenaient gratuitement les enfants du peuple ; des bourses ou des dons subvenaient aux besoins des plus pauvres. Les conciles ne cessaient de recommander cette œuvre d’éducation que l’Eglise était seule à assurer.

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Toute église cathédrale, toute grande abbaye avait son école où l’on élevait les jeunes gens destinés à entrer dans les ordres. On leur apprenait ce qui était nécessaire à un clerc, à lire, à écrire le latin, à chanter, à dire les offices. La discipline était rude, chaque année les écoliers allaient en grande cérémonie couper les verges qui devaient servir à les frapper. On trouve, dans Guibert de Nogent, ce récit : « Ma mère ayant vu mes bras tout noirs et la peau de mes épaules gonflée par les coups de verges, s’écria : « Je ne veux plus que tu deviennes clerc, ni que, pour apprendre les lettres, tu supportes ce traitement. » A ces mots, la regardant avec colère, « Quand je devrais mourir, je ne cesserai pas d’apprendre les lettres. »

Au temps de la renaissance carolingienne et jusqu’au XIe siècle, les meilleures écoles sont situées dans les monastères. Les abbayes conservent et transmettent le savoir, grâce à l’enseignement, mais aussi grâce à leur scriptorium et à leur bibliothèque. Les abbayes étant souvent établies à la campagne, l’enseignement qui y était dispensé pouvait apparaître comme lointain et isolé. Au XIIe siècle, les écoles épiscopales, situées en ville près de la cathédrale, connurent un succès et un rayonnement qui éclipsèrent la renommée des écoles monastiques. Les écoles épiscopales étaient à la charge des chanoines de la cathédrale. Elles étaient dirigées par un écolâtre. L’enseignement était assuré par des maîtres (magister en latin), c’est-à-dire les professeurs de l’époque. Ces maîtres étaient des clercs ayant terminé leurs études et ayant obtenu la « licence d’enseigner » (licencia docendi). À la fin du XIIe siècle, cette autorisation était attribuée par le chancelier de la cathédrale ce qui en faisait également une école.

Les écoles cathédrales doivent leur nom à leurs liens avec l’Église, leur vocation étant à l’origine de former le clergé. Elles ont, peu à peu, accepté des étudiants laïques. Ces écoles ont été à la base de la renaissance culturelle et philosophique du XIIe siècle et ont précédé la fondation des universités au XIIIe siècle. L’on vit ainsi, parallèlement à la création de nouveaux monastères et d’ordres religieux et à la renaissance des villes, du commerce et de la propagation du style international français dit plus tard gothique (opus francigenum) en architecture, une efflorescence à travers l’Europe de ces Universitates studiorum qui s’installèrent dans les villes ouvertes au renouveau et aux avantages économiques que la présence d’ « escholiers » ne pouvait manquer de leur apporter. Au Moyen Âge, seuls les religieux avaient la « scholê », c’est-à-dire le loisir d’étudier, laissant aux autres (le clergé séculier, les frères convers, les laïcs…) le soin dévalorisé de s’occuper des affaires matérielles. Maintenir la population dans l’ignorance des Ecritures était le seul moyen pour l’Eglise catholique de maintenir sa prééminence en Europe. Entretenant le latin comme’ langue de culture’ commune à travers l’Europe, elle a l’immense avantage de n’être comprise que par le clergé catholique.

Une des bases de la scolastique est l’étude de la Bible. La Vulgate devient le texte de référence absolu pour les penseurs latins du Moyen Âge. Uniquement accessible aux lettrés, elle est le fondement incontesté des études. Sont aussi soumis à l’étude scolastique l’enseignement officiel de l’Église, notamment les décisions des conciles; les écrits des saints, tels Saint Augustin, Saint Hilaire, Grégoire le Grand, les traités attribués à Denys l’Aréopagite, et surtout les quatre Livres des sentences, où Pierre Lombard avait rangé, vers 1150, l’ensemble des données et des problèmes de la foi chrétienne tels qu’ils avaient été déterminés, discutés, compris, par les principaux penseurs de l’Église.

La réconciliation entre Aristote, « le divin docteur » et la foi chrétienne passe en particulier par la tentative de résoudre les tensions entre philosophie première (selon Aristote) et théologie, autrement dit entre une métaphysique générale (philosophie première appelée plus tard ontologie, ou ontosophie) et une science de l’être par excellence (plus tard, metaphysica specialis, la théologie). Cette réconciliation avec la philosophie première est présentée dans la Somme théologique de Thomas d’Aquin. Au centre de cet ouvrage, on trouve une théologie de la Création (prima pars : Dieu, la création). La réconciliation est soumise à la hiérarchie augustinienne : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ». Il s’agit avant tout de mieux comprendre la foi chrétienne à la lumière de la philosophie antique.

Lors de la Réforme protestante au XVIe siècle, la scolastique sera accusée d’avoir ruiné la doctrine chrétienne en établissant la prépondérance de la philosophie antique. Le débat se résume en ces termes : les réformateurs, notamment Martin Luther, accuseront les scolastiques d’avoir hellénisé la religion chrétienne. Les tenants de la tradition catholique romaine considèrent que les scolastiques ont plutôt christianisé la civilisation hellénistique, ouvrant la foi aux catégories de la pensée antique. On peut se faire une idée des ravages de la scolastique médiévale en étudiant l’œuvre de Thomas d’Aquin.

 

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Thomas d’Aquin est un religieux de l’ordre dominicain et est considéré comme le fondateur de la théologie (en tant que science théorique). Il est un des premiers – sinon le premier – à distinguer une théologie naturelle (theologia naturalis) et une théologie révélée (sacra doctrina), est parti en quête d’une intelligence de la foi, par la raison naturelle, en s’appuyant notamment sur la philosophie d’Aristote. Thomas établit que l’homme peut acquérir la connaissance de l’existence de Dieu à partir du monde et non à partir de la déduction de principes logiques ou abstraits que l’on extrairait exclusivement de la Bible. Selon lui, il est tout à fait possible d’accéder à une certaine connaissance de Dieu – principalement son existence, son statut de cause première – sans Révélation, en observant le monde, par une connaissance indirecte et a posteriori. C’est le sens des voies dites cosmologiques qui conduisent à la connaissance de l’existence de Dieu à partir de l’observation de l’univers.

Thomas d’Aquin n’avait aucunement pour but de prouver l’existence de Dieu ; il s’adressait en effet à des étudiants en théologie (c’est-à-dire des frères prêcheurs, des prêtres, etc.), pour lesquels cette existence était considérée comme acquise. L’intention de Thomas d’Aquin était plutôt de montrer que l’on pouvait accéder à Dieu au moyen de la raison naturelle, en partant de ce que l’on constate du monde. C’est pourquoi il ne propose pas de « preuves », mais des « voies ». C’est intellectualiser le principe, que puisque qu’il y a un pape et une Eglise catholique qui domine le monde chrétien au Moyen Age, c’est que Dieu l’a voulu. Le « catholicisme » est la voie, ou la porte,  qui mène vers Dieu. « …c’est toujours l’Église qu’il faut suivre en toutes choses. Car l’enseignement même des docteurs catholiques tient son autorité de l’Église. Il faut donc s’en tenir plus à l’autorité de l’Église qu’à celle d’un Augustin ou d’un Jérôme ou de quelque docteur que ce soit. »

Thomas d’Aquin rendra célèbre l’adage selon lequel « la philosophie est la servante de la théologie ». Il est considéré comme un philosophe réaliste. Il retient d’Aristote le fait que toute connaissance est d’abord sensible avant d’être dans l’intelligence. Thomas d’Aquin, en suivant l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, développe une morale finaliste, c’est-à-dire que tous les actes humains sont effectués en vue d’une fin, et toutes les fins en vue d’une fin suprême. C’est théoriser le principe selon lequel, la fin justifie les moyens, (par exemple, l’acquisition d’une technique afin de s’en servir à des fins utiles comme le soldat apprend le maniement de l’épée afin de pouvoir tuer son ennemi), donc relative les uns aux autres, et cela parce qu’il y a une fin suprême qui lui est voulu d’une manière absolue, qui est en quelque sorte le sommet de l’analogie : le soldat a tué son ennemi afin de gagner la bataille, victoire qui permettra de vivre en paix, ce qui permettra aux citoyens de s’épanouir, etc. cela jusqu’à une fin suprême qui sera voulue pour elle-même, et non en vue d’autre chose. Sans elle, rien ne serait subordonné et tous les biens se vaudraient. Toutes les autres choses ne sont recherchées qu’en vue de cette fin : « Tout ce que l’homme veut ou désire, il est nécessaire que ce soit pour sa fin ultime. » Ainsi tous les crimes commis par les dominicains contre les « hérétiques » sont justifié, ainsi que les croisades ou la persécution des juifs. « En ce qui concerne les hérétiques, il y a deux choses à considérer, une de leur côté, une autre du côté de l’Église. De leur côté il y a péché. Celui par lequel ils ont mérité non seulement d’être séparés de l’Église par l’excommunication, mais aussi d’être retranchés du monde par la mort. En effet, il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l’âme que de falsifier la monnaie qui sert à la vie temporelle. Par conséquent, si les faux monnayeurs ou autres malfaiteurs sont immédiatement mis à mort en bonne justice par les princes séculiers, bien davantage les hérétiques, aussitôt qu’ils sont convaincus d’hérésie, peuvent-ils être non seulement excommuniés mais très justement mis à mort. »

La théologie conceptualise le caractère profondément antéchrist du catholicisme en lui donnant un verni de christianisme. La manière dont le catholicisme et notamment son maître théologien Thomas d’Aquin traite le sujet de l’astrologie, dont toute la Bible condamne la pratique, est édifiant.  Si le contact avec les musulmans n’a donc pas fait connaître l’astrologie au Moyen âge latin, elle lui a cependant apporté des écrits astrologiques forts demandés en raison des observations d’ordre physiologique et médicinal qui s’y trouvaient. Aussi Gerbert d’Aurillac, né en 930 et mort en 1003 comme pape Silvestre II, en demandait-il une traduction latine à Lupicinatus, son correspondant à Barcelone. Plus tard, d’autres lui emboîteront le pas. Ainsi, Thierry de Chartres (1148) et Pierre le Vénérable (1156), abbé de Cluny. Il y aura même des tentatives d’intégration de diverses théories astrologiques à la doctrine de l’Église. L’abbesse Hildegarde de Bingen (1179), qui sera une sainte canonisée, Daniel de Morley (1190) et Alain de Lille (1202) en sont des exemples. D’autres auteurs, par contre, illustreront plus volontiers l’aspect de rejet de l’astrologie à cause du fatalisme de son interprétation divinatoire. Ainsi Pierre Abélard (1142) et Jean de Salisbury (1180). Albert le Grand (1280) préparera en quelque sorte le terrain de la synthèse magistrale de son disciple Thomas d’Aquin (1274), qui sera plus tard un saint canonisé comme lui.

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Il en résulte qu’aux yeux de l’Église, rien ne s’oppose doctrinalement à une astrologie non divinatoire, approche scientifique s’attachant à montrer les influences astrales sur le comportement humain comme sur les phénomènes affectant la terre et les mers. Retenons, parmi les explications de Thomas d’Aquin, cette réflexion judicieuse concernant leur impact sur l’être humain (Summa theologica, IIa IIae, Quaest.95, art.5, ad secundum) : « La plupart des hommes sont à la remorque de leurs impressions corporelles. Leurs actes n’ont donc couramment d’autre règle que le penchant que leur impriment les corps célestes. Un tout petit nombre, les sages, gouvernent ces penchants par la raison. Aussi, dans bien des cas, les prédictions des astrologues se vérifient. » Il est à remarquer que par cette précision évoquant l’interprétation divinatoire des horoscopes, l’auteur se réfère implicitement à une pratique déjà largement connue de son temps et largement utilisée dans toutes les cours d’Europe.

L’Église a seulement condamné l’astrologie divinatoire. Tant en Occident qu’en Orient, la conception d’une astrologie ‘scientifique’ a été entretenue. Les écrits de l’Antiquité étaient transmis par les moines copistes et se trouvaient dans les bibliothèques à la Cour des princes. En outre, ce n’est pas tout d’abord et sans plus en opposition au Paganisme que l’anathème a été fulminé contre l’astrologie, mais en application des textes sacrés tenus pour normatifs de la vie chrétienne. Les auctoritates ne réprouvant pas, mais admettant explicitement une astrologie non divinatoire et ce, dès l’Antiquité finissante, il y a eu réception et transmission de cette interprétation. Le contact avec les Musulmans n’a donc pas fait connaître l’astrologie au Moyen âge latin, pas plus qu’à Byzance d’ailleurs, puisque c’est notamment au sein de l’ancien Empire de Justinien que les Musulmans découvriront nombre d’écrits astrologiques déjà connus comme faisant partie de l’héritage de l’Antiquité. Le contact avec l’Islam a simplement accéléré un processus d’intégration idéologique qui avait commencé depuis longtemps, mais sans compromissions : tout en rejetant l’interprétation divinatoire, on retenait de l’astrologie les éléments compatibles avec les enseignements du catholicisme. Qu’en fait, il y avait un écart plus ou moins grand entre les normes et la pratique, c’est là un phénomène qui n’est pas propre au seul Moyen âge et qu’il faut donc se garder d’attribuer à un revirement de l’attitude officielle de l’Église au début du second millénaire. La synthèse doctrinale de Thomas d’Aquin, reprise par le pape Sixte V (1585), le démontre amplement.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son l’encyclique Æterni Patris, a déclaré que les écrits de Thomas d’Aquin exprimaient adéquatement la doctrine de l’Église. Le concile Vatican II (décret Optatam Totius sur la formation des prêtres, no 16) propose l’interprétation authentique de l’enseignement des papes sur le thomisme en demandant que la formation théologique des prêtres se fasse « avec Thomas d’Aquin pour maître ».

La Réforme protestante, sous la plume de Martin Luther et Jean Calvin, appelle à relire les textes religieux littéralement, par-delà les interprétations canoniques et théologiques de l’Église catholique romaine. Il s’agit de détruire les couches sédimentées de conciles et de doctrines (la tradition) surajoutées aux textes, pour retrouver le texte biblique en sa pureté. Auparavant, la majorité du peuple n’avait pas accès au texte biblique, mais seulement aux interprétations qu’en donnaient les autorités religieuses. Avec les mouvements intellectuels de la Réforme et de l’Humanisme, conjoints à l’invention de l’imprimerie et au développement de l’éducation (qui fera reculer l’illettrisme), le texte biblique deviendra de plus en plus accessible, et l’autorité religieuse de plus en plus remise en cause quant à la lecture des textes sacrés.

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Le mystère des cathédrales – 6

25062011

Pour survivre  à la décomposition puis l’effondrement de l’empire romain, l’Eglise naissante catholique doit trouver un soutient et un protectorat qui l’accompagne dans sa quête à l’établissement d’une théocratie papale. La dilatation du catholicisme au début du Moyen Age s’accompagne de la mise en place d’une nouvelle hiérarchie ecclésiastique avec la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, pour devenir grâce aux carolingiens, un des principaux pouvoirs en Occident : l’évêque de Rome, dont l’autorité spirituelle prétend s’appuyer sur la primauté du siège de l’apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Mais l’Église romaine doit d’abord s’imposer face à Byzance, qui a encore l’autorité sur Rome.

En 730, l’empereur byzantin Léon III l’Isaurien (empereur de 717 à 741) interdit l’usage d’icônes du Christ, de la Vierge Marie et des saints, et ordonne leur destruction. Constantin V (718-775), va même mener une véritable guerre contre les iconodoules ou partisans des icônes. Ses attaques contre les moines se transformèrent en attaques contre l’institution monastique elle-même. Il rejeta non seulement les icônes, mais aussi le culte des saints et la vénération des reliques. Mais entièrement préoccupé par ses guerres contre les Arabes et les Bulgares, Constantin ne porta aucune attention à l’Italie où le pape dont le fonds de commerce est directement lié à ces pratiques antéchrist, va chercher un autre allié contre les Lombards. En janvier 754, le pape Étienne II franchit les Alpes pour rencontrer le roi des Francs, Pépin le Bref, à Ponthion, préparant ainsi la fondation d’un État ecclésiastique romain.

Le court règne de Léon IV fils de Constantin V, marque la transition entre la haine virulente pour les icônes et l’attachement manifesté par son épouse, Irène, qui en rétablit le culte. Sa mort prématurée porta sur le trône son fils alors âgé de dix ans, Constantin VI. Sa mère, Irène  se hâta de saisir le pouvoir à la faveur d’un coup d’État manqué et de nommer des évêques iconodoules comme le patriarche Tarasios qui présida le deuxième concile de Nicée, lequel condamna l’iconoclasme comme une hérésie et rétablit la vénération des images. Pour bien marquer qu’elle était seule maître de l’empire, Irène porta pendant cette période, le titre de basileus. Pendant ce temps, le pape avait couronné Charlemagne empereur en 800, alléguant qu’une femme ne pouvait remplir cette fonction. La scission entre l’empire d’orient et d’occident était définitivement consommée et le pape serait le chef spirituel en occident.

Dans leur insatiable soif de pouvoir, les papes avaient instauré une pratique nouvelle chez les francs, qui à terme deviendra l’instrument même de leur autorité suprême. Les rois mérovingiens (Ve-VIIIe siècles) n’accédaient pas au pouvoir après un sacre ; ils étaient choisis (élus) par les aristocrates dans la famille mérovingienne. Leur pouvoir provenait de leur charisme et de leurs victoires militaires. Le baptême du premier roi mérovingien Clovis, vers 496/499, n’a jamais été un sacre.

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Au milieu du VIIIe siècle, c’est le maire du palais Pépin le Bref, fils de Charles Martel, qui inaugura la pratique du sacre religieux pour les rois de France ; au préalable, il voulut s’assurer du soutien de la plus haute autorité spiritiuelle de l’Occident : le pape. Il envoya d’abord Burchard, évêque de Wurzbourg, et Fulrad, l’abbé de Saint-Denis en ambassade auprès du pape Zacharie. Celui-ci répondit que l’ordre divin était troublé, car le maire du palais disposait de la réalité du pouvoir, alors qu’il n’en avait pas la légitimité. Les derniers rois mérovingiens n’exerçaient en effet plus aucune autorité effective (image d’Epinal des rois fainéants).

L’Église affirme alors qu’elle doit donner la légitimité du pouvoir par le rituel du sacre. Le modèle est l’onction que reçut le roi David par Samuel dans l’Ancien Testament. Le sacre de Pépin le Bref eut lieu en mars 752 à Soissons où « les évêques présents l’oignirent du saint chrême » en plusieurs endroits du corps. L’élection par le peuple et les grands (aristocrates) du royaume demeure, mais avec les successeurs carolingiens, elle perdra de son importance.

En échange de son accord de principe, le pape avait espéré l’appui armé du carolingien face aux menaces lombardes. En 753, le pape Étienne II est contraint de se réfugier en Gaule où il demande l’intervention de Pépin le Bref. Ce dernier lui donne alors la promesse d’une intervention armée contre les Lombards. En échange, le pape lui confère le titre de « patrice des Romains » (c’est-à-dire protecteur de Rome) et le sacre une seconde fois à Saint-Denis le 28 juillet 754. Cette fois-ci, les deux fils de Pépin dont le futur Charlemagne sont sacrés des mains même du pontife qui bénit aussi Berthe, la mère de Pépin. Par la suite, Pépin Le Bref tient sa promesse et engage plusieurs expéditions en Italie. Les territoires abandonnés par les Lombards forment la donation de Pépin qui constitueront l’embryon des états pontificaux, le temporal de Saint-Pierre.

Mais après Charlemagne, l’empire carolingien va se diviser et sa partie germanique restera l’autorité la plus représentative,  sous l’appellation de Saint-Empire romain germanique, qui commence le 2 février 962 par le couronnement à Rome d’Otton Ier par le pape Jean XII. Il se voulait l’héritier de l’Empire d’Occident des Carolingiens qui avait disparu au Xe siècle, mais également du prestige et de l’Antiquité de l’Empire romain avant lui. L’empire germanique va exercer un contrôle total sur l’élection des papes et sur la nomination des évêques. Pour asseoir leur autorité, les souverains germaniques ont dévolu des pouvoirs régaliens aux prélats. Les évêques présentent l’avantage de ne pas avoir d’héritier. Ne concéder les charges qu’à titre viager permet de récupérer les terres à la mort du vassal et évite donc la perte progressive des possessions. Cela permet aussi de conserver un moyen de pression sur ses vassaux dont la jouissance des terres accordées en précaire peut être retirée.

Les empereurs Ottoniens germaniques donnent les investitures temporelles et spirituelles à des hommes de leur choix, souvent issus de la chapelle royale où ils ont pu être jaugés, fidèles à leur personne et à leur pouvoir. Ainsi, les évêques de la Reichskirche forment l’ossature de l’administration impériale. Cette investiture est symbolisée par la remise de l’anneau et de la crosse par l’empereur à l’évêque entrant en charge. Les empiètements du pouvoir temporel ne sont pas le seul fait de l’empereur, d’une façon plus générale, les grands laïcs ont mis la main sur l’Église. La conséquence en est que le trafic des charges ecclésiastiques se généralise. Les prêtres vendent les sacrements, s’adonnent au trafic des reliques et en tirent des revenus substantiels. C’est ce qu’on appelle la simonie. Si les empereurs du Saint-Empire ont accaparé le droit d’investiture du pape, les rois capétiens vendent des évêchés et, après la conquête de l’Angleterre, les rois normands distribuent à leurs fidèles les sièges épiscopaux anglais. En outre, le mariage des prêtres se généralise en France, en Allemagne et en Italie.

Alors que la réforme monastique a été le meilleur soutien de l’Empire, les choses évoluent sous Henri III. À partir de Léon IX, les souverains pontifes, inspirés par Hidebrant leur éminence grise (le futur Grégoire VII), vont faire de la lutte contre la simonie un de leurs principaux chevaux de bataille. Profitant de la régence d’Agnès de Poitou, ils parviennent à ce que le pape soit élu par le collège des cardinaux et non plus désigné par l’empereur. Une fois cela acquis, ils comptent lutter contre l’investiture des évêques germaniques par l’empereur. Or on l’a vu, les évêques sont la clef de voûte du pouvoir impérial. L’enjeu est clair, l’Occident doit devenir une théocratie papale.

Commence alors au milieu du XIe siècle la réforme grégorienne. En 1059, le pape Nicolas II réserve l’élection du pape au collège des cardinaux. Puis, en 1075, Grégoire VII affirme dans les dictatus papae qu’il est le seul à posséder un pouvoir universel, supérieur à celui des souverains et leur retire la nomination des évêques. Commence alors une lutte féroce entre la papauté et l’empereur que les historiens ont appelé la « querelle des investitures ». L’épisode le plus fameux en est l’excommunication d’Henri IV et sa pénitence à Canossa pour obtenir le pardon pontifical. À l’issue de ce conflit, le pape parvient à se soustraire à la tutelle impériale. En 1122, par le Concordat de Worms, l’empereur accepte la libre élection des évêques, se réservant le droit de donner aux prélats l’investiture temporelle. Ce compromis marque la défaite de l’Empire.

Mais les empereurs germaniques vont essayer de reprendre le pouvoir sur le pape et une véritable guerre d’investiture fera rage entre le pape Grégoire IX (1227-1241), décidé à soumettre les Hohenstaufen à l’autorité pontificale et Frédéric II. Le pape mène une véritable croisade. Il offre aux soldats qui combattent pour lui les mêmes privilèges qu’à ceux qui combattent en terre sainte. Les Hongrois qui ont fait le vœu de croisade sont même invités à le commuer en participation à la guerre contre Frédéric II. Celui-ci est dénoncé comme l’Antéchrist par les papes. Il occupe les États de l’Église après la mort de Grégoire IX. Le nouveau pape Innocent IV reprend la lutte. Il appelle les Allemands et les Italiens à la croisade contre l’empereur mais il est forcé de se réfugier à Lyon où il réunit un concile en 1245. Il y dépose son adversaire et délie ses sujets de leur serment de fidélité. Le pape montre ainsi qu’il est le maître du pouvoir temporel aussi bien que du spirituel puisqu’il peut priver un souverain de son pouvoir politique. Le concile de Lyon est le point culminant de la théocratie pontificale. La mort de Frédéric II consacre la victoire de la papauté. Innocent IV, désireux d’en finir avec les Hohenstaufen, excommunie le fils de Frédéric II, Conrad IV, et prêche la croisade contre lui. Les deux hommes meurent en 1254.

Grâce au pouvoir du sacre et de l’excommunication, les papes peuvent régner en maître au temps des cathédrales, qui deviendront autant un siège de pouvoir spirituel que temporel, celui de l’évêque. Le clergé catholique a littéralement façonné le monde occidental au Moyen Age en l’extirpant des voies de l’Evangile pour y imposer un ordre nouveau dit « chrétien », mais qui dans les faits est totalement antéchrist. Par le biais, des évêques en commençant par celui de Rome,  on peut dire que l’Eglise romaine est assise et « trône » au sein des cathédrales. Ce qui correspond parfaitement à Apocalypse 17 :1 Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux.

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Le mystère des cathédrales – 5

23062011

Romains 6:23  Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.

Page:Emile Zola – La Terre :  D’abord, il était question des Gaulois libres, réduits en esclavage par les Romains, puis conquis par les Francs, qui, des esclaves, firent des serfs, en établissant la féodalité. Et le long martyr commençait, le martyre de Jacques Bonhomme, de l’ouvrier de la terre, exploité, exterminé, à travers les siècles…. Alors, un affreux dénombrement commençait, celui des droits qui frappaient le misérable. Personne n’en pouvait dresser la liste exacte et complète, ils pullulaient, ils soufflaient à la fois du roi, de l’évêque et du seigneur. Trois carnassiers dévorants sur le même corps : le roi avait le cens et la taille, l’évêque avait la dîme, le seigneur imposait tout, battait monnaie avec tout. Plus rien n’appartenait au paysan, ni la terre, ni l’eau, ni le feu, ni même l’air qu’il respirait. Il lui fallait payer, payer toujours, pour sa vie, pour sa mort, pour ses contrats, ses troupeaux,

Le milieu du Moyen Age, aussi appelé à juste titre « l’âge des ténèbres », verra s’établir la paix de Dieu et surtout l’autorité du pape sur l’Occident chrétien. Ayant déclaré saint, tout ce que l’Evangile condamne, le ‘trône » papal le devient donc également l’établissement d’un Saint-Siège. Le Saint-Siège est l’incarnation du pouvoir spirituel de l’Église catholique, c’est-à-dire du pape, et de son administration, la Curie romaine. Le pouvoir temporel et territorial du pape remonte à la donation faite par l’empereur Constantin du palais du Latran — donation qui ne doit pas être confondue avec la « donation de Constantin », document apocryphe prétendant fonder la souveraineté du pape sur Rome et l’Occident. C’est Pépin le Bref qui, battant les Lombards en 754-756, conquiert pour le pape Étienne II le Patrimoine de Saint Pierre, ancêtre des États pontificaux (donation de Pépin). C’est à cet épisode que la France fait remonter son titre, jamais défini, de « fille aînée de l’Église ».

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D’où vient l’appellation «Siège Apostolique» ou «Saint-Siège»? Le 22 février, l’Eglise catholique commémore, au cours des offices, la fête «Cathedra Petri». Le professeur Adoîf Adam, théologien catholique, écrit: «Il en ressort que cette commémoration romaine, qui est attestée dès le milieu du IVe siècle (Déposition Mariyrium), remonte à une coutume antique (datant d’avant l’ère chrétienne). Dans la Rome ancienne (païenne), commence à avoir lieu, du 13 au 22 février – c’est-à-dire à la fin de l’année, qui débutait à l’origine le 1er mars – une commémoration des morts en l’honneur des parents et des connaissances (= parentalia). A cette occasion, on laissait un siège (= cathedra) libre pour certains défunts. Comme l’Eglise romaine ne connaissait pas avec exactitude le jour de la mort de Pierre, elle décida d’évoquer sa mémoire le 22 février. C’est seulement plus tard que l’on donna à cathedra le sens de chaire épiscopale et qu’on vit dans cette commémoration le souvenir du jour où Pierre prit en charge l’Eglise romaine.»

Comme tant d’autres coutumes païennes, cette pratique occulte issue du culte des morts de l’antiquité païenne a fait elle aussi son entrée dans l’Eglise de Rome au moment où, au IVe siècle, une grande partie des communautés chrétiennes s’est mêlée au monde et aux cultes païens et a créé la nouvelle religion: le catholicisme romain. Ceci prend un relief encore plus particulier quand on le met en perspective avec le texte de Matthieu 16 : 18  Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Ayant inventé le mythe de Pierre comme premier pape, et ainsi justifié une continuité apostolique s’appuyant sur ce texte comme fondateur de l’Eglise catholique, ils en ont perverti le sens, jusqu’à justement faire prévaloir le séjour des morts dans leurs pratiques religieuses. Le trône papal, la cathèdre, tire son nom d’une fête païenne, la fête «Cathedra Petri», lié au séjour des morts.  

Mais l’Eglise catholique ne va s’arrêter en si bon chemin sur la voie qui mène au séjour des morts. Elle va en ouvrir les portes en grand, pour en faire un formidable commerce qui assurera son immense richesse. La descente vers le séjour des morts ne sera pas brutale, mais se fera par étape au cours des siècles. Cela commence très tôt vers le 3 ème siècle par la prière pour les morts, puis viendra la vénération des saints, des icônes et de la reine du ciel Marie au Concile d’Éphèse (431). La doctrine du purgatoire, établie par Grégoire I (593). Les prières adressées à Marie, aux saints décédés et aux anges (vers l’an 600). La transformation du Panthéon de Rome en sanctuaire catholique est la suite logique, le pape Boniface IV le consacra, le 13 mai 610, sous le nom de l’église Sainte-Marie-et-des-martyrs. Boniface IV voulait ainsi faire mémoire de tous les martyrs chrétiens dont les corps étaient honorés dans ce sanctuaire. La fête de la Toussaint fut alors fêtée le 13 mai, date anniversaire de la dédicace de cette église consacrée aux martyrs. L’adoration de la croix, des images et des reliques (autorisée en l’an 786). La canonisation des saints décédés, initié par le Pape Jean XV (995). En 998 Odilon de Cluny institue une journée consacrée à la commémoration de tous les fidèles trépassés et la fixe le 2 Novembre.

Dans la liturgie catholique pour les morts il faut différentier ceux pour qui on prie afin de les sortir du purgatoire et  les saints, comme la Vierge, que l’on prie afin qu’ils intercèdent en notre faveur. Dans un cas, comme dans l’autre, cette pratique annihile l’œuvre de Jésus-Christ et vide la substance même de l’Evangile, qui proclame que seule la foi justifie le pécheur. Mais non content d’avoir détourné la foi du plus grand nombre de la vérité des évangiles, l’Eglise catholique va en faire un commerce. La pratique de la simonie (l’achat et la vente de biens spirituels), le culte des saints et leurs reliques, prières pour les morts, associé à la vente d’indulgences va prendre une dimension aussi considérable que la taille des cathédrales gothiques. 

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L’essor des abbayes, puis des cathédrales dépendra beaucoup du nombre et à la qualité de ses reliques. Le culte des reliques va entrainer l’essor des pèlerinages. Il existera trois grands centres de pèlerinage catholique au Moyen Age : Jérusalem où se trouve le tombeau du Christ, Rome la ville du pape et Saint-Jacques de Compostelle en Espagne. Une fois arrivée à destination (le voyage durait plusieurs mois), les pèlerins vénéraient les reliques par des prières ou des offrandes. Ils espéraient des miracles du saint, des guérisons des maladies. Mais c’était aussi souvent la fin d’une pénitence.

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Le culte des saints l’emportera sur toutes les autres formes de piété, car il est associé à celui du culte des reliques, car pour des laïcs illettrés l’accès au trésor de l’Écriture demeure fermé, les richesses de la liturgie sont culturellement peu accessibles, l’ascétisme monastique demeure un idéal difficile à atteindre et la portée et le sens de la messe sont mal compris. Les saints offrent des modèles proches, un secours immédiat contre le Mal et une intercession puissante pour le salut de l’âme du pauvre pécheur. Tout pèlerinage était donc inséparable du culte des reliques. Dans ces conditions, plus les reliquaires sont nombreux dans une abbaye ou une église, plus les chrétiens affluent, plus les aumônes tombent avec un commerce prospère du luminaire.

C’est bien ce qui va provoquer la course aux reliques. Ces dernières, si nombreuses fussent-elles, ne pouvaient satisfaire tous les demandeurs, clercs ou particuliers. Souvent les religieux, en offraient pour payer leurs déplacements. Il fallut donc les multiplier. Pour ce faire, les moines n’hésitèrent pas à fractionner les squelettes, malgré l’interdiction formelle qui en avait été faite au IV° siècle par l’empereur Théodose. Un peu plus tard, les pères de l’Église affirmeront pourtant que « si divisé et dispersé que soit le corps des martyrs, la grâce est tout entière attachée au moindre fragment ». On vendra même des flacons d’huile ayant coulé sur des reliques. On mettait l’ossement dans une auge remplie d’huile et une clé permettait d’en céder aux pèlerins. Cela durait indéfiniment, il suffisait de rajouter de l’huile. C’est surtout au moment des croisades que les reliques vont être les plus nombreuses. Les chevaliers francs avaient été stupéfaits par les richesses des églises orientales que l’impératrice Hélène avait comblées de reliques. Par exemple, à Sainte Sophie de Byzance, on trouvait les trompettes de Jéricho, les langes du Christ, les douze corbeilles de la multiplication des pains et surtout la tête de saint Jean Baptiste.

Cette course effrénée au culte des saints et des reliques, gonfla incroyablement le trésor des abbayes, qui finirent par dédier les lieux de culte, non plus au Seigneur, mais aux saints associés aux reliques. Le rôle du Christ comme sauveur était encore amoindri par la peur entretenue de fautes jamais vraiment pardonnées et donc d’un salut incomplet. L’Eglise menaçait les pécheurs impénitents des peines éternelles (enfer) et les moins fautifs d’un séjour plus ou moins long au purgatoire après leur mort, sorte d’antichambre du paradis. Pendant leur vie, les gens pratiquaient donc toutes sortes de pénitences pour s’acquitter de leurs fautes (pèlerinages, croisades, flagellations, jeûnes, etc.) et diminuer de la sorte leur séjour au purgatoire.

L’Eglise prétendait pouvoir influencer les châtiments divins. Car à cause de sa multitude de saints, elle prétendait avoir à sa disposition un superflu de bonnes œuvres, qu’elle pouvait administrer à son gré. Donc l’Eglise enseignait le salut par les œuvres et ceux qui n’en n’avaient pas comptabilisé assez, avaient la possibilité d’en acheter à ceux qui en avaient accumulé en suffisance (les saints). Elle proposait alors des alternatives, comme l’achat d’indulgences qui avaient soi-disant le pouvoir de libérer ou de diminuer le temps à passer au purgatoire pour la punition des péchés. Ainsi l’Eglise, en vendant des indulgences, satisfaisait le désir de salut du peuple en même temps que ses besoins financiers.

L’indulgence devient à cette période une arme pontificale : l’indulgence plénière apparaît au milieu du XIe siècle ; elle est alors employée pour encourager la croisade en Espagne, c’est-à-dire la Reconquista. Au cours du Moyen Âge, le « cours » de l’indulgence ne cesse de baisser tant on les multiplie: il faut de moins en moins d’efforts pour obtenir une indulgence de plus en plus large. Ainsi, on en vient à accorder une indulgence plénière pour l’observation d’une paix jurée, ce qui revient à récompenser l’absence de péché. On monnaie également des dispenses à diverses obligations, les sommes ainsi récoltées finançant des édifices religieux ou permettant à certains prélats de mener grand train. La plus célèbre des indulgences est celle accordée à quiconque aidera à la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome, le plus grand édifice religieux du monde.

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Par son désir de puissance, d’autorité et de richesses, le clergé catholique c’est totalement détourné du message des évangiles et donc du christianisme. Les papes doivent donc redéfinir la notion de christianisme dans un monde occidental qui se « catholise ». La théologie du Moyen Age a évolué petit à petit pour s’uniformiser, se préciser tout en s’institutionnalisant et en s’éloignant progressivement de la foi des premiers chrétiens, jusqu’à la quitter. Différents Conciles (rassemblement des responsables de l’Église pour débattre des doctrines et ériger des dogmes) se sont organisés pour dénoncer les hérésies et établir la doctrine dite catholique, c’est-à-dire universelle. Tout ce qui s’opposera au catholicisme sera sévèrement combattu et justifiera les guerres de religion qui iront en s’amplifiant au fil du temps, les premiers visés étant les vrais chrétiens eux-mêmes.

Au temps des cathédrales, les papes seront à l’apogée de leur puissance temporelle. Innocent III soutient l’idée que le pape détient seul l’entière souveraineté (l’auctoritas des Romains). Les princes possèdent en la potestas, c’est-à-dire la puissance politique qui leur est donnée directement par Dieu. Ils accomplissent comme ils l’entendent leur office dans leur domaine. Il en découle que les souverains ne peuvent se soustraire à l’autorité pontificale pas plus que les Églises nationales. « Nous avons été institués prince sur la Terre (…) avec le pouvoir de renverser, de détruire de dissiper, d’édifier et de planter ». Il déclare au patriarche de Constantinople que l’univers entier a été confié à saint Pierre et à ses successeurs.

Dans sa lettre Etsi non displiceat de 1205 Innocent III condamne quelques activités des juifs et exhorte Philippe II Auguste à mettre fin à ces abus dans son domain (en latin: abusiones huiusmodi de regno Francorum studeas abolire) et à persecuter les loups qui ont adopté l’air de brebis afin de démontrer la ferveur, avec laquelle Sa Majesté (regia celsitudo) professe la foi chrétienne. Auparavant, il n’a pas hésité à jeter l’interdit sur le royaume de France lorsque Philippe II Auguste fait illégalement annuler son mariage avec Ingeburge de Danemark pour épouser Agnès de Méran le 1er juin 1196. Il frappe aussi l’Angleterre d’interdit et dépose même Jean sans Terre quand celui-ci refuse l’accession d’Étienne Langton au siège de Cantorbéry en 1208. Il excommunie le roi d’Angleterre l’année suivante et le menace de déposition. Lorsque Jean se plie à la volonté papale et demande son pardon en 1213, le pape exige une soumission complète. Le roi doit réparer les dégâts causés dans les églises pendant le conflit et se reconnaître vassal du Saint-Siège. Il prend deux ans plus tard la défense du souverain contre les barons révoltés, qui, à ses yeux, menacent la paix de la chrétienté. À l’image de l’Angleterre, les rois d’Aragon, de Bulgarie et du Portugal se reconnaissent vassal du pape. Dans l’empire germanique Innocent III excommunie Otton IV en 1210 et favorise la marche au pouvoir de Frédéric II, son pupille. Celui-ci est couronné roi à Aix-la Chapelle en 1215 après avoir donné au pape toutes les garanties sur le maintien des droits de l’Église et sur la séparation des royaumes germaniques et de Sicile.

Innocent III est à l’origine du détournement de l’idée de croisades. Il forge l’idée de « croisades politiques » qui sera reprise par ses successeurs. Il est le premier à lever des taxes pour financer les croisades, et aussi à exprimer le droit à « l’exposition en proie », c’est-à-dire le droit pour le pape d’autoriser les catholiques à s’emparer des terres de ceux qui ne réprimeraient pas l’hérésie. À partir de 1207-1208, Innocent III fait prêcher la croisade contre les Albigeois. Dans une lettre aux évêques du Midi, il expose pour la première fois les principes justifiant l’extension de la croisade en pays chrétien : l’Église n’est pas obligée de recourir au bras séculier pour exterminer l’hérésie dans une région ; à défaut du suzerain, elle a le droit de prendre elle-même l’initiative de convoquer tous les chrétiens, et même de disposer des territoires des hérétiques en les offrant, par-dessus le suzerain, comme butin aux conquérants. Il offre à tous ceux qui participeraient à la réduction de l’hérésie les mêmes indulgences que pour les croisés de Terre sainte mais en plus, ils leur donnent les terres conquises lors de la croisade. C’est ainsi que « la fille ainée de l’Eglise », le royaume de France s’agrandira considérablement.

La croisade des Albigeois (1208-1249) est une croisade proclamée par l’Église catholique contre l’hérésie, principalement le catharisme et dans une faible mesure contre  le valdéisme. Finalement, les vicomtés de Carcassonne, d’Albi et de Béziers sont annexées au domaine royal en 1226 ; le comté de Toulouse passe à Alphonse de Poitiers, un frère de saint Louis en 1249 et est annexé en 1271. Le Languedoc, qui se trouvait au début du XIIIe siècle dans la sphère d’influence du Royaume d’Aragon est entièrement passé à la fin de ce siècle sous celle du roi de France. À cette époque, le catharisme est éradiqué en Languedoc, et seulement quelques cathares ont pu se réfugier en Lombardie. C’est là une manière d’ouvrir le séjour des morts afin d’y faire entrer les vrais chrétiens en les tuant pour leur voler leurs biens.

Apocalypse 17 : 3  Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4  Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. Quand on sait tout ce qu’a fait le clergé catholique au Moyen Age en ouvrant les portes du séjour des morts, on comprend beaucoup mieux comment le pourpre des évêques et l’écarlate cardinal à pu se couvrir d’or de pierres précieuses et de perles.

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Le mystère des cathédrales – 4

21062011

Jean 18 : 36 Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas.

La dissolution de l’empire carolingien au IXe siècle, et la « mutation féodale » qui l’accompagne, se caractérise par la croissance des exactions commises par les seigneurs. Ceux-ci tentent d’imposer à la paysannerie et au clergé leur protection en échange de revenus ou bien se livrent à des guerres privées qui entraînent de nombreux « dégâts collatéraux ». Mais dans la seconde moitié du Xe siècle, à l’approche de l’an mil, les religieux qui ont su se contenir dans le contexte de désordres, ont acquis une grande autorité spirituelle.

Mais c’est l’Eglise catholique elle-même, qui est souvent responsable des désordres qu’elle condamne. En effet, les nombreuses exactions dénoncées par les clercs, comme les brigandages, ne sont pas forcément des actes de violence directe : les châtelains essayent d’imposer des taxes aux habitants des terres d’église ce qui réduit les revenus de ces religieux. Ces « brigands » sont bien souvent des spoliateurs de l’Église en ce sens qu’ils contestent ou rejettent les droits des églises sur les terres dont ils sont les héritiers. Les adversaires de l’Église sont des puissances laïques que l’autorité politique ne parvient pas seule à réprimer. Les couvents et les églises, subissent souvent les pressions de descendants des donateurs qui cherchent à récupérer les biens patrimoniaux dont ils auraient dû hériter. L’Église prend donc sa propre défense, ce qui est révélateur du glissement de l’autorité dans sa direction et de l’affaiblissement de l’État. L’Église représente la seule force morale, le seul frein à la violence des seigneurs et des chevaliers.

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A l’approche de l’an mil, l’Eglise catholique va utiliser l’ignorance du peuple dans les Ecritures, pour entretenir les peurs et superstitions. L’époque est alors traversée par un regain de ferveur religieuse. Pèlerinages, cultes des reliques et des saints sont de plus en plus pratiqués. D’après Georges Duby, qui défend la thèse d’une mutation féodale rapide aux alentours de l’an mil, l’Apocalypse est le texte sacré qui retient l’attention la plus passionnée. On y lit que « Les mille ans écoulés, Satan, relâché de sa prison, s’en ira séduire les nations dans les 4 coins de la terre, Gog et Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer. ». Les exactions des guerriers semblent correspondre à ce texte sacré. Dès lors un soin particulier est mis à se laver de ses péchés. En particulier les monastères les moins corrompus reçoivent de nombreuses donations pour obtenir des prières d’absolution post mortem. Le choix des abbés s’oriente de plus en plus vers les hommes les plus influencés par le clergé  et certains tels Guillaume d’Aquitaine vont jusqu’à donner l’autonomie et l’immunité à des monastères qui élisent leur abbé. Ce fut le cas de Gorze, Brogne ou Cluny. D’autres monastères utilisent des faux certificats d’immunité pour acquérir l’autonomie.

C’est dans le contexte apocalyptique de l’an mil, qu’un fort mouvement de restauration de l’autorité religieuse est en cours. Les écrits de l’époque (chroniques, récits de miracles) décrivent des foules implorant le secours des saints à l’approche de l’an mil. Raoul Glaber met en avant la violence des seigneurs et les malheurs des temps (l’ergotisme ou mal des ardents qui frappe en Aquitaine en 994 est perçu comme un châtiment divin) qui entraine de grands rassemblements autour de reliques de saints limousins. Les ecclésiastiques réunis en concile pour répondre à ces rassemblements vont exploiter ce mouvement pour imposer « la paix de Dieu ». Si La Paix de Dieu se base sur un mouvement populaire dans sa première phase (989-1010), elle bénéficie ensuite du soutien du roi Robert II le Pieux et de la haute noblesse qui y voient un moyen de structurer et de pacifier le royaume. La lutte de l’Église contre les violences seigneuriales assoit aussi par les décisions de ses conciles le nouvel ordre social organisant la société en trois ordres.

Géographiquement, le phénomène des assemblées de paix prend son essor dans la partie méridionale du royaume de Francie, au sud de la Loire en Aquitaine. Il s’agit de territoires où l’autorité royale et même ducale peine à s’imposer et où la parcellisation du pouvoir entre les différents seigneurs est particulièrement importante. Ce sont donc des évêques de ces régions centrales du royaume qui assument la convocation des premières assemblées de paix, sous forme de plaids. Ils sont souvent liés à des milieux monastiques soucieux de réforme. L’Église a donc précocement et progressivement été amenée à relayer un pouvoir civil défaillant tout en s’inscrivant dans le prolongement d’une très vieille tradition canonique, selon laquelle se tenaient parfois dans les diocèses des assemblées de paix.

Une fois prise en main par Cluny (à partir de 1016), le mouvement touche d’autres régions : il atteint la Bourgogne, puis le mouvement se propage vers le nord par la vallée du Rhône. La préoccupation première de la plupart des assemblées de Paix est la protection du patrimoine ecclésiastique. L’autorité politique (le roi, le comte) ne parvenant pas à réprimer les seigneurs, l’Église doit donc prendre sa propre défense face à ces laïcs.

Au synode de Laprade (975-980), l’évêque du Puy tente par tous les moyens (guerre, paix) de préserver ou de récupérer les domaines ecclésiastiques spoliés par des seigneurs laïcs du voisinage. Au Puy (990-994), on décrète l’inviolabilité des églises et l’interdiction de saisir des animaux dans l’aître d’une église. Au concile d’Anse, près de Lyon, en 994, l’abbé de Cluny défend sa seigneurie ecclésiastique contre les empiètements des princes laïcs. Lors du concile de Charroux en 989, la protection des églises est une fois de plus au cœur des dispositions : « anathème à qui viole les églises : si quelqu’un viole une église sainte ou s’il veut en retirer quelque chose par la force, qu’il soit anathème – à moins de faire réparation »

‘La paix de Dieu’, n’est pas une paix universelle, vue anachronique, mais un mouvement visant à protéger les biens d’Église. Il n’est nullement question de réglementer le droit de guerre, ni d’interdire de manière générale le butin des guerres privées, ni de soustraire les paysans aux méfaits d’une présumée chevalerie formée de milites incontrôlés. Les décisions ne concernent que le seul droit de l’Église et il n’est pas question de l’ordre public. A Vienne, il ne s’agit pas d’interdire la guerre privée, mais d’en limiter les effets à ceux-là seuls qui y sont impliqués (donc les gens de guerre). En particulier la paix de Dieu ne vise pas à limiter la guerre entre princes et le serment de Verdun-sur-le-Doubs (vers 1020) évoque les châteaux illégaux qu’il faut assiéger avec le roi, le comte ou l’évêque, autorisant la levée de vilains pour ce type d’actions. Dès lors l’autorité des grands sur leurs vassaux s’en trouve renforcée.

La paix de Dieu a donc participé à l’instauration de l’ordre féodal, mais peu à la paix médiévale. Le mouvement rebondit en 1027, en Catalogne où Oliva de Besalù l’évêque de Vich très lié à Cluny lance la trêve de Dieu avec le Synode d’Elne (dit concile de Toulouges, 1027), puis en 1033 un synode à Vich, son propre diocèse. Il introduit une notion temporelle: les exactions et combats sont interdits le dimanche. A Vich, la trêve se définit comme protection des chrétiens pendant les périodes liturgiques, et relève du seul clergé contrairement à la paix qui relève du comte et de l’évêque.

Dans les années 1030-1040, le mouvement est relayé par les clunisiens: Odilon de Cluny, met tout le réseau de sa congrégation au service de l’œuvre de paix, et des archevêques. Il s’agit maintenant de prescrire une suspension des hostilités entre « bellatores » (guerriers) durant certaines périodes de l’année, à l’instar des temps prohibés du calendrier catholique. En interdisant toute activité militaire pendant les périodes liturgiques, l’Église catholique souhaitait rendre impossible toute grande entreprise militaire. La guerre n’est plus autorisée que 80 jours répartis tout le long de l’année (décision du concile de Narbonne en 1054). La trêve de Dieu introduit la réprobation de l’homicide entre chrétiens, qu’il faut comprendre dans le sens exclusif des catholiques: ce même concile promulguant que « Nul ‘chrétien’ ne tue un autre ‘chrétien’, car celui qui tue un ‘chrétien’ c’est le sang du Christ qu’il répand; si cependant l’on tue injustement, ce que nous ne voulons pas, il faudra payer pour cela une amende selon la loi. ». C’est ce mouvement, plus que la paix de Dieu qui dans les faits instaure la paix médiévale.

C’est aussi durant cette période que le mouvement (de Paix-Trêve) s’institutionnalise, pris en main exclusivement par les clercs, évêques et moines réformateurs. Lors des conciles de la seconde moitié du XIe siècle, sont promulguées à la fois des dispositions de paix et de trêve, les deux institutions étant désormais liées. La Trêve de Dieu n’est pas le seul moyen non-violent utilisé par l’Église : elle parvient par exemple à ajouter des serments religieux dans les serments de vassalité, ajoutant un surplus d’autorité qui permettait de canaliser les violences. On peut voir en ceci la combinaison concertée des autorités spirituelles (potestas) et séculières (auctoritas) qui bâtissent le gouvernement catholique depuis le Ve siècle.

Par la Paix de Dieu, l’Église ne cherche pas à interdire la guerre et à promouvoir la paix : elle moralise la paix et la guerre en fonction de leurs objectifs et de ses intérêts. C’est en cela que la Paix de Dieu constitue une étape préparatoire importante de la formation de l’idée de croisade.

Les ducs et comtes retrouvent assez de pouvoir pour reprendre en main le mouvement de paix : en 1047, en Normandie, la Paix de Dieu devient la paix du duc (concile de Caen); en 1064 en Catalogne, elle devient la paix du comte. Dans le même temps, la paix s’internationalise, s’étendant aux pays voisins de la France : Catalogne, Angleterre, pays germaniques. La papauté conforte enfin le mouvement : Urbain II, ancien moine clunisien, reprend lors du concile de Clermont (1095) les dispositions promulguées aux conciles de paix. Il y invite tous les catholiques à observer entre eux une paix perpétuelle et à aller combattre l’hérétique.

La bénédiction des armes des combattants, les mouvements de la paix et de la trêve de Dieu, les pèlerinages, les croisades et la création d’ordres militaires « catholisent » la conduite de la noblesse qui c’est totalement détournée des fondements de l’évangile. Ce mouvement général contribue à la centralisation du pouvoir et un redémarrage économique. Cet essor économique bénéficiera au développement des villes, du commerce et de l’artisanat, grâce à un pouvoir central garantissant la sécurité des axes de communication et des marchés qui devient de plus en plus nécessaire. Les autorités royales, impériale, ducale sous l’autorité pontificale sont renforcées grâce à l’autorité religieuse, plus que la puissance militaire qui est désormais sous le « contrôle » de la paix de Dieu.

Apocalypse 17 ; 3  Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate,… 2  C’est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l’impudicité, et c’est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés… 18  Et la femme que tu as vue, c’est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre.

Luc 4 : 1 Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert,… 5  Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, 6  et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. 7  Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. 8  Jésus lui répondit : Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

Si je mets en perspective les textes de Luc et de l’Apocalypse, c’est pour montrer que ce qui fut refusé par Jésus-Christ, fut accepté par la Grande Prostituée. En effet, le clergé catholique voit son autorité grandir au cours du Moyen Age, pour atteindre une apogée au XI ème siècle, et va progressivement s’éloigner toujours plus de l’évangile, pour au final lui tourner totalement le dos et blasphémer contre le Saint-Esprit en déclarant saint, ce que l’Esprit condamne. Des jours ou des mois seront déclarés saints, comme Noël et le mois de mai associé à la Vierge, des reliques et des hommes, le pape et son clergé, puis même la guerre deviendra sainte avec les croisades ou l’inquisition et son Saint-Office, d’où sortira Benoît XIII l’actuel pape.

C’est en France, ‘Fille ainée de l’Eglise’, que l’influence des papes sera la plus importante. On pourra en mesurer l’étendue à la taille de ses églises, d’abord romanes puis gothiques. L’abbaye de Cluny est fondée en 910 par Guillaume d’Aquitaine. Sa construction est achevée au milieu du XIIème siècle, au moment de son apogée. Pendant cinq siècles, jusqu’à la construction de Saint-Pierre de Rome, l’abbatiale de Cluny est le plus grand édifice religieux d’Europe (177 m de long). Plusieurs papes en sont issus. Mais après la longueur, viendra la hauteur avec les cathédrales gothiques qui s’installeront au centre des villes et donc de la gouvernance.  

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Ces monuments gigantesques et magnifiques, manifestent de la puissance de l’évêque de Rome. En effet, malheur au roi ou à l’empereur qui défie la puissance du pape en ce temps-là. Le 24 janvier 1076, le pape Grégoire VII ayant refusé que les évêques soient nommés par des laïcs, le roi Henri IV, futur empereur germanique, fait prononcer la déposition du souverain pontife par le concile de Worms. Dès le mois de février, le pape réplique en excommuniant le souverain germanique et en déliant ses vassaux de leur serment de fidélité. Les princes du royaume se révoltent et en octobre 1076, à Trebur, menacent de déposer Henri IV si l’excommunication n’est pas levée avant le 2 février 1077. Henri IV n’a pas d’autre choix que de se soumettre, avec sa femme et ses enfants en chemise de bure, ils durent attendre à Canossa, les pieds dans la neige, que le pape change d’avis, ce qu’il fit le 28 janvier. Le recevant, le pape ne pouvait faire moins que de lever l’excommunication de l’empereur.

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Le mystère des cathédrales – 3

19062011

Le Moyen Âge est une période historique occidentale située entre l’Antiquité et la Renaissance, ou encore les Temps modernes. Elle s’étend sur une durée de près de mille ans et verra monter en puissance l’autorité de l’Eglise catholique, qui progressivement imposera  le pouvoir du pape sur celui des rois. L’histoire de la papauté est inséparable de l’évolution doctrinale catholique et de la baisse de puissance des empereurs romains d’Orient. Le pape cherchera à affermir son pouvoir spirituel et temporel et à passer du statut de simple évêque de Rome à celui de souverain.

Le christianisme sera au cœur de l’histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance, en Occident, de l’Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l’Occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de l’Église catholique. La dilatation de la chrétienté s’accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l’Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en Occident : l’évêque de Rome, dont l’autorité spirituelle s’appuie sur la primauté du siège de l’apôtre Pierre, devient le souverain pontife et la seule autorité qui dépasse la frontière des royaumes.

Le pape affirme son autorité sur l’Église universelle et sur les princes dans une lettre de mars 1075 conservée aux Archives vaticanes. Intitulée Dictatus papae (décrets ou affirmations du pape), elle comprend 27 points. Dans ce document, le pape soutient que, dans la société chrétienne dont le ciment est la foi, le pouvoir appartient à l’ordre sacerdotal. L’ordre laïque doit exécuter les commandements de l’ordre sacerdotal. Grégoire VII affirme qu’il est, de par le Christ, le seul à avoir un pouvoir universel, supérieur à celui des souverains, qu’il peut déposer, et qu’il est le seul maître de l’Église. Il doit exécuter ses directives. Le pape s’estime l’héritier de l’Empire romain et par là même « l’empereur suprême ». Tous les détenteurs du pouvoir temporel lui doivent donc obéissance. L’empereur n’est donc plus le coopérateur du souverain pontife, mais son subordonné. C’est au pape de se prononcer sur l’aptitude des princes à exercer leur fonction. L’empereur n’est plus un personnage sacré, car il n’est qu’un laïc.

Jusqu’à la fin du XIIe siècle, les cathédrales comme siège de l’évêque, n’avaient pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd’hui ; beaucoup d’églises abbatiales étaient beaucoup plus grandes comme Cluny. Jusqu’à cette époque, le morcellement féodal constituait un obstacle à la constitution civile des populations ; l’influence des évêques était limitée par ces grands établissements religieux du XIe siècle. Propriétaires puissants, jouissant de privilèges étendus, seigneurs féodaux, tenant en main l’éducation de la jeunesse et participant à toutes les décisions politiques, les abbés attiraient tout à eux : richesse et pouvoir, intelligence et activité. Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissèrent paraître les premiers symptômes d’émancipation, s’érigèrent en communes, il y eut une réaction contre la féodalité monastique et séculière dont les évêques, appuyés par la monarchie, profitèrent avec autant de promptitude que d’intelligence. Ils comprirent que le moment était venu de reconquérir le pouvoir et l’influence que leur consentait l’Église, pouvoir concentré dans les établissements religieux.

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Ce que les abbayes purent faire pendant le XIe siècle, les évêques n’en auraient pas eu le pouvoir. Mais, dans la seconde moitié du XIIe et au XIIIe siècle, l’épiscopat, sur lequel s’appuient fortement Philippe-Auguste, Louis VIII et Saint Louis, entreprit de reconstruire ses cathédrales (l’essor des cathédrales est lié au renforcement du pouvoir des évêques et à la bonne santé de l’économie et des finances royales. Ce qui expliquera, pour l’essentiel, que les cathédrales ne seront construites que sur le domaine royal). L’épiscopat trouva dans les populations un concours si énergique qu’il put vérifier la justesse de ses prévisions, comprendre que son temps était venu, et que l’activité développée par les établissements religieux, dont il avait d’ailleurs profité, allait lui venir en aide. Il est difficile aujourd’hui de donner une idée de l’empressement avec lequel les populations urbaines se mirent à élever des cathédrales. La foi avait certes son importance, mais il s’y joignait un instinct très juste d’unité et de constitution civile.

Apocalypse 17 : 4  Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. 5  Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. 6  Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement.

Avec l’essor des grandes cathédrales gothiques lié au renforcement du pouvoir des évêques, commencera sous l’impulsion des papes une série de guerres et d’exactions de la pire espèce. Plus les cathédrales s’élèveront-elles vers le ciel et plus cet âge s’enfoncera dans les ténèbres de l’obscurantisme papal. La vision traditionnelle identifie l’époque des croisades à la période 1095-1291, du concile de Clermont à la prise de Saint-Jean-d’Acre, et se limite aux expéditions qui ont eu la Terre sainte pour objectif et l’Orient pour théâtre d’opérations. Dans la définition large, toutes les guerres contre les Infidèles et les hérétiques, sanctionnées par le pape qui y attache des récompenses spirituelles et des indulgences, sont des croisades. La Reconquista, croisade de la péninsule ibérique, en fait ainsi partie.

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Au IVe siècle, l’Église exprima, par l’entremise de saint Augustin, une théorie de la juste guerre. Au IXe siècle, les papes s’efforcèrent de créer les « milices du Christ » pour protéger Rome, menacée par la seconde vague d’invasions. Le pape Jean VIII accordait même l’absolution à ceux qui étaient prêts à mourir pour la défense des chrétiens contre les Sarrasins en Italie. À partir de la fin du Xe siècle, l’Église s’efforça de christianiser les mœurs guerrières des chevaliers en leur proposant entre autres de combattre les Sarrasins aux frontières de la chrétienté, en Espagne. En 1063, dans une lettre envoyée à l’archevêque de Narbonne, le pape écrivit que ce n’était pas un péché de verser le sang des infidèles. Ce document innovait en affirmant que prendre part à une guerre utile à l’Église était une pénitence comme l’aumône ou un pèlerinage. Même si le succès n’était pas au rendez-vous, l’Église avait pris l’habitude d’encourager les guerres contre les musulmans, et d’attirer dans ces combats les chevaliers francs. Les royaumes frontières étaient devenus les vassaux du Saint-Siège, atout important dans la lutte des papes contre le Saint-Empire romain germanique.

L’appel à la croisade d’Urbain II en 1095 déclenche d’abord de nouvelles persécutions envers les communautés juives de France et d’Allemagne, les participants de la croisade populaire ne sont pas les seuls impliqués, des barons croisés y prennent également part. Dans certaines régions de France et d’Allemagne, les Juifs sont considérés comme des ennemis, à l’instar des musulmans : on les croit responsables de la crucifixion, et ils sont plus visibles que les lointains musulmans. Les croisés qui persécutent les Juifs soient animés d’intentions pécuniaires. Les communautés juives en Rhénanie sont relativement riches, en raison de leur isolement et aussi parce qu’ils ne sont pas soumis aux interdictions religieuses en ce qui concernent le prêt d’argent. Nombre de chevaliers doivent emprunter pour financer leur voyage, et comme l’Église catholique interdit l’usure1, un certain nombre d’entre eux se retrouvent endettés auprès de Juifs usuriers. Les croisés se débarrassent ainsi commodément de leurs dettes sous couvert de mission religieuse. Des milliers de juifs sont massacrés, volés et brûlés dans les grandes villes comme : Speyer, Cologne, Trèves et Worms. Pour les juifs une nouvelle ère de persécution commence et déjà dans les quartiers autour des synagogues naissent  » les premiers Ghettos-juifs d’Europe », où des dizaines de milliers de familles juives complètement ruinées furent emprisonnées.

L’initiative de la croisade revient le plus souvent au pape, plus rarement à un souverain. Ainsi en 1267, Louis IX se croise de lui-même après en avoir informé le pape. Le pape prêche lui-même la croisade ou en confie la prédication à des clercs autorisés. Au XIIe siècle, il faut souvent freiner l’ardeur des prédicateurs populaires à l’origine de nombreux excès. De la IIe à la IVe croisade, la prédication de la croisade est confiée à l’ordre cistercien. Le pèlerin reçoit des privilèges spirituels et matériels constituant le statut du croisé. Lors de la première croisade, Urbain II promet à celui qui meurt en chemin ou au combat la rémission des péchés, à ceux qui accomplissent le vœu de croisade l’indulgence plénière. À partir d’Innocent III, les canonistes élaborent une doctrine cohérente de la croisade. Ils justifient ainsi la guerre sainte, pourtant contraire au message évangélique, en arguant que les infidèles ont occupé la Terre consacrée par la mort du Christ et maltraité des chrétiens. Après les massacres commis chemin faisant pour Jérusalem, dont 30.000 Juifs en Rhénanie, les croisés tuèrent lors de la prise Jérusalem 70.000 Musulmans et Juifs – hommes, femmes, enfants, vieillards – pour ensuite les piller. Comme écrit le chroniqueur Franc de Gesta Francorum qui prit part à la curée, après ce massacre, les Croisés, tout dégoulinants de sang, « allèrent, pleurant de joie, honorer le Tombeau du Seigneur ». Des milliers d’autres morts suivront au cours des autres croisades au cri de ralliement de « Dieu le veut »,  lancé avant le combat contre les troupes musulmanes.

À l’époque des croisades les papes vont également s’attacher à éradiquer les hérésies dont ils sont pourtant les responsables à cause de leur corruption et éloignement toujours plus évident de l’évangile. Originaires de l’Italie du nord, les «Cathares» recueillent un succès croissant dans le Midi toulousain en raison de leur doctrine simple et exigeante, fondée sur le retour à l’Évangile. Ils considèrent que l’Église catholique a trahi sa mission dès le pontificat de Sylvestre 1er, sous le règne de l’empereur Constantin le Grand, 900 ans plus tôt ! Ils ne reconnaissent pas le dogme et les enseignements de l’Église catholique mais se revendiquent eux-mêmes chrétiens et se désignent sous cette appellation ou encore sous celle d’amis de Dieu. Leurs chefs sont appelés avec respect Bonshommes et Bonnes Femmes. Les catholiques qui pourchassent ces hérétiques préfèrent les qualifier de parfaits et parfaites, au sens de parfaitement hérétiques.

Les prédicateurs cathares du Midi sont servis par l’image déplorable que donne du catholicisme le clergé local. Prélats et curés se vautrent volontiers dans la luxure mais ne s’en montrent pas moins exigeants à l’égard de leurs ouailles en termes de morale. Au contraire, les parfaits (nom usuel que les inquisiteurs donnent aux Bonshommes et Bonnes Femmes) affichent une austérité irréprochable, empreinte de douceur et de sérénité mais témoignent d’une grande compréhension envers les écarts de conduite de leurs fidèles. Ils vivent chastement et s’interdisent toute nourriture carnée, prenant au pied de la lettre le commandement biblique : «Tu ne tueras point». Ils seront les témoins de Jésus de leur temps.

Cette situation est préoccupante pour l’Église, car c’est une véritable contre-église qui se développe en terre chrétienne. Dès 1119, le pape Calixte II dénonce cette Église. Une armée de croisés sera chargée d’éradiquer les cathares à la demande du pape Innocent III, qui s’empare de Béziers. Sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury (ou Arnaud Amalric) et du chef Simon de Monfort, la ville est mise à sac et la population massacrée. Bien qu’en majorité catholique, Béziers ne voulait pas livrer les cathares qu’elle protégeait. Avant de donner l’assaut, les croisés demandent au légat comment reconnaître les hérétiques des vrais chrétiens. Celui-ci leur aurait répondu : « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! ». Pendant vingt ans, les combats feront rage dans la région. Les albigeois, dans un premier temps dépassés, organiseront une reconquête avant de se heurter à l’armée royale française. Bien que glorieuse pour les catholiques, la croisade des albigeois n’élimine pas complètement le catharisme. C’est une des raisons de la création de l’Inquisition quelques années plus tard.

Tandis que de farouches et avides guerriers attaquent les places fortes, les châteaux et les chaumières des sectaires albigeois, Foulques, évêque de Toulouse et ses confrères du Languedoc, Dominique et ses disciples, intelligents et complaisants instruments de l’Antéchrist, font épier par leurs émissaires, dénoncent, interrogent et condamnent des malheureux sans nombre, qu’ils arrachent à leurs familles. Des années d’expérience ayant démontré quels services signalés une association de moines intrigants, accusateurs et persécuteurs, pouvait rendre à la cause de l’oppression religieuse, Innocent III approuva, l’an 1215, lors du concile de Latran IV, l’intention que lui exprima Dominique de fonder un ordre de moines mendiants, de frères prêcheurs, pour la conversion et la répression des ennemis de l’Église. Et l’année suivante, Honorius III, successeur du sanguinaire pape Innocent III, confirma l’institution et constitua l’ordre. Ces frères prêcheurs furent appelés plus tard dominicains, du nom de leur fondateur, et reçurent des privilèges spéciaux pour l’extirpation des hérétiques.

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Pour atteindre le but de l’institution de leur ordre, et pour se montrer dignes de la confiance qu’on leur témoignait, les dominicains, aussi haineux que fanatiques, parcoururent les villes et comtés du Languedoc, établissant en divers lieux des tribunaux provisoires d’inquisition. Ils eurent la barbarie de décider que les enfants hérétiques, âgés de plus de sept ans, seraient passibles de la peine du bûcher, comme parvenus déjà, à cette époque de leur vie, à l’âge de raison. Le cardinal Conrad, nouveau légat du pape, en 1222, soutint avec véhémence ce tribunal sanguinaire. La fureur des inquisiteurs, accrue par son appui, exaspéra à un tel point les peuples du Languedoc, que l’on courut de toutes parts aux armes. Conrad, s’armant des foudres romaines, lança l’excommunication, appela ses fidèles sous les drapeaux, invoqua à son aide la guerre et la destruction, et prêcha une nouvelle croisade contre les Vaudois albigeois.

Louis IX, que Rome a béatifié sous le nom de saint Louis, suivit les mêmes errements. Ayant obtenu la soumission du comte de Toulouse et de ses principaux alliés, les anciens soutiens des Vaudois albigeois, il publia une ordonnance stable contre tous les hérétiques. Ceux-ci furent mis hors de la loi commune, privés de leurs droits civils et politiques et proscrits. Une forte somme fût promise à qui les dénoncerait, à qui les arrêterait. Le concile de Toulouse, de l’an 1229, prit des mesures analogues en ce qui concernait l’administration ecclésiastique et les droits de l’Église. On interdit spécialement aux laïques de conserver chez eux les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, à l’exception des psaumes. On défendit, surtout, d’en traduire aucune partie en langue romane. En exterminant et en emprisonnant la généralité des chrétiens vaudois, là où ils avaient obtenu les plus beaux succès, en ne leur laissant aucun repos, on avait réussi à arrêter les progrès du réveil magnifique que le retour aux saintes Écritures, à la saine et ancienne doctrine évangélique, avait opéré. On put sans doute alors se flatter de l’étouffer bientôt tout-à-fait.  De tels résultats réjouirent la cour de Rome; elle se hâta de poursuivre son œuvre infernale et d’employer les mêmes moyens dans tous les lieux où l’hérésie lui fut dénoncée, partout où le pouvoir séculier se soumit au rôle d’instrument de ses vengeances et d’exterminateur de ses propres sujets.

Le bilan de toutes ces atrocités perpétrées au temps des cathédrales fut de plusieurs millions de morts, d’emprisonnés ou de bannis. Voilà bien assez de sang pour enivrer cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus.  

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Le mystère des cathédrales – 2

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Dans chaque diocèse, la cathédrale est le signe – on pourrait dire « le sacrement » – de l’unité interne de l’Église locale, unité dont l’évêque est le garant et le gardien, en communion (en union « externe ») avec toutes les autres Églises. La cathédrale est donc d’une certaine manière la porte qui ouvre la voie vers Dieu. Voilà pourquoi on célèbre chaque année, dans chaque diocèse, « la dédicace de l’église cathédrale ». Mais pourquoi l’Eglise catholique tient-elle tant à célébrer chaque 9 novembre la dédicace de la Basilique Saint Jean de Latran de Rome?

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En commémorer la dédicace, c’est proclamer l’unité et la communion de toutes les Églises locales, dans la communion au pape, « pasteur de tous les fidèles« , « qui préside, avec le collège épiscopal, au rassemblement universel de l’Église, et garantit les diversités légitimes » – pour employer des expressions tirées des Actes du concile Vatican II. Saint Jean de Latran est le siège de l’évêché de Rome, dont le titulaire n’est autre que le Pape, siège du trône papal, c’est la plus ancienne et la première dans l’ordre protocolaire des basiliques papales, devant la Basilique Saint-Pierre du Vatican, la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs et la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Elle porte le titre, inscrit sur le fronton, de omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput, qui signifie « mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde« . Pendant 1000 ans, du IVe au XIVe siècle, elle fut la résidence des papes (qui résidèrent dans un palais adjacent, le Patriarcho) jusqu’en 1309. Tous les papes y ont été intronisés jusqu’au XIXe siècle. Une unité spirituelle réunie donc la Mère des églises à ses filles et au pape dans le monde entier.

L’Archibasilique du Très Saint-Sauveur, plus connue sur le nom de Basilique de Saint-Jean de Latran, est l’église la plus ancienne de la ville de Rome, construite avant même Saint Pierre de Rome. L’empereur Constantin Ier (306-337) l’a fit construire, selon la légende, après avoir guéri d’une maladie en 313, et sera consacrée en 324 par le pape Sylvestre Ier. C’est l’église utilisée par le pape, lorsqu’il assume le rôle d’évêque de la Ville Eternelle. Elle est bâtie sur les anciens terrains d’une ancienne famille patricienne, les Laterani, qui donnèrent ainsi leur nom à l’église, Latran. Sainte Hélène, la mère de Constantin, chrétienne très fervente, avait fait cadeau des terrains au pape de l’époque, Melchiade.

Latran et le pape sont indissociables. « Pape » signifie « père » et est apparenté à abba (« papa » en araméen et en hébreu) ainsi qu’à « abbé ». Quand nous parlons de « notre Saint-Père le Pape », nous pratiquons donc une redondance. Nom condamné se manière sévères par Jésus : « Ne donnez à personne ici-bas le nom de « père », car vous n’avez qu’un seul père, celui qui est aux cieux. » (Matthieu 23,9). La qualification de pape, qui est devenue propre à l’évêque de Rome, à l’exclusion des autres évêques, a été portée, jusqu’au VIe siècle, par tous les évêques catholiques, en ce sens que ce mot signifie père ; depuis cette époque, elle fut donnée plus particulièrement à ceux qui se prétendent successeur de saint Pierre ; mais c’est seulement Grégoire VII qui, en 1081, dans son premier concile de Rome, se fit attribuer exclusivement le titre de pape, et cette appellation est devenue synonyme d’évêque universel. » Le titre de « Vicaire de Jésus-Christ », qui fut donné à l’évêque de Rome par Jérôme, puis à des évêques et à des rois, ne fut appliqué exclusivement au pape que vers le XIIIe siècle.

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Le pape, chef de l’Église catholique romaine se donne de nombreux autres titres. Les évêques de Rome se sont attribué au début, le titre de « Vicaire du prince des Apôtres», autrement dit, de « Vicaire de l’apôtre Pierre » Vers le début du cinquième siècle, l’évêque Innocent 1er (401-417) posa le principe selon lequel le Christ aurait délégué le pouvoir suprême à Pierre et l’aurait établi évêque de Rome.  Plus tard, il considéra qu’en tant que successeur de l’apôtre Pierre, l’évêque de Rome pouvait exercer les prérogatives et le pouvoir de Pierre. Boniface III, qui devint évêque de Rome en 607, s’établit de sa propre initiative en tant qu’Evêque Universel, soutenant qu’il était le remplaçant et le maître de tous les autres évêques. Mais c’est seulement au huitième siècle qu’on vit apparaître le titre de « Vicaire du Fils de Dieu« , dans un document frauduleux intitulé « Donation de Constantin ». Mais le pape se nomme aussi, le Souverain Pontife de l’Église universelle, le Patriarche de l’Occident, le Primat d’Italie, l’archevêque et le métropolitain de la province romaine, le souverain de l’État du Vatican.  Depuis Jean-Paul Ier est apparue officiellement l’appellation « Pasteur suprême », reprise par Jean-Paul II sous les formes de « Pasteur de l’humanité entière » et « Pasteur universel de l’Eglise ».

Le terme « vicaire » vient du mot latin vicarius, qui signifie « au lieu de ». Dans l’Eglise catholique, le vicaire est le représentant d’un responsable de rang plus élevé, qui est donc revêtu de l’autorité et des pouvoirs de ce dernier. En appelant le pape « vicaire du Christ, » cela implique qu’il possède le même pouvoir et la même autorité que ceux que Christ avait sur l’église. Ce titre est dérivé du texte de Jean 21:16-17, où Jésus disait à Pierre, « pais mes agneaux… Pais mes brebis. » Selon le raisonnement catholique, cela définit Pierre comme le prince des apôtres, le premier pape, et constitue un accomplissement des paroles de Jésus dans Matthieu 16:18-19 (Pierre est la pierre sur laquelle Jésus construira Son église).

Les textes bibliques concernant Pierre ne fondent pas une succession institutionnelle : Pierre n’a pas été « évêque de Rome ». La primauté de l’évêque de Rome n’est pas mentionnée dans les apologies de Justin martyr, de Minutius Félix, d’Irénée, de Clément d’Alexandrie, ouvrages où toutes les questions qui intéressent l’Eglise sont traitées avec une grande abondance de détails. Le mot « Eglise romaine » qui s’y rencontre quelquefois, n’y est jamais pris que dans l’acception de « diocèse de Rome ».  Cyprien de Carthage (200-258) s’adressa à l’évêque de Rome, comme au chef « de l’Eglise principale, source de l’unité sacerdotale » mais en l’appelant cependant « collègue ». Etienne I (254-257) ayant voulu se prononcer en dernier ressort entre lui et son compétiteur au siège de Carthage, Cyprien se moqua amèrement des prétentions de l’évêque des évêques. « Je suis indigné, écrivit Firmilien à Cyprien, de la folle arrogance de l’évêque de Rome, qui prétend avoir hérité son évêché de l’apôtre Pierre. » Libère (352-366) fut le premier à désigner Rome comme le « siège apostolique », donc après 325, date à laquelle Constantin a convoqué le Concile de Nicée. Le principe de la papauté marque en fait un schisme par rapport à la foi apostolique et certainement pas une continuité hiérarchique historique.

Il y a un « mystère de Rome », une place particulière de Rome dans le dessein de Dieu, Apocalypse 17:9  C’est ici l’intelligence qui a de la sagesse. -Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. Tout le monde sait que Rome s’est développée sur des collines, elles sont au nombre de sept : Aventin, Palatin, Capitole, Quirinal, Viminal, Esquilin et Cœlius. Sur ces collines une Prostituée est assise qui est la mère des impudiques.  Pourtant tout commence à Jérusalem. C’est là que Jésus a été annoncé par les prophètes, là qu’il a offert sa vie et qu’il est monté au ciel, là qu’est née l’Eglise de la première effusion de l’Esprit, de là que le Parole de Dieu a retenti sur le monde. Pourtant, en l’espace d’une génération, le centre de gravité de la nouvelle Eglise va se déplacer de Jérusalem à Rome. Après avoir commencé dans le Cénacle de Jérusalem, le récit de Luc s’achève par l’installation de Paul à Rome et son annonce du Christ aux juifs et aux païens.

Ce déplacement est significatif, il marque que l’Eglise commence par un décentrement. Sans rien perdre de son rattachement à Israël, elle s’ouvre au monde païen et va même se loger au cœur de cet Empire qui, par certains côtés, s’était élevé comme un rival de la Royauté de Dieu. Ce transfère, coûte la vie des deux « Témoins », Pierre et Paul, qui y ont versé leur sang, si bien que « leurs corps resteront (exposés) sur la place de la grande cité »  (Apocalypse 11,8). C’est ainsi que les catholiques présentent les choses, pour justifier leur enracinement dans la capitale de l’empire. Mais c’est un détournement des écritures, car les deux témoins de l’Apocalypse n’apparaissent qu’à la fin des temps. Ce prélude trompeur prépare un bien plus grand dans ce livre, en donnant à la Vierge Marie la primauté dans le chapitre 12.

La Bible dit de Jésus qu’il n’y a aucun autre nom par lequel les hommes puissent être sauvés (Actes 4:12). Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, et c’est Jésus-Christ (1 Timothée 2:5). Nous comprenons maintenant qu’il n’y a aucune base biblique permettant à une personne de prétendre être représentant du Christ sur terre. Aucun homme ne peut faire ce que Christ a fait, ou ce qu’il fait présentement pour l’humanité. Mais le titre de vicaire comporte également une autre implication : le vicaire possède le même pouvoir juridictionnel que la personne qu’il représente. Dans Matthieu 16:18, c’est Jésus-Christ qui affirme qu’il bâtira Son église, il n’a jamais délégué ce pouvoir. En revendiquant le titre de vicaire du Christ, le pape promet, en fait, de faire ce que Christ a promis.

Jésus a effectivement prédit la venue d’un « vicaire » dans le sens d’un « remplaçant » de sa présence physique sur terre. Cependant, ce « vicaire du Christ » n’est pas un prêtre, un souverain sacrificateur, un évêque, ou un pape. Le seul « curé du Christ » dont parle la Bible est le Saint-Esprit. Jean 14:26 déclare,  » Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Jean 14:16-18 proclame,  » Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » L’Esprit Saint est le « remplaçant » de Christ sur la terre. Il est notre Conseiller, notre Enseignant (Jean 14:26), et notre guide dans toute la vérité (Jean 16:13).

Concernant l’Eglise comme bâtisse, il faut être clair. L’Eglise n’est pas un édifice, c’est l’assemblée de croyants. Jésus a dit que « là ou deux ou trois sont assemblée en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18 : 20). Alfred Kuen dans son livre « Je bâtirai mon église » dit : fréquemment le mot église est associé à un terme géographique : l’église de Jérusalem, l’église d’Antioche…, les église de la Macédoine (2 Corinthiens 8 : 1), de l’Asie (1 Corinthiens 16 : 19), de Galatie (Galates 1 : 2)…ou tout simplement « l’église qui est dans leur maison » (1 Corinthiens 16 : 19 ; Philémon 2 ; Colossiens 4 : 15 ; Romains 16 : 5). Le mot église ne désigne jamais un édifice, les premiers chrétiens n’en possédaient pas. Nous ne trouvons jamais les expressions : les églises de Rome, de Jérusalem…ni l’Eglise de Macédoine, de Judée, de Galatie…Nous ne trouvons pas d’église paulinienne, johannique ou pétrinienne -bien que Paul, Jean et Pierre aient fondé des églises- ni d’« église congrégationaliste » ou « presbytérienne »- bien que ces formes d’église aient existé. Aucun nom, ni d’apôtre, ni de forme ou de symbole ecclésiastiques n’est rattaché au mot église. Les seuls noms qui comptent sont, d’une part, ceux de Dieu et de Jésus-Christ qui appellent, d’autre part ceux des appelés, (anciens « païens », « élus de Dieu », nés de nouveau, déclarés « saints ») qui se réunissent dans des maisons à Jérusalem, à Corinthe, à Colosses, à Rome pour louer Dieu, s’édifier mutuellement et répandre la Parole de Dieu.

2 Cor.6.16 : « …Nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. ».  Concernant les temples comme siège d’autorité religieuse, Jésus fut très clair sur ce sujet. Les juifs de Jérusalem haïssaient les juifs de Samarie (les samaritains) qui avaient construit à Sichem un temple rival à celui de Jérusalem.  HYRCAN 1er, roi des juifs de Jérusalem (régna de -134 à -105) envoya ses deux fils : Aristobule et Antigone mettre le siège à la ville de Samarie. Ce siège fut long et cruel, car les assiégés livrés à une épouvantable famine en vinrent à manger des cadavres et ce qu’ils n’avaient pas l’habitude de manger …  Le temple de Sichem et la capitale Samarie furent rasés et reconstruits 80 ans plus tard par le roi Hérode le Grand. (Histoire des juifs – Flavius Josèphe)  Malgré cette vieille haine réciproque, Jésus s’est souvent rendu chez les samaritains pour les enseigner, puisqu’ils adoraient en fait le même Dieu, observaient les commandements de Moïse et acceptaient le Pentateuque (les 5 premiers livres de la Bible). C’est donc dans ce climat d’hostilités que Jésus, un jour d’été s’arrêta à Sichem au bord du puits de Jacob et demanda à boire à une étrangère qui fut très choquée qu’un juif ose lui adresser la parole. Et un formidable dialogue s’engagea entre ces deux personnes avec cette incroyable révélation. Jean 4 : 21  Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne (Sichem) ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22  Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. 23  Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. 24  Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité.

Comme on le voit, l’Eglise catholique a totalement inversée le sens des écritures, en redonnant à ses temples (cathédrales), un rôle qui annihile l’action du Saint-Esprit. Maintenant en associant les deux idées que forment la cathédrale et son évêque, puis en les superposant à Rome, une image unique apparait.   La Basilique de Saint-Jean de Latran est présentée comme la Mère des églises et son évêque est le vicaire du Christ ce qui en fait l’équivalent d’un dieu sur terre. La cathédrale représentant la porte vers le ciel, comme le pontife représente le pont qui relie l’homme au divin, l’association en fait « la porte du dieu » ou dit en babylonien bab ilim,  plus connue sous le nom de Babylone.

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Mais c’est dans son symbolisme, que l’évêque de Rome exprime le mieux qu’il est le dieu de la porte, Babylone, le passage obligé de la terre vers le ciel. La croix papale est le symbole officiel de la papauté, et peut être utilisé que par le Pape. Les trois barres de la croix représentent les trois royaumes de l’autorité du pape: l’Église, le monde, et le ciel. La même symbolique est reprise pour la tiare papale appelée aussi le trirègne et qui est la triple couronne des papes sur laquelle repose l’autorité des trois royaumes. Mais c’est par le blason du Vatican représenté avec les clefs de saint Pierre (Matthieu 16 : 19)  et la tiare que le principe de la porte prend tout son sens.

Apocalypse 17 : 4  Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. 5  Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. 6  Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement.




Le mystère des cathédrales – 1

17062011

Ephésiens 4:11-13  » Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,…  »

1 Corinthiens 12 : 28 Et Dieu a établi dans l’Eglise premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs,

http://lettrealepouse.free.fr/tabernacle/tabernacle5lesanctuaire.htm

Comme on peut le lire ici, à l’origine, les apôtres ont organisé l’Eglise du Christ de telle manière, que l’autorité fut attribuée à ceux qui avaient un ministère spirituel. A ceux-ci furent associés les diacres et évêques, dont la charge est exclusivement temporelle, afin de les décharger des tâches purement administratives de l’organisation pratique de l’Eglise. Inverser la hiérarchie voulue par Dieu, revient à donner aux administrateurs terrestres, le rôle de conducteurs spirituels que l’évangile ne leur donne pas. Une assemblée organisée selon le modèle biblique est le réceptacle du Saint-Esprit et par sa nature est l’Epouse du Christ, mais si les hiérarchies sont inversées, sa nature change ainsi que l’esprit qui anime la communauté.

Mais rapidement les chrétiens s’intégrèrent progressivement au monde romain. Un des signes de cette intégration est le fait que les chrétiens n’hésitent pas à recourir à l’empereur pour régler certains conflits doctrinaux internes. Ainsi vers 270, comme Paul de Samosate continuait à occuper l’église principale d’Antioche, le parti adverse fit appeler l’empereur Aurélien pour l’en déloger (Eusèbe, HE VII,30).  De même, au début du règne de Constantin, les donatistes font appel à l’empereur contre l’évêque Cécilien de Carthage.

À partir de l’édit de Constantin Ier en 313, et plus particulièrement à partir du concile de Nicomédie de 317 érigé en tribunal, destiné à imposer à Arius une première confession de foi sous peine d’excommunication, le dogme est défini comme norme de la « vraie foi » par réaction aux « déviances » des hérétiques. Plus tard, avec le Ier concile de Nicée (325), est hérétique une doctrine divergente de l’enseignement officiel d’une Église et de ses dogmes, tel que définie par son autorité (évêque, concile) sur la base de l’Écriture et de la Tradition. L’hérésie (quasi-synonyme d’hétérodoxie) est l’occasion de créer une nouvelle forme d’orthodoxie. Dans le contexte du développement des hétérodoxies des IIe-IIIe siècle, une hétérodoxie devient une hérésie à partir du moment où un concile la condamne, mais elle peut devenir l’orthodoxie d’une nouvelle église (églises d’orient : copte, orthodoxe byzantine, russe, etc.)

A cette époque au IIe siècle apr. J.-C., le mithraïsme s’implante solidement à Rome et en Italie, dans certains ports de la Méditerranée occidentale, mais surtout dans les colonies militaires, les villes de garnison, en Afrique, en Bretagne, en Gaule, sur les bords du Rhin et du Danube, à Doura-Europos. Un mithraeum fonctionnait à Memphis. À Rome, Mithra jouit de l’appui officiel à partir de Commode qui se fait initier pour complaire aux soldats, et les mithraïstes multiplient les dédicaces « pour le salut » (pro salute) de l’empereur. Dans l’entourage des Sévères, Mithra eut ses fidèles toujours plus nombreux. Au IIIe siècle, le mithraïsme concurrence dans l’armée et l’administration un christianisme en plein essor. Il faillit devenir la religion officielle de l’Empire lorsque Aurélien voulut réunifier la conscience religieuse du monde romain autour d’un culte solaire, celui de Sol inuictus, puis quand les tétrarques Dioclétien, Galère et Licinius invoquèrent Mithra comme le Fautor (c’est-à-dire le garant) de leur pouvoir. D’où le mot de Renan : « Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste. »

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Le culte de Mithra est un syncrétisme d’éléments iraniens, sémitiques et gréco-romains. Il célèbre le culte d’un dieu iranien, solaire et sauveur. Ses transplantations géographiques donnent lieu à des syncrétismes locaux : en Thrace, le culte du dieu cavalier fusionne avec celui de Mithra ; en Gaule et en Espagne, Mercure fait cause commune avec le dieu iranien. Le septième jour de la semaine – notre dimanche – était plus particulièrement sanctifié, tout comme le septième mois de l’année l’était déjà en Perse. On fêtait le 25 décembre comme l’anniversaire du Soleil qui était aussi celui de Mithra. Comme les solstices, les équinoxes devaient être l’objet de célébrations solennelles. D’une façon générale en Occident, les mithraea sont orientés en sorte qu’à l’équinoxe de printemps le soleil levant frappait directement l’image cultuelle de Mithra.

Le mithraïsme est une religion sans clergé. Il restera une religion de soldats assermentés. L’initiation mithriaque était réservée aux hommes et offrait certains aspects typiques des sociétés secrètes à caractère militaire, par exemple le grade du soldat (miles) : d’où l’attirance que le mithraïsme exercera plus tard sur les légionnaires romains. Selon Saint Jérôme, il y avait sept degrés d’initiation correspondant chacun à un astre : le Corbeau (cryphius), protégé par Mercure ; l’Époux (nymphus), par Vénus ; le Soldat (miles), par Mars ; le Lion, par Jupiter ; le Perse, par la Lune ; le Courrier d’Hélios (heliodromus), par le Soleil ; le Père (pater sacrorum), par Saturne. Des masques et des insignes appropriés caractérisaient les dignitaires de ces fonctions. Les Corbeaux servaient à boire ; les Lions brûlaient l’encens et purifiaient les mystes par le feu. Les Soldats étaient consacrés par une sorte de baptême et sans doute marqués au fer rouge. Pour passer d’un degré au suivant, on devait se soumettre à certaines épreuves. Sur chaque communauté veillait un Père ; le Père des Pères avait le rang d’un évêque métropolitain ou d’un pape.

Au cours des 280 premières années de l’histoire chrétienne, le christianisme était interdit par l’empire romain, et les chrétiens étaient terriblement persécutés. Cette situation a changé après la “conversion” de l’Empereur romain Constantin. Celui-ci a “légalisé” le christianisme à l’Edit de Milan en 313 de notre ère. Plus tard, en 325, Constantin a convoqué le Concile de Nicée, dans une tentative d’unification du christianisme. Constantin percevait le christianisme comme une religion capable d’unir l’Empire romain qui commençait, à cette période, à se fragmenter et à se diviser. Bien que cela aurait semblé être une situation favorable pour l’église chrétienne, les résultats ont été tout sauf positifs. Tout comme Constantin a refusé d’embrasser totalement la foi chrétienne, mais a conservé plusieurs de ses croyances et pratiques païennes, de même l’église qu’il a promue était un mélange de la vraie chrétienté et du paganisme romain.

La suprématie de l’évêque romain (la papauté) a été créée avec le soutien des empereurs romains. La ville de Rome étant le centre du gouvernement de l’empire romain, et étant donné que les empereurs romains résidaient à Rome, cette ville s’est hissée au premier rang dans toutes les facettes de la vie. Constantin et ses successeurs soutenaient l’évêque de Rome en tant que dirigeant suprême de l’église. Bien évidemment, il était mieux, pour l’unité de l’empire romain, que le gouvernement et la religion d’Etat soient basés dans le même endroit. Bien que la plupart des autres évêques aient résisté à l’idée de suprématie de l’évêque de Rome, celui-ci a fini par atteindre la suprématie, grâce au pouvoir et à l’influence des empereurs romains. La suprématie papale fut d’autant plus facilitée qu’outre l’intégration du mithraïsme dans la culture catholique on y assortit également la hiérarchie avec le titre de père pourtant formellement interdit par Jésus-Christ. Après la chute de l’empire romain, les papes ont récupéré le titre qui appartenait auparavant aux empereurs romains – Pontificus Maximus.

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L’Eglise Catholique romaine tire donc son origine du compromis tragique entre le christianisme et les religions païennes qui l’entouraient et de l’abolition de la hiérarchie apostolique d’origine au profit des évêques qui cherchèrent l’autorité temporelle. Au lieu de proclamer l’Evangile et de convertir les païens, l’Eglise Catholique a “christianisé” les religions païennes et “paganisé” le christianisme. En brouillant les différences et effaçant les distinctions, oui, l’Eglise Catholique s’est rendue attirante pour le peuple de l’empire romain. L’un des résultats de cette situation est que l’Eglise Catholique est devenue la religion suprême dans le “monde romain” pendant des siècles. Toutefois, un autre résultat est la plus grande forme d’apostasie dans le christianisme vis-à-vis du vrai Evangile de Jésus-Christ et de la proclamation vraie de la Parole de Dieu. Bien sûr, l’Eglise Catholique romaine nie l’origine païenne de ses croyances et pratiques. Elle déguise ses croyances païennes par des conceptions théologiques compliquées. L’Eglise Catholique excuse et nie son origine païenne sous le masque de la “tradition de l’église.” Reconnaissant que plusieurs de ses croyances et pratiques sont totalement étrangères aux Ecritures, l’Eglise Catholique est obligée de nier l’autorité et la suffisance des Ecritures.

En mêlant paganisme et christianisme, le diable a réussi à bouleverser l’échelle des valeurs bibliques, jusqu’à les inverser totalement. Ainsi l’évêque devint l’autorité suprême dans l’Eglise, alors que son rôle premier ne l’y destinait pas du tout. Le mot évêque est la transcription française du mot latin episcopus, lui-même adapté du grec Eπίσκοπος / episkopos qui veut dire « surveillant », c’est-à-dire modérateur, tuteur, responsable d’une organisation.  Avant le christianisme, le terme était utilisé pour désigner toutes sortes d’administrateurs (ce mot est la meilleure traduction) dans les domaines civil, financier, militaire, judiciaire.

L’évêque est aujourd’hui considéré par l’Église catholique comme successeur des apôtres, et à ce titre, il est Docteur de la foi, chargé de l’enseigner et de la transmettre avec fidélité. L’Église catholique reconnaît en l’évêque le ministre de Dieu, vicaire de Jésus-Christ. Il exerce ses fonctions spirituelles au sein d’une circonscription appelée diocèse ; dans l’Église orientale on parle d’éparchie. Il réside normalement dans la ville où se trouve sa cathédrale ; cette ville et sa demeure épiscopale sont appelées évêché.

L’évêque est avant tout celui qui préside l’assemblée des fidèles et plus précisément l’eucharistie (mais il peut déléguer à cet effet un prêtre). Dans son Église locale (ou patriarcale, ou même universelle) il est le principe de l’unité visible des fidèles catholiques. Il est chargé de veiller sur son Église locale, d’assurer la liturgie, l’enseignement de la foi catholique et le service aux plus démunis. Il peut convoquer un synode diocésain pour l’aider à discerner les orientations pastorales pour son diocèse. Il est assisté dans sa tâche par des diacres et des prêtres.

Certains évêques sont créés cardinaux de la sainte Église romaine, et deviennent alors électeurs du pape dans le cas d’un conclave (s’ils ont moins de 80 ans). Les évêques portent le titre d’archevêque quand ils sont à la tête d’un archidiocèse ; ils arborent alors le pallium. Ils sont appelés archevêques métropolitains si le siège est le chef-lieu d’une province ecclésiastique. D’autres évêques sont patriarches : le pape, évêque de Rome, est patriarche d’Occident (en mars 2006, le pape Benoît XVI a décidé de ne plus faire usage de ce titre, mais en demeure titulaire). Certains évêques catholiques disposaient avant le XIXe siècle de pouvoirs temporels importants, tels les Princes-Évêques dans les pays germaniques, ou le pape dans les États pontificaux.

Cette hiérarchie ecclésiastique ne correspond à plus rien de biblique et encore moins apostolique. Elle est le fait d’une autorité spirituelle qui par sa nature est totalement antéchrist. Ce prévalant d’autorité divine grâce au titre de vicaire du Christ, titre totalement usurpé, les évêques de Rome cherchent à instaurer une gouvernance ecclésiastique dont la nature est surtout temporelle, comme le démontre les églises qui leur sont rattachées.

Une cathédrale est, à l’origine, une église catholique où se trouve le siège de l’évêque (la cathèdre) ayant en charge un diocèse. Le terme a pour origine le mot français cathèdre, qui vient lui-même du grec καθέδρα (kathédra), signifiant siège, d’où trône épiscopal. En ancien français, on retrouve le verbe « cathédrer » et le participe « cathédrant », qui signifient « siéger » et « siégeant » dans les écrits de Montaigne. Le mot « cathédrale » lui-même était d’abord un adjectif (on disait « église cathédrale ») avant de devenir un nom au XVIIe siècle. Historiquement, tout bâtiment muni d’une cathèdre est appelé cathédrale. La cathèdre étant le trône de l’évêque. Dans la liturgie catholique, la cathèdre est le symbole de l’autorité, de l’enseignement et de la juridiction épiscopale.

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Le siège épiscopal était le signe et le symbole de la juridiction des évêques. La juridiction épiscopale était donc le lien qui unissait la basilique antique, qui elle-même succéda à l’église chrétienne d’origine qui se réunissait dans les synagogues, soit des assemblées. La cathédrale n’est pas seulement une église appropriée au service du culte, elle conserve, et possédait bien plus encore durant les premiers siècles du christianisme, le caractère d’un tribunal sacré, et les cathédrales sont restées longtemps, jusqu‘au XIVe siècle, des édifices à la fois religieux et civils. On ne s’y réunissait pas seulement pour assister aux offices religieux, on y tenait aussi des assemblées de nature politique ; les considérations religieuses n’étaient cependant pas dépourvues d’influence sur ces réunions civiles ou militaires.

Les cathédrales sont donc aujourd’hui un des symboles d’inversion biblique le plus visible et pourtant le plus ignoré. Car plus le mensonge est gros et mieux il passe.




Expertise de la Miviludes sur le danger des sectes

15062011

1 Thessaloniciens 5:1 Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. 2  Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. 3  Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point.

Actes 1 : 6 Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ?

7  Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

Matthieu 24 : 36  Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

Quoi qu’en disent les prophètes, Sibylles ou les Pythies actuelles, seuls les textes de l’évangile déterminent de manières claires comment appréhender les derniers jours. En aucun cas il ne convient de se focaliser sur un jour précis, ou un évènement précis, mais au contraire il s’agit d’être particulièrement vigilant sur un ensemble de faits précis annoncés dans les Ecritures. Par exemple, le retour des juifs en Israël après 2000 ans d’errance est concomitant de la montée de la Bête de l’Apocalypse en Europe, d’une dégradation morale et spirituelle en occident, mais cependant chacun peut constater que Jésus ne règne pas dans le monde.  Je me permets cette introduction pour faire suite au rapport des « experts » de la Miviludes.

La fin du monde est fixée au 21 décembre 2012, et ce sera la 183 e  annonce du genre depuis que l’homme existe ! Cette prophétie, qui peut prêter à sourire, est prise au sérieux par la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, qui lui consacre un large volet dans son rapport annuel. Un document de plusieurs centaines de pages remis mercredi au premier ministre.

Supposée venir du calendrier maya, cette prédiction qui fait aujourd’hui le tour de la planète à travers le Net sous-tend des discours apocalyptiques et anxiogènes pouvant conduire à l’irréparable. «Des drames récents survenus sur notre territoire nous le rappellent», souligne l’ancien magistrat Georges Fenech, président de la Miviludes.

Selon le rapport, ces risques sont d’ailleurs plus prégnants au sein de ­cette vaste mouvance millénariste. Les groupes apocalyptiques «sont plus aliénants et plus manipulatoires que les autres», y est-il écrit. Avec la peur qui amplifie l’emprise, ces structures sont «plus hystérisées et plus fanatisées». Ce que confirme à sa manière Dominique Lorenzato, qui, durant plus de vingt ans, a vécu dans ce climat destructeur. Cet homme de 41 ans a passé vingt-deux ans au sein d’une communauté spirituelle dont le gourou présumé, Robert Le Dinh, a été condamné l’an passé à quinze ans de réclusion criminelle pour viols et abus de faiblesse. Une peine contre laquelle ce dernier a fait appel.

Interrogé par Le Figaro, Dominique Lorenzato l’avoue : «Robert Le Dinh m’aurait demandé de tuer, je l’aurais fait.» Tout avait été fait pour lui ôter ses capacités de discernement, dit-il : «Les réunions quotidiennes jusqu’à tard dans la nuit, la peur de la fin du monde…» Robert Le Dinh, qui se disait investi de l’esprit du Christ et qui, au passage, exigeait de ses adeptes de notables sacrifices financiers, annonçait régulièrement l’Apocalypse. Quand elle n’avait pas lieu, il invoquait alors l’influence salvatrice de son travail mental, comme le relate Dominique Lorenzato, embarqué dans ces folles croyances en plein cœur de l’Ariège avec vingt autres personnes.

Ce genre de petite structure autour d’un seul individu fleurit sur notre territoire, souligne le rapport : «Des groupes de taille plus réduite coexistent avec des grands mouvements structurés souvent de taille internationale avec représentation française.»

Pour rebondir sur le rapport des « experts » de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires qui a acquis une solide expérience, et qui est repris de manière tonitruante par tous les médias, je me joins au concert général, pour dénoncer un grand mouvement structuré de taille internationale, qui pendant mille ans exerça un pouvoir religieux sans partage sur l’Europe, afin de maintenir tous ses peuples dans l’obscurantisme, la superstition, la barbarie ou le paganisme, tout en combattant sans relâche toutes les formes d’émancipation religieuse, qu’elles soient juives ou chrétiennes, les torturant, pillant, massacrant sans retenu et cela pour des millions de personnes en Europe.

La révolution française ayant balayée son autorité temporelle, son action spirituelle reste encore vive, comme en témoigne les multiples symboles religieux encore présent dans notre société moderne aujourd’hui. Mais avec justesse les « experts » de la Miviludes s’inquiètent encore aujourd’hui de « l’horreur des drames que les sectes ont provoqué ces der­nières années par leur dis­cours extrê­me­ment anxiogènes« . Car en effet, dans de nombreux lieux de cultes ouverts au grand public, les témoignages les plus obscures se référant aux  signes du Zodiaque, les prophéties antiques des Sibylles et les symboles sataniques se mêlent aux textes apocalyptiques pour entretenir les croyances les plus sombres de notre civilisation moderne.

Dans la mythologie grecque, la sibylle est une prêtresse d’Apollon qui personnalise la divination et prophétise. Elles le faisaient dans un langage énigmatique permettant de nombreuses interprétations, ce qui les mettait à l’abri de toute contestation ultérieure.

Cette pratique, ainsi que l’ambiguïté de leur apparence, a donné le qualificatif de «sibyllin» qu’on attribue à des écrits ou des paroles obscures, énigmatiques, mystérieuses ou à double sens. La sibylle figure l’être humain élevé à une dimension surnaturelle, lui permettant de communiquer avec le divin et d’en livrer les messages, tels le possédé, le prophète, l’écho des oracles, l’instrument de la révélation. Les sibylles furent considérées comme des émanations de la sagesse divine, aussi vieilles que le monde, et dépositaires de la révélation primitive : elles seraient à ce titre le symbole même de la révélation. Aussi n’a-t-on pas manqué de rapprocher le nombre des douze sibylles de celui des prophètes bibliques et de peindre ou de sculpter leurs effigies dans des églises soi-disant ‘chrétiennes’. Sur la fresque de la Chapelle Sixtine au Vatican, des doubleaux se prolongent en trônes qu’occupent douze Voyants 5 sibylles païennes et 7 prophètes juifs. Si les prophètes et les sibylles sont surdimensionnés par rapport aux autres personnages, c’est pour alourdir la retombée des arcs autant que pour introduire un ordre dans la lecture des fresques.

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Dès le IIIe siècle av. J.-C., une série de livres connus sous le nom d’Oracles Sibyllins, dont certains sont parvenus jusqu’à nous via des copies datant des XIVe et XVIe siècles. Ces livres, au nombre de douze, comprennent des oracles antiques, des oracles juifs et des écrits chrétiens. Les Pères de l’Église catholique n’ignoreront pas ces textes obscurs. À leur suite et pendant longtemps, les auteurs catholiques chercheront, avec plus ou moins de bonheur, à voir dans les vaticinations des Sibylles des marques sans équivoque de l’attente du Messie Sauveur par le monde païen. Ainsi c’est dans le 8e livre des Oracles Sibyllins que l’on trouve des vers, attribués à la Sibylle d’Érythrée, annonçant le second avènement du Christ le jour du Jugement Dernier. Cependant, Virgile, qui vécut au Ier siècle av. J.-C. se fit aussi l’écho de cette prophétie dans ces vers célèbres de ses « Bucoliques » : « Voici venir les derniers temps prédits par la sibylle de Cumes, et de nouveau l’ordre qui fut au commencement des siècles. Voici revenir la Vierge et voici l’âge d’or. Voici que va descendre du haut des cieux une race nouvelle. Diane pure et lumineuse, protège cet enfant qui va naître et fermant l’âge de fer ressuscitera sur toute la terre la génération du siècle d’or. ». Les premiers catholiques vont peu à peu s’emparer de la sibylle et intégrer cette prophétie dans leur littérature et iconographie religieuse. Ainsi seront invoqués au Moyen-Age, tour à tour des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, puis des figures païennes comme les Sibylles pour préparer le nouveau culte de la Reine du Ciel dédié à la Vierge à l’enfant mère de Dieu.

Les Sibylles ont été représentées sur les portails, les vitraux ou le mobilier des églises ou les cathédrales (cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, cathédrale Sainte-Marie d’Auch). Ces représentations sont nombreuses au XVe siècle et XVIe siècle. Pour ce qui concerne les représentations païennes la cathédrale Notre Dame de Paris qui dédie la capitale et donc la France à la Reine du ciel est très édifiante. Des références y sont faites à Cybèle, aux Sibylles, le Zodiaque et même Lilith… La rosace ouest développe vingt-quatre rayons sur trois cercles concentriques. Au centre la Vierge Marie, couronnée comme une reine, tient son enfant Jésus assis sur son bras gauche. Da sa main droite elle brandit le sceptre de royauté, à fleurs de lys. La partie inférieure de la rosace, contient les signes du zodiaque, comme sur le portail de gauche de cette même façade, le portail de la Vierge.

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Les sibylles apparaissent dans l’art de l’Occident catholique vers le XIIe siècle, pour fleurir à partir du XVe siècle quand on redécouvre l’Antiquité, comme en témoigne un ouvrage attribué à Jean de Paris qui fut copié entre 1474 et 1477 intitulé La Foi catholique prouvée par l’autorité des païens, où il est dit : « des vierges pleines de l’esprit de Dieu, qu’on appelait Sibylles, ont annoncé le Sauveur à la Grèce, à l’Italie, à l’Asie Mineure : Virgile, instruit par leurs livres, a chanté l’enfant mystérieux qui allait changer la face du monde. ». L’iconographie proposera en face des douze prophètes, les douze Sibylles, y associant parfois les douze apôtres, dans un souci d’harmonie où le visuel vient relayer le sens d’une symbolique religieuse profonde. En Bretagne, trois églises, Brennilis, autel au sud, Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœur, Lampaul-Guimiliau, poutre de gloire, présentent, le grand cortège des Douze Sibylles.

Comme nous le prouvent de nombreux lieux de cultes en France, un grand mouvement structuré de taille internationale avec représentation française, entretenant depuis des siècles des révélations apocalyptiques élevant une vierge au statut de Reine du ciel,  et qui relève certainement de ces groupes apocalyptiques qui «sont plus aliénants et plus manipulatoires que les autres», comme en témoigne des discours apocalyptiques et anxiogènes courant pendant tout le Moyen-Age et jusqu’à aujourd’hui,  sévit sur le territoire national. Secte pouvant conduire à l’irréparable comme elle le fit déjà dans le passé, surtout que nombre de ses prêtres ont été condamné pour  viols et abus de faiblesse.




Lundi de pentecôte à Christchurch

13062011

Christchurch de nouveau secouée ce lundi de pentecôte catholique. Pour la Nouvelle-Zélande c’est la pentecôte des cendres et tremblements. Le « réveil » du volcan Puyhue au Chili a entraîné la formation d’une colonne de cendres de plus de 12 km de hauteur, qui a dérivé vers l’Australie et la Nouvelle Zélande au point de paralyser l’espace aérien et de provoquer une pagaille aérienne sans précédent dans cette région du globe. «Travel Chaos» titre le New Zealand Herald, tandis que The Press explique aux milliers de passagers en rade que leur galère risque de durer plusieurs jours.

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Deux nouveaux séismes ont frappé lundi Christchurch, ville de Nouvelle-Zélande frappée par un violent séisme en février dernier, provoquant l’effondrement des rares bâtiments encore debout et des coupures d’électricité. Dans toute la ville, les habitants paniqués ont fui à l’extérieur quand le séisme de magnitude 5,2 a frappé à l’heure du déjeuner, suivi une heure plus tard d’une secousse de 6, selon l’institut géologique américain. Plusieurs répliques ont été enregistrées. Les dégâts matériels sont importants, des bâtiments se sont notamment effondrés dans le centre-ville mais les deux secousses n’ont pas fait de victimes. Une dizaine de personnes sont néanmoins blessées. L’électricité et l’eau ont été coupés dans quelques 54.000 foyers. Toutes les écoles ont été fermées. « C’est une situation très grave », a immédiatement réagi le maire de Christchurch, Bob Parker alors que la ville porte encore les séquelles du séisme du 22 février, qui avait fait 181 morts et détruit une grande partie du centre-ville. Six mois auparavant, le 4 septembre 2010, la cité avait déjà été secouée par un tremblement de terre de magnitude 7, qui n’avait pas fait de victimes mais causé de gros dégâts matériels. Ce lundi, la police a évacué une partie de ce qui est appelé « la zone rouge », au centre de la ville. Tous ces séismes se sont produits sur une seule et même faille que les sismologues n’avaient pas identifié jusque-là. Selon eux, elle est restée inactive pendant 16.000 ans avant de se réveiller en septembre 2010.

Fukushima. Dans l’autre hémisphère, les choses ne s’arrangent pas non plus, au contraire.

TEPCO, la compagnie d’électricité qui gère les centrales nucléaires de Fukushima, vient enfin de reconnaître la fusion des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Les trois magmas de matières radioactives fondues, désignées par le terme de corium, ont réussi à percer leur enceinte de confinement. Une partie de ces trois coriums aurait déjà atteint les radiers de béton formant le soubassement de la centrale, dernier rempart avant la terre. Si l’information est nouvelle, les faits remontent en fait aux heures qui ont suivies le tremblement de terre du 11 mars. Depuis ce jour, TEPCO et le gouvernement japonais n’ont cessé de mentir à la population japonaise et au reste du monde. Autre fait dramatique : la piscine de stockage du réacteur 4, qui contient des barres de combustible usagé, est dans un état critique. Une explosion et un incendie avaient déjà démontré que les barres de combustibles ne sont pas du tout stabilisées. Et avec une température de la piscine enregistrée à 83°C, il est probable que les gaines qui entourent le combustible soient en train de se dégrader. On ne sait pas du tout dans quel état sont actuellement les gaines qui contiennent le combustible, mais la température enregistrée à 83 °C est un très mauvais signe. Car les gaines constituent le seul et unique rempart entre les matières hautement radioactives et l’eau ou l’air. Bref, le risque de diffusion de particules hautement radioactives est extrême, puisque le toit du réacteur 4 a volé en éclat. Sans compter que les fondations du bâtiment lui-même sont terriblement endommagées. Le bâtiment est en train de s’affaisser et menace à tout moment de s’écrouler.

L’agence de sûreté nucléaire japonaise a multiplié par deux son estimation de la quantité de particules radioactives émises dans l’atmosphère dans les jours qui ont suivi l’accident. Près de 770.000 térabecquerels se seraient ainsi échappés des réacteurs endommagés, ce qui représente environ 10 % des émissions de Tchernobyl en 1986. « C’est énorme, explique Thierry Charles. A Tchernobyl, les particules radioactives ont été propulsées à très haute altitude, avant de se disperser sur une zone très vaste. Les rejets de Fukushima ont été plus faibles, mais ils ont été beaucoup plus concentrés. Localement, on a d’ailleurs relevé des niveaux de contamination aussi élevés qu’en Ukraine. »

Sur place, les autorités font semblant de tout juste découvrir l’étendue réelle des dégâts. « Le gouvernement envisage d’évacuer 70.000 habitants supplémentaires jusqu’à 60 kilomètres autour de la centrale, indique Thierry Charles. Leur exil pourrait durer plusieurs années. » Pour Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), ces nouvelles évacuations surviennent beaucoup trop tard. « La zone interdite de 20 km autour de la centrale était bien trop réduite, s’indigne ce spécialiste. Même à 80 km de Fukushima, nous avons relevé des niveaux de contamination aussi importants que dans ce périmètre ! En quelques heures, certains habitants reçoivent une radioactivité équivalente à la dose maximale annuelle. Le Japon a choisi de faire des économies en évacuant le moins de personnes possible, mais les conséquences sanitaires seront dramatiques. Cette décision est d’autant plus choquante qu’il s’agit d’un pays riche. »




…puis au feu de Sodome 2

11062011

Un arrêt de la cour d’appel de Paris, jeudi, a mis fin à l’interminable affaire des frégates de Taïwan. Ce que l’on appelle pudiquement des “commissions” avaient été versées pour obtenir l’achat par la République de Chine de six frégates types Lafayette. Une affaire de corruption qui se termine mal pour la partie française : Thalès devra payer 170 millions d’euros et l’Etat (pour le compte de DCNS) pas moins de 460 millions. Soit la jolie somme de 630 millions d’euros.

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Au cours des années 2000, le secret-défense a été opposé aux juges d’instruction français Renaud Van Ruymbeke et Xavière Simeoni par le ministère des Finances sous la gauche (Laurent Fabius) comme sous la droite (Francis Mer et Thierry Breton). Ils ont tous refusé de remettre les listes des bénéficiaires de commissions déclarées en 1991 par Thomson et la DCN. Il n’a donc jamais été possible de savoir qui avait touché de l’argent en France, malgré les soupçons de financement politique. Ainsi, demeurent en liberté les prévaricateurs qui ont profité, en France, de commissions occultes et d’argent noir. Demeurent aussi en liberté les responsables et sans doute les commanditaires des morts mystérieuses qui ont jalonné ce dossier. Et que par-dessus cela, les citoyens français soient mis à contribution pour indemniser un Etat lésé ne peut que provoquer l’écœurement et nourrir un sentiment de honte.

Pédophilie. Ancien patron (très influent) des Renseignements généraux entre 1992 et 2004, Yves Bertrand a été entendu vendredi par les policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne. Objectif : lui demander ce qu’il sait des rumeurs dont a fait état, l’autre semaine sur Canal +, l’ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry. Ce jour-là, Ferry – sans citer le moindre nom, mais en laissant entendre qu’à l’époque la France d’en haut était au parfum – avait dit qu’un ministre s’était fait « poisser » il y a quelques années dans une « partouze » (pédophile) à Marrackech, et qu’il avait fallu l’intervention des plus hautes autorités pour exfiltrer le coupable et étouffer le scandale. Bobards ou pas ? Depuis, on ne sait rien de plus, sauf que le Maroc a décidé, à son tour, d’ouvrir une enquête. Pour tenter d’établir la vérité, s’il y en a une.

Dans la République de la fille ainée de l’Eglise, ayant un chanoine pour président, les ‘affaires’ ou plutôt les scandales politiques se poursuivent avec une constance et une régularité de métronome, sans discontinuer. Se succédant, se superposant et s’imbriquant même comme des poupées russes, mêlant tous les courants politiques où tout se sait mais jamais rien n’est dit. Justice étouffée, médias bâillonnés, citoyens dégoutés, dont les votes exprimés ne représentent plus que le 1/3 de la population après les abstentionnistes et les non-inscrits. Vraiment, on peut dire que la politique qui nous gouverne aujourd’hui, fut celle qui gouvernait Sodome en son temps.   

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Dans ce contexte, il faut comprendre comment les choses se passèrent avant, pour comprendre comment elles se passeront demain. Le cheminement d’Abram est édifiant à cet égard.

LA SUITE…







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