Gilad, dans le verbe divin

19102011

Le retour de Guilad Shalit, victoire spirituelle du peuple juif

Publié le 19 octobre 2011 par Rachel Franco

Bien sûr viendra le temps des débats ardus et les mots seront affinés comme des épées tranchantes ;

Les arguments des uns seront tout aussi justifiés que les arguments des autres et ce pourrait être le lieu d’un nouveau drame qui se joue en Israël ;

Bien sûr, la profonde joie de voir Guilad revenir enfin à la maison ne saurait faire oublier la terrible douleur de ceux qui ont été frappés par le terrorisme et qui, aujourd’hui, ont vu les assassins fêter la joie de leurs crimes, libres d’armer à nouveau leurs mains contre de nouvelles victimes juives ;  

Mais il est revenu ; et revoir ce jeune homme amaigri, livide, affaibli après plus de cinq années de détention, sans que jamais la lumière du jour ne vienne caresser son visage, isolé, seul au monde et enterré vivant dans un trou, a fait battre les cœurs de notre peuple à l’unisson.

Il est revenu ! Revenu près de nous, près des siens, à la maison, revenu à lui-même, enfin pas encore, mais bientôt, nous l’espérons.

Ici, en Israël, notre émotion est celle de la réunion d’un fils à ses parents, à sa famille et à son peuple. Ce fils est un jeune homme qui parle de paix et a servi son pays pour le défendre contre les agressions du Hamas et du Hezbollah, deux organisations terroristes qui ne vivent que de la haine et de la mort. Ce jeune homme a été attaqué, enlevé et maintenu dans un isolement total sans qu’aucun droit lui soit accordé et sans qu’il ait pu recevoir la moindre visite d’une organisation des droits de l’homme, si prompte par ailleurs à condamner Israël !

Là-bas, à Gaza ou à Ramallah, la joie est celle de plus d’un millier de terroristes aux mains pleines de sang, assassins des civils pris au piège au détour d’une rue, dans un autobus, un café, dans une discothèque ou tout autre lieu de vie banal. Ces terroristes ont été jugés et condamnés, et purgeaient leurs peines dans une prison israélienne, avec des droits de visite des membres de leurs familles et la possibilité d’étudier et de passer des diplômes universitaires… aux frais de l’État d’Israël.

Il est vrai que la victoire militaire de cet accord est celle des terroristes qui ont de nouveau plus de mille candidats aux attentats suicides et attaques terroristes ;

Il est vrai que de savoir remis en liberté les assassins qui se remettront à l’œuvre demain nous déchire le cœur ; il est vrai.

Et cependant, je veux l’écrire : ne doutez pas que le retour de Guilad Shalit est la vraie victoire, celle qui sanctifie la vie et combat les forces du mal.

Le retour de Guilad Shalit en Israël est la victoire spirituelle du peuple juif qui signe ainsi sa sortie des ténèbres.

Cette semaine, nous allons fêter le don de la Thora au mont Sinaï quand le peuple juif se tenait uni devant Lui.

« Nous sommes unis dans la joie et la douleur » a dit notre premier ministre, et il a dit vrai. Nous sommes effectivement unis comme lors du don de la Thora et nous fêterons cette année avec une très grande joie le don de la Thora et le retour de Guilad.

Cette semaine, nous allons recommencer la lecture de Bereshit, la Genèse, soit « Au commencement… » Et c’est un commencement formidable pour Guilad, notre fils, notre frère, notre enfant à tous et c’est un commencement miraculeux pour nous aussi dont l’avenir est lié à cette âme pure, partie en captivité au milieu des forces du mal et qui nous est revenue.

Cette semaine, nous allons aussi lire Isaïe, Chapitre 42, verset 5 et voici ce que le hasard auquel je ne crois pas, nous fait lire ce samedi dans toutes les synagogues :

« Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour la justice et je te prends par la main ; je te protège et je t’établis pour la fédération des peuples et la lumière des nations ; pour dessiller les yeux frappés de cécité, pour tirer le captif de la prison, du cachot ceux qui vivent dans les ténèbres… ».

Gloire et remerciement à l’Éternel qui nous appelle pour la Justice, nous prend par la main, nous protège et nous consacre fédération au bénéfice de toute l’humanité et lumière des nations !

Gloire à l’Éternel qui délivre nos yeux de la cécité et a permis à Guilad Shalit de sortir de prison, du cachot où il vivait dans les ténèbres !  

Le nom de famille de Guilad est également un signe pour nous tous. Il s’appelle Shalit et les racines hébraïques de son nom écrivent la Maitrise. Avec Guilad Shalit revenu en Israël, c’est aussi la maitrise et le chemin de la sagesse qui sont revenus dans nos cœurs et dans nos mains.

Bonne fête à toi, Guilad, enfant du pays qui a tenu de manière si touchante ton cœur avec la main droite, tant les émotions étaient fortes a la vue de ton peuple en liesse !

Bonne fête à la famille Shalit dont le nom est promesse de lumière !

Et bonne fête à tout le peuple d’Israël, uni aujourd’hui dans la joie !

Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci-dessous :

http://www.drzz.fr/le-retour-de-guilad-shalit-victoire-spirituelle-du-peuple-juif/

shalitretour.jpg

Concernant la libération de Gilad mon cœur s’est réjoui comme celui d’un père qui retrouverait un fils perdu. Mais face au prix exorbitant payé, ma raison faisait la comparaison avec l’abandon du Gush Katif,  qui fut pour moi une faute majeure pour Israël. Elle causa un désastre pour des milliers de familles en Israël et par voie de conséquence au monde qui exigea ces départs.  Cela se solda par l’immense crise financière qui frappa le monde avec les subprimes, des millions d’expulsions en Amérique et une descente sans fin dans le gouffre des dettes publiques. Mais pour 5000 expulsés au Gush Katif un seul fut frappé de malédiction, Sharon.  Aujourd’hui  Israël fait une démarche inverse, pour le salut d’un seul, un millier d’ennemis ayant le sang de centaines d’innocents sur les mains sont rendus à leurs familles. Le coût moral pour la Nation israélienne est énorme, mais elle en accepte le prix. D’une certaine manière, elle paye le prix du sang comme rachat d’une faute jamais expiée.  Le compte est désormais soldé en Israël, mais pas pour le monde.

Clairement les palestiniens et particulièrement le Hamas, voient cet échange comme une victoire militaire sur l’ennemi sioniste, et le monde se réjouit avec lui. Moukhaïmer Abou Saada, politologue du Hamas le confirme, «la libération de Shalit va fournir au Hamas une occasion de s’ouvrir sur l’Occident, ce qui est l’un de ses objectifs et cela peut se refléter par une grande souplesse politique de sa part à l’avenir», ajoute l’universitaire.  «Cet accord peut être le début de l’ouverture de canaux de dialogue avec la société occidentale, les Etats-Unis et l’Europe». «La société occidentale les Etats-Unis semblent revenir sur leur vision du Hamas et commencent à se rendre compte que le principal acteur politique dans la région est l’islam politique, dont le Hamas fait partie».

Alors que les palestiniens refusent le principe même d’Etat juif, les mêmes affirment avec force que le principal acteur politique dans la région est l’islam politique, et le monde soutient et applaudit. Ainsi, que le monde le veuille ou non, le combat pour la terre d’Israël est une bataille spirituelle et non politique. C’est là ce que le nom même de Gilad proclame, car s’il est une victoire spirituelle pour les juifs, il est tout autant une défaite spirituelle pour ses ennemis. Pour le comprendre, il faut saisir ce que signifie le nom même de Gilad et vers quoi il renvoie.

Genese 31:48-49 : Alors Labân dit : “ Ce tas est aujourd’hui témoin entre moi et toi. ” C’est pourquoi il l’appela du nom de Galéed (Gilad), et La Tour de Garde, parce qu’il dit : “ Que l’Eternel guette entre moi et toi, quand nous serons hors de vue l’un de l’autre.

Le nom biblique de Laban est l’un des personnages les plus menaçants de la Genèse. Dans la Haggadah de Pessah, on lit : « Vois ce que Laban l’Araméen voulut faire à notre père Jacob. Pharaon ne décréta la mort que des garçons, mais Laban voulut tout exterminer. » Laban représente une perte totale de l’identité juive. Il voulait que tout soit mêlé, que chaque personne, chaque culture, soit dénuée de traits caractéristiques distinctifs. Il mélangeait ses enfants, ses femmes, sa foi religieuse, sa langue et ses biens. Il idéalisait le concept de ‘village global’, comme on dirait aujourd’hui, où tout et tous sont identiques. Or, comme on le sait, le nom Laban signifie ‘blanc’ en hébreu. Laban est le seul personnage de la Bible à porter le nom d’une couleur. En fait Laban (le blanc) est un nom théophore du dieu Lune.  Mais il n’était pas le seul.

La vie d’Abram suit le mouvement migratoire des anciens adorateurs de la lune de la ville d’Ur à celle d’Harran dont il est le dieu tutélaire. Les noms des ancêtres juifs en portent aussi les traces : Abram signifie « père élevé ou haut » : on invoquait souvent le dieu Sîn sous le nom de « père ». Saraï vient de l’akkadien Sharratu qui signifie « reine » et de Sarrati, nom sous lequel la pleine lune, la déesse Ningal, était adorée. Terah, le père d’Abraham, est proche de Yarrakh, qui était le nom du dieu Lune dans les textes ougaritiques de Rash Shamra. Milka, la femme de Nahor, le frère d’Abraham, vient de l’akkadien Malikat, signifiant « conseillère », autre titre de la déesse Ningal. Laban, le beau-père de Jacob vient de Levannah, signifiant « La Blanche », nom poétique de la Lune (Ct 6, 10). C’est pour cela qu’il est écrit : Jos 24:2  Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térach, père d’Abraham et père de Nachor, habitaient anciennement de l’autre côté du fleuve, et ils servaient d’autres dieux.

Les noms des ancêtres juifs sont donc des noms théophores. À l’époque d’Abram, ce culte au dieu Sîn était la religion traditionnelle, la religion de leur père, la religion qui était pratiquée dans les villes et dans les campagnes…. Même le neveu du dernier roi de Juda, Sédécias, s’appelait Shènaçar (1 Ch 3,18) qui vient du babylonien Shin-usur qui signifie « Sîn protège »… preuve de la survivance de ce culte jusqu’à une époque relativement récente. L’histoire d’Abram qui quitte Harran pour suivre un Dieu nouveau pour lui et totalement inconnu, pour l’accompagner dans le pays de la promesse en Canaan, est le propre même de tout le peuple juif. Abram devra abandonner son nom théophore, sa famille, son pays et tout recommencer avec l’Eternel qui changera son nom en AbraHam et celui de sa femme en SaraH, lui allouera un nouveau pays et scellera une alliance avec Lui.  Plus tard, la même démarche recommencera en Egypte pour tout le peuple juif.

Aujourd’hui l’histoire se répète, mais pour le monde. Car en faisant le choix de soutenir les islamistes, c’est le choix inverse des juifs que fait le monde. L’Islam est une version moderne de la religion antique de la fertilité du dieu de la lune. Une fois que ceci est saisi, la croissance et l’histoire de l’Islam deviennent alors claires. Les conquêtes arabes ont été rendues possibles parce que les puissances centrales du Moyen-Orient s’étaient épuisées dans les guerres les unes contre les autres. Elles ne pouvaient pas combattre les vagues après vagues des armées arabes qui ont soumis des nations entières avec les exécutions, les viols et les pillages impitoyables.

Qui étaient ces Arabes? Ils n’étaient pas évidemment des chrétiens parce qu’ils ont détruit des églises et ont assassiné les prêtres là où ils sont passés. Évidemment, ils n’étaient pas des juifs parce qu’ils ont persécuté des juifs sans pitié. Ceci est visible encore aujourd’hui dans leur haine contre Israël et les nombreuses guerres et actes de terrorisme faits contre les juifs dans le monde entier. Si les hordes arabes qui ont balayé le monde antique n’étaient pas des chrétiens ou des juifs, alors quelles étaient-elles? Elles étaient des païens qui ont adoré un dieu païen appelé Allah et suivis des rites païens qui ont été pratiqués en Arabie longtemps avant que la religion de l’Islam ait évolué.

Les origines de l’Islam ont été tracées par des disciples de la religion antique de la fertilité, du culte du dieu de la lune qui était toujours la religion dominante de l’Arabie. Le dieu de la lune a été adoré en priant vers la Mecque plusieurs fois par jour, faisant un pèlerinage annuel au Kabah qui était un temple du dieu de la lune, tournant autour du Kabah sept fois, caressant une idole de pierre noire incrustée dans le mur du Kabah, passant entre deux collines, faisant les sacrifices animaux, réservant le vendredi pour des prières, donnant des aumônes aux pauvres, etc.. C’étaient les rites païens pratiqués par les Arabes longtemps avant que Muhammad ne soit né.

Quelle religion pratique aujourd’hui les rites païens du dieu de la lune? L’Islam! Ceci explique pourquoi le croissant de lune est le symbole de l’Islam. Il est placé sur des mosquées et des minarets et montré sur des chapeaux, des drapeaux, des couvertures, des amulettes et mêmes des bijoux. Chaque fois que vous voyez le symbole musulman d’un croissant de lune, vous voyez le symbole antique du dieu de la lune. Aujourd’hui le monde en soutenant les palestiniens contre Israël, refait le voyage spirituel inverse d’Abraham, pour quitter la terre promise et retourner vers Ur en Chaldée, et beaucoup de soi-disant chrétiens se sont joint à lui.

Le retour de Guilad Shalit en Israël est la victoire spirituelle du peuple juif qui signe ainsi sa sortie des ténèbres, mais il est aussi celui du monde qui y signe son entrée.




Souccot 2011

13102011

Aujourd’hui c’est la septième et dernière fête de l’Eternel. Hag haSoukkot (Hébreu חג הסוכות, fête des Tabernacles, souvent appelée « Fête des Tentes »), plus simplement Soukkot ou Souccot, est l’un des Trois festivals du judaïsme.

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Les juifs construisent traditionnellement en ce jour des cabanes (soukka ) pour y résider, prendre leurs repas, voir dormir. En Israël (et parmi les juifs réformés), Soukkot dure sept jours, le premier jour étant pleinement célébré, avec un office de prières spécial et des repas festifs. Ailleurs, Souccot dure 8 jours, et le festival dure deux jours.

L’ombre des choses passées prend une forme nouvelle dans le corps de Christ où l’Eglise est devenue l’habitation permanente du Seigneur.

Ephésiens 2 19  Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. 20  Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus–Christ lui–même étant la pierre angulaire. 21  En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. 22  En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit.

Soukkot est une fête agricole à l’origine, cet aspect étant assez évident du fait de son nom de “Fête de la Moisson”, des cérémonies qui l’accompagnent, et de la saison de sa célébration: “[…] et la fête de la récolte, à la fin de l’année, quand tu recueilleras des champs le fruit de ton travail.” (Ex. 23:16); “[…] quand tu recueilleras le produit de ton aire et de ton pressoir. ” (Deut. 16:13).

Le deuxième point clé de la fête de Souccot est le Loulav , ou rituel des Quatre Espèces (arba minim) : le saule, la myrte, la palme de dattier et le cédrat.

Il est ordonné de prendre en main ces quatre végétaux et de les utiliser pour se réjouir devant Dieu chaque jour de la fête (sauf le Shabbat). Les quatre espèces représentent les quatre caractères de l’ensemble des membres du Peuple de Dieu :

le palmier, sans parfum mais aux fruits savoureux ; La branche de palmier est constituée de telle manière que chacune de ses feuilles est doublée de part et d’autre de la colonne centrale. Ces feuilles doubles sont reliées au dos de cette colonne, et c’est ce qui leur vaut l’appellation de « tiomet » [jumelles].
la myrte, odorante mais sans fruit ; Ce sont des plantes qui résistent bien à la sécheresse, ses feuilles sont petites et persistantes, très odorantes lorsqu’on les froisse.
le saule, sans odeur ni fruit ; il s’agit ici du saule de rivière (nachal), qui renvoie au cours d’eau et aux sources.
le cédrat ( étrog) , fruit savoureux au parfum délicieux,

Comme le thème choisi cette année dans notre famille pour illustrer les fêtes d’automne est le Cantique de Cantiques, Il est intéressant de comparer les quatre espèces avec les métaphores du cantique. 7 : 8  Je me dis : Je monterai sur le palmier, J’en saisirai les rameaux !

Quant aux autres éléments, le passage qui les illustre le mieux est celui qui précède l’union du centre du texte. 4 : 12  Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée. 13  Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents, Les troënes avec le nard ; 14  Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l’encens ; La myrrhe et l’aloès, Avec tous les principaux aromates ; 15  Une fontaine des jardins, Une source d’eaux vives, Des ruisseaux du Liban.

Quant à la symbolique de la tente (tabernacle), qui renvoie au peuple qui vient de désert, ce passage est le plus admirable : 1 : 5  Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon. 6  Ne prenez pas garde à mon teint noir : C’est le soleil qui m’a brûlée. Ou qui est comparée au reste d’Israël qui encore fidèle en Esaïe 1 :  8  Et la fille de Sion est restée Comme une cabane dans une vigne, Comme une hutte dans un champ de concombres, Comme une ville épargnée.

C’est dans ces perspectives que le Cantique doit être situé. Il doit être lu par référence à la littérature hébraïque à laquelle il appartient, et dans la lumière des notions fondamentales des rapports de Dieu et de la création dans l’Alliance, de la théologie mystique du mariage qui apparaît avec tant de force chez les Prophètes, notamment chez Osée, Amos, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel. Il faut connaître les exigences et les traditions dont il s’inspire. Il faut souligner les idées forces qui sous-tendent le cantique. Les références permanentes aux thèmes bibliques fondamentaux de mariage, d’alliance, de recherche et de découverte, de séparation et d’exil, de lumière et de ténèbres, de sommeil et de réveil, de guerre et de paix — d’angoisse et de joie, de chute et de joie.

Les allusions plus subtiles aux gazelles (בִּצְבָאֹות tsevaot) et aux biches (אַיָּלִים ayalim) ne pouvaient pas ignorer l’idée suprême de Dieu ( YHWH Tsévaotיהוה צבאות ), mais qui ici est remplacé par Elohim Tsevaot (צבאות אֱלֹהִים), tant ils sont proches dans la rime poétique. 7  Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles (צְבָאֹות tsevaot) et les biches (אַיָּלִים ayalim) des champs,… Qui renvoie deux versets plus loin au bien aimée 9  Mon bien-aimé est semblable au chevreuil (צבי tsvi) Ou au faon des biches (אַיָּלִים ayalim)  Le mâle de la gazelle (צבי tsvi)  devient comme un diminutif de YHWH soit YAH ou YOH.  Ainsi l’amie “Raa’yah” que l’on pourrait comprendre par la « bergère de l’Eternel » deviendrait l’Epouse du berger (tsevaot ayalim) soit Dieu lui-même.

Bonne fête de Souccot.




Yom Kippour 2011

8102011

Les juifs célèbrent Yom Kippour aujourd’hui. C’est la fête qui rassemble le plus de juifs dans les synagogues. Même ceux qui ne pratiquent pas ou ceux qui n’ont qu’un de leur parent juif, se rendent au lieu de culte, aujourd’hui ou ce soir, lorsque le shofar  sera sonné. Pour certains, cet attachement s’explique par des raisons religieuses, pour d’autres, par des raisons identitaires. Il y a des variations dans les rites mais le fond est commun.

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Lévitique 16:30 : “Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel.

Lévitique 16:31 : “Ce sera pour vous un shabbat shabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle”.

Pour les juifs, à partir de Roch Hachana et jusqu’à Yom Kippour inclus, commencent les Dix Jours de Téchouva – de retour à D.ieu. Ces jours sont une période centrale du mois de Tichri. En effet, D.ieu a inscrit chacun dans le Livre de la Vie à Roch Hachana, mais Sa décision doit encore être scellée le jour de Yom Kippour. Les jours qui s’étendent entre ces deux fêtes sont donc chargés d’une puissance et d’un sens particuliers : D.ieu y est comme plus proche et il appartient à chacun de conforter le pardon divin. C’est dire que l’effort spirituel doit y être plus intense, mais aussi qu’il y est plus aisé.

Yom Kippour est par lui-même le Shabbat des Shabbat, c’est donc un jour exceptionnel par la nature particulière que lui concède le Seigneur. Aujourd’hui ce n’est pas par le biais de la liturgie juive qu’il convient d’appréhender cette fête, mais par la lecture de la nouvelle alliance en Yeshoua.

Hébreux 10.5/7…10 Il a fallu un sacrifice plus excellent, un sacrifice parfait : C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit: Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu m’as formé un corps; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit: Voici, je viens Dans le rouleau du livre il est question de moi Pour faire, ô Dieu, ta volonté… C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes.

Hébreux 9.11/12 Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.

La grande différence entre les alliances, la nouvelle et l’ancienne concernant la fête du Kippour,  se traduit par l’interversion dans les rôles. Autrefois une fois par an le souverain sacrificateur faisait propitiation pour le peuple et lui-même dans le lieu Très Saint du tabernacle, alors qu’aujourd’hui le sacrifice parfait de Yeshoua a fait de l’Eglise le tabernacle permanent du Seigneur, qui par son Esprit Saint habite dans le cœur de ceux qui sont couvert par le sang de l’agneau. Ce n’est plus l’homme qui entre dans la présence de Dieu, mais Dieu qui entre dans l’homme.

C’est dans cet esprit que je vous propose un instant de réflexion sur les relations entre Dieu et son Epouse, entre Christ et son Eglise. Cette relation est magnifiée dans le Cantique des Cantiques, qui pour être comprise parfaitement, devrait être chanté et non lu, ainsi apparaitraient entre les cœurs, le chant de la Sulammith, qui peut être compris comme le féminin de Salomon, ou l’amie « Raa’yah », nom décomposé entre  Raa’ qui a de nombreux sens: dont je retiendrais, la compagne ou la bergère qui fait paître le troupeau et Yah est une désignation de Dieu, soit la bergère de l’Eternel, mais le même mot peut se lire aussi « réya’a yah » ou pensée, dessein, projet divin. Puis viendrait celui du roi Salomon qui veut la faire entrer dans sa maison, son palais. Une joute amoureuse se déroule alors entre les deux principes du nom de la paix, Sulammith et Salomon. C’est en réintégrant ces notions élémentaires que l’on peut appréhender une partie du chant.

David, le grand roi d’Israël, a connu l’un de ces temps de repos après de nombreuses guerres et une vie très agitée (2 Sam. 7 ). Mais Dieu lui avait déclaré: « iI te naîtra un fils qui sera un homme de repos, à qui je donnerai du repos en le délivrant de ses ennemis; Salomon sera son nom » (1 Chr. 22:9-11). Dans ce texte, le repos est associé à la paix, la sécurité donnée par Dieu. En hébreu, Salomon (Shlomo) signifie « sa paix ». Ce substantif, qui vient lui-même du verbe schalam, être intact, accompli, renferme une idée plus large que notre mot paix, il désigne, en général, l’état heureux, le bon état des choses sous tous les rapports, de sorte que le nom qui en dérive pourrait se traduire par le prospère ou même l’accompli. En effet, le royaume d’Israël ne fut jamais aussi paisible et prestigieux qu’au temps de Salomon, on pourrait le penser abouti. Car c’est dans ce royaume « abouti » qu’il bâtit le Temple à Jérusalem la ville de la paix, le lieu de repos pour l’ETERNEL, le Dieu d’Israël (2 Chr. 6:41).

1 Rois 6 14  Après avoir achevé de bâtir la maison, 15 Salomon en revêtit intérieurement les murs de planches de cèdre, depuis le sol jusqu’au plafond ; il revêtit ainsi de bois l’intérieur, et il couvrit le sol de la maison de planches de cyprès. 16  Il revêtit de planches de cèdre les vingt coudées du fond de la maison, depuis le sol jusqu’au haut des murs, et il réserva cet espace pour en faire le sanctuaire, le lieu très saint. 17  Les quarante coudées sur le devant formaient la maison, c’est-à-dire le temple.

Cantique des Cantiques 16  Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimable ! Notre lit, c’est la verdure. – 17  Les solives de nos maisons sont des cèdres, Nos lambris sont des cyprès.

Unis à son Epoux, la Sulammith forme le Temple de Dieu, la maison de l’Eternel. Bonne fête du Yom Kippour.




Babylone ! Sortez du milieu d’elle, mon peuple!

31082011

Ap 18:4  Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. 5  Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités.

Régulièrement j’appelle les enfants de Dieu à sortir de Babylone et régulièrement on me demande comment faire et pour aller où ? Pour sortir de Babylone il faut d’abord la définir spirituellement selon la vision prophétique de la Bible. Pour ce faire je vais être très synthétique pour résumer au maximum ce vaste sujet, il appartiendra à chacun de le développer s’il veut vivre en communion avec le Christ. Car ignorer ces choses c’est mourir en étant absorbé par l’adversaire.

Depuis le jardin d’Eden, une rivalité et même une inimitié (Gen 3,15) sera mise entre la semence du serpent et celle de la femme, comprenez en cela qu’une guerre de 6000 ans va commencer entre les générations successives issues de Caïn inspirées par le Diable et les générations des fils de Dieu que guidera le Seigneur.  Pendant les 6000 ans de ce combat, un corps mystique se formera, celui de l’Epouse du Christ et qui aura pour pendant mystique, un autre corps dominé par Satan. Des images spirituelles illustrent cette réalité, l’arbre de vie pour les fils de Dieu, ou l’arbre de la connaissance pour les fils de Satan. Mais deux autres allégories bibliques détaillent mieux la chose. La statue de Daniel et la Bête de l’Apocalypse.

La statue de Daniel détaille les choses en partant de Daniel lui-même, jusqu’à l’avènement du Messie. On y apprend que la statue représente une succession d’empires, de Babylone jusqu’à la fin du monde, le tout se terminant par l’instauration du royaume éternel de Dieu. Tout ceci est à mon sens bien expliqué ici : http://www.cyberspaceministry.org/Lessons/Truth/Lesson34/fre-p34.html

Mais on peut développer les temps sur une période plus longue en partant du jardin d’Eden en prenant l’image de la Bête. Apocalypse 17 ; 7 Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. 10 Ce sont aussi sept rois: cinq sont tombés, un existe, l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit rester peu de temps. C’est ici l’intelligence qui a de la sagesse. La bête de l’Apocalypse est symbolisée par 7 têtes, qui sont aussi 7 collines sur lesquelles la femme est assise. Le nom de la femme est Babylone, un mystère. Le Seigneur fait la synthèse des temps à venir en nous donnant des indications précieuses. L’histoire commence avec une ville de 7 collines, Eridu où la royauté commença qui donnera le premier royaume, celui de Sumer avant le déluge. Puis tout de suite après le déluge s’élèvera celui d’Akkad qui absorbera Sumer et formera le second royaume. Le royaume d’Akkad disparaitra pour renaître du temps de Daniel et à partir de là, l’histoire devient la même que la statue. C’est plus détaillé ici : http://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE10.htm

Concernant l’empire romain. Ap 17 : 10 Ce sont aussi sept rois: cinq sont tombés, un existe, l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit rester peu de temps. Celui qui existe du temps de l’auteur de l’Apocalypse, l’empire romain, doit se reconstituer à la fin des temps, c’est l’Union européenne associée à l’Union pour la Méditerranée. Mais ce n’est pas seulement une union politique qui se forme, mais également une union spirituelle et religieuse. Apocalypse 13:3 Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. L’empire romain survivra spirituellement au travers des évêques de Rome qui reprendront le titre de pontifex maximus de l’empereur. Pendant la gouvernance des papes sur l’Europe du Moyen Age, ils vont développer des caractéristiques propres au catholicisme qui prendront toutes leurs mesures avec l’avènement de l’antéchrist pendant 1260 jours.  Un chef unique est nommé à la tête de l’Eglise, qui blasphème en combattant les saints. Changeant les jours et les temps,  pour à terme imposer Satan comme dieu représenté sous la forme de la reine du ciel. Tout ceci est expliqué en long, large en travers sur mon blog et bien d’autres sites.

Aujourd’hui les choses ont suffisamment avancées pour que les signes de la bête soient déjà présents.  C’est la représentation de la couronne mariale sur le drapeau européen et l’euro. Le signe sur le front c’est l’acceptation des lois européennes et le signe sur la main est utilisé quand vous payez avec l’euro. Ainsi la malédiction n’est plus à venir, mais elle est déjà là. Utilisez le moteur de recherche interne au blog sur la monnaie, Maastricht ou Lisbonne pour plus de détails.

Maintenant comment sortir de Babylone ? Pour les juifs c’est simple, on retourne en Israël pour faire son  Alyah en suivant Yeshoua. Pour les européens qui veulent suivre Jésus en Esprit et vérité, une sérieuse remise en cause de leurs pratiques religieuses doit être envisagée. Il faut se replacer sur l’arbre de vie, l’olivier franc, en restaurant les jours et les temps de l’Eternel qui ne sont pas incompatibles avec le christianisme, bien au contraire. C’est restaurer le shabbat, les fêtes de l’Eternel avec prise de la sainte cène au sein des familles au moment des fêtes de l’Eternel. C’est sortir des dénominations pour former des églises de maison et redonner au chef de famille sa dimension biblique. C’est s’abstenir de participer à la construction européenne en votant ou soutenant les hommes politiques ou religieux qui œuvre à l’avènement de la bête. C’est être clairement du côté d’Israël et soutenir l’œuvre du Seigneur dans ce pays en les soutenants aussi financièrement. Personnellement je paye désormais mes impôts au KKL, donc à Israël, en faisant un don, cela augmente mes impôts de 50%, mais donne un signe clair à l’adversaire en convertissant mes euros en shekels. C’est soutenir des œuvres comme les prisonniers en Israël, qui aujourd’hui représentent la première église d’importance en Israël avec 200 membres de juifs messianiques regroupés en un même lieu. En agissant ainsi vous effacerez la marque de bête sur votre front et votre main et vous entrerez dans un autre royaume, celui des cieux.  




Le mystère des cathédrales – 17

20082011

Poursuivons l’exploration symbolique de la « Dame du lieu » qui trône au centre du portail de la Vierge dans la cathédrale Notre Dame de Paris. Certains personnages et éléments y apparaissent, bien que sévèrement condamnés dans la Bible. Ainsi Lilith, des sibylles ou le zodiaque sont représentés,  comme éléments confortant le rôle de la Vierge.

Commençons par Lilith représentée dans l’Arbre de vie. Normalement Lilith qui n’apparait qu’une seule fois dans la Bible dans le livre d’Esaïe ne devrait pas se trouver dans cet arbre. Lilith a été assimilée, par le judéo-christianisme, à un démon et à une incarnation du péché. Mais Lilith apparaît, à l’origine, dans le monde mésopotamien, comme un aspect de la Grande Déesse. Son nom doit vraisemblablement être rapproché de celui de la déesse suméro-akkadienne Lilitû, également connue sous le nom d’Ardat Lili, ce qui signifie « servante de Lilû ». Ce dernier, dont le nom semble signifier « libertinage », est un démon mâle, héritier du Lil (=vent) sumérien, esprit licencieux et lascif qui abuse des femmes durant leur sommeil, à l’instar des démons incubes. Ardat Lili, quant à elle, apparaît comme un démon féminin excitant la volupté. Décrite comme une démone lascive excitant la volupté, comme la servante d’un démon mâle -Lilû, donc-, tout à la fois « vierge stérile », nocturne et luxurieuse, Lilith est aussi parfois perçue, comme un des aspects négatifs de la Grande Déesse, la Déesse-Mère.

 

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Lilith était déjà connue la mythologie babylonienne, de même que dans certaines légendes assyriennes qui la décrivent comme hantant les lieux et les déserts maudits. La Bible reprendra cette image. L’on distingue, en général, deux aspects fondamentaux de la Grande Déesse. L’un est celui de la Déesse-Mère, nourricière, féconde, maternelle, l’autre est celui de la Grande Déesse guerrière, vierge ou, au contraire, patronnant la prostitution sacrée, mais toujours combattante et généralement sanglante. Ses noms sont innombrables : l’Hindoue Kâlî, tueuse de démons, issue du front de Durgâ, la « déesse aux fauves » ; Cybèle parfois considérée par le christianisme comme la grand-mère de Satan et dont les prêtres s’arrachaient les parties génitales pour ressembler à l’infortuné Attis ; l’ « Oeil de Rê », terme qui désigne les déesses lionnes de la tradition égyptienne (Sekhmet, Pakhet.) dont la fureur meurtrière s’abattait sur l’humanité pour la punir de son impiété et de ses péchés ; Hécate et ses chiens aux yeux de braise.

De source sémitique, le nom de Lilith serait à rapprocher du terme hébreu « laïl » qui signifie « nuit ». De fait, Lilith est intimement liée à Leïla ou Laylah qui est la « Nuit » ou l’ »Esprit de la Nuit ». Elle est aussi la « Lune noire », celle-ci occupant une place importante dans les rituels magiques et religieux de la Mésopotamie et du monde hébraïque. Lilith est donc naturellement présentée, comme nous l’avons déjà dit, comme un être nocturne auquel la tradition biblique a d’ailleurs donné le nom de « Spectre des Nuits » (Isaïe 34 :14) : 14  Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages, Et les boucs s’y appelleront les uns les autres ; Là le spectre de la nuit aura sa demeure, Et trouvera son lieu de repos

Mais le raccourcit classique qui identifie Lilith à un esprit succube, que présente la tradition juive ou chrétienne est trop rapide à mon sens. Car si effectivement Esaïe fut fortement influencé par les croyances de son époque, l’Esprit Saint qui lui a inspiré le texte, ne l’était en aucune manière. Il convient de replacer Lilith dans son environnement biblique original, pour comprendre à qui on a affaire. Lilith est placé dans un environnement très particulier, le désert d’Edom (rouge). 34 : 9 Les torrents d’Edom seront changés en poix, Et sa poussière en soufre ; Et sa terre sera comme de la poix qui brûle. 10  Elle ne s’éteindra ni jour ni nuit, La fumée s’en élèvera éternellement ; D’âge en âge elle sera désolée, A tout jamais personne n’y passera. Il s’agit là de l’enfer, destination des démons, Satan leur chef à leur tête. On le comprend mieux encore, quand on met le désert d’Edom en parallèle avec le désert qui suit au chapitre suivant. Esaïe 35 : 1 Le désert et le pays aride se réjouiront ; La solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse ;… 7  Le mirage se changera en étang Et la terre desséchée en sources d’eaux ; Dans le repaire qui servait de gîte aux chacals, Croîtront des roseaux et des joncs.8  Il y aura là un chemin frayé, une route, Qu’on appellera la voie sainte ;… 9  Sur cette route, point de lion ; Nulle bête féroce ne la prendra, Nulle ne s’y rencontrera ; Les délivrés y marcheront. 10  Les rachetés de l’Eternel retourneront, Ils iront à Sion avec chants de triomphe, Le chapitre 35 annonce le Messie et le millenium. Les chapitres 34 et 35 sont indissociables, ils sont comme des miroirs se  renvoyant les mêmes images, mais inversés. Si donc le chapitre 35 renvoie au Messie, Dieu fait homme et lumière du monde, logiquement son image inverse représente la femme faite déesse des ténèbres. Et c’est bien ce que le nom Lilith signifie pour moi, si on le décompose : Lilith – en hébreu לילית – du mot « layili », les nuits לילי et « fille » en hébreu > בת : bat, soit la fille des nuits (ténèbres). Dans le chapitre 34 d’Esaïe, non seulement le nom du diable est révélé, mais aussi le lieu où il finira, l’enfer. Apocalypse 20 : 10  Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.

S’il y a bien un texte dans la Bible qui terrifie le diable, c’est bien celui-ci, car non seulement son nom véritable est dévoilé, mais en plus il révèle quelle sera sa destination finale, ainsi que ceux qui le suivent. Alors comme un exorcisme, l’adversaire, le serpent ancien, le diable, Lilith, agira au travers des siècles et des civilisations qui se succèdent pour inverser le cours des choses et des temps. Il pervertira l’âme des femmes afin qu’elles corrompent les hommes par leurs charmes et prostitutions. Ge 6:2  les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent…. 5  L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. 6 L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur.7  Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé. Corrompre l’homme, revient à changer les plans de Dieu et mener jusqu’à l’anéantissement de toute l’humanité, comme au Déluge.

Voilà pourquoi,  brusquement en plein Moyen Age, réapparait une image de Lilith qui n’a aucunement sa place dans le jardin d’Eden. Sauf si on en fait une lecture inspirée qui révèle la nature du péché d’Eve, soit la luxure. Sur les cathédrales, le diable prend donc le risque de se dévoiler sous son identité véritable, en absorbant les principes de la divinité au travers de l’image de la Vierge Marie reine du ciel, qui repose sur son fondement véritable, Lilith. Il présente simultanément les deux visages de la déesse mère, la Vierge corruptrice et la Vierge mère. N’oublions pas qu’en ce temps-là, le catholicisme est triomphant, le pape règne temporellement et l’Eglise est en guerre ouverte contre les juifs et les hérétiques, soit les fils de Dieu que le diable cherche à éradiquer ou mieux à convertir à sa cause, en les forçant si nécessaire. La victoire est donc envisageable et le cours de l’histoire pourrait être modifié, car le monde se soumet progressivement à une Eglise universelle dans son principe corrupteur et qui est appelée Grande Prostituée à cause de l’Esprit qui l’anime, celui de Lilith.

L’image de la Vierge comme corps de l’Eglise associé au fils qu’elle tient, renvoie à la Mère de l’Eglise comme corps ayant à sa tête le vicarius fili dei, le remplaçant du fils de Dieu, le pape, le tout formant le corps mystique de l’Eglise de Lilith et qui représente le chapitre 34 d’Esaïe. Pour lui faire face il y a le chapitre 35, l’Epouse véritable qui à Jésus Christ à sa tête. Soit au travers de la femme deux semences entre lesquelles l’Eternel a mis une inimitié et qui s’affronteront jusqu’au terme des jours.  

Le cœur de la femme est donc au centre du combat spirituel que mène le diable. Quand il y pénètre, il est certain de sa victoire, car même le grand roi Salomon succomba à leurs charmes, malgré son immense sagesse. Mais à contrario remarquez comment le livres des proverbes s’achève. Proverbes 31 : 28  Ses fils se lèvent, et la disent heureuse ; Son mari se lève, et lui donne des louanges: 29  Plusieurs filles ont une conduite vertueuse ; Mais toi, tu les surpasses toutes. 30  La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; La femme qui craint l’Eternel est celle qui sera louée. 31  Récompensez-la du fruit de son travail, Et qu’aux portes ses œuvres la louent. Ses œuvres la louent elle, ALLELUHA. Dans la Bible la louange ne va que vers l’Eternel, Alléluia (loué soit le Seigneur), sauf au terme du livre de la sagesse, dans les proverbes, où la femme vertueuse est louée au travers de la Bible par Dieu Lui-même. Jamais un homme, si ce n’est le Messie n’aura cet honneur. Heureux sont les hommes qui ont pour épouse ces femmes sur lesquelles repose l’Esprit-Saint. Elles sont l’espoir de l’Eglise du Christ.  

 




Le mystère des cathédrales – 16

17082011

Un des éléments les plus chargé symboliquement à la cathédrale Notre Dame de Paris, est le trumeau central du portail de la Vierge. Dans la partie inférieure, au-dessus du trumeau, nous distinguons sous un dais représentant la Jérusalem Céleste et un grand coffre : c’est l’Arche d’Alliance. Marie est considérée maintenant comme la nouvelle Arche d’Alliance. L’Arche d’Alliance contenait les tables de la loi, la manne et le bâton de Moïse. Dire que Marie enceinte de Jésus qu’elle est la nouvelle arche d’alliance, signifie dans le catholicisme que Marie porte celui qui est la nouvelle Torah (alliance) et la nouvelle manne, ce pain descendu du ciel…

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Parmi les nombreux glissements théologiques catholiques qui visent à parfaire l’image de Myriam pour en faire une nouvelle arche d’alliance, celui de la visitation est très largement commenté depuis les origines du culte marial. Mais le trait théologique qui souligne le plus fortement la liaison arche/Vierge est dans l’Apocalypse 11 : 19  Et le temple de Dieu dans le ciel s’ouvrit, et l’arche de l’alliance apparut dans son temple. Alors il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une forte grêle. 1  Un grand signe apparut dans le ciel: une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. 2  Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l’enfantement. 5  Elle mit au monde un fils, un enfant mâle; c’est lui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône.

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L’apostasie catholique enseigne, que Jean veut nous montrer que Marie était dès l’origine montré comme l’arche de la nouvelle alliance. Car dans la pensée catholique, l’apocalypse prétend « révéler » que la nouvelle arche c’est Marie.  Il n’est pas question ici du temple de Dieu sur terre comme nous le montre le verset 11, 19. Mais de celui qui est dans le ciel ! Elle apparait ici dans le Saint des Saints du Sanctuaire céleste accompagné des manifestations de Dieu concernant les temps de la fin. Des éclairs; Des secousses; Et une forte grêle. Nous aurions affaire ici à une révélation, un dévoilement, et comme disait l’apôtre Paul : « Oui, jusqu’à ce jour, chaque fois qu’ils lisent Moïse, un voile est sur leur cœur. » (2 Corinthiens 3, 15) et ce dévoilement nous révèle cette femme qui est la Mère du Fils du Très Haut. Certains disent qu’il s’agirait d’Israël, cette interprétation n’est pas entièrement fausse mais l’application à Marie la vierge semble plus approprié au vu des nombreuses prostitutions d’Israël (cf. Jérémie. Or, Jésus est né d’une vierge !  D’autres pensent qu’il s’agit de l’Église, mais l’église ne met pas le Christ au monde ! Il semble que la chose soit clair dans l’esprit de Jean, car Jean dépeint ici la Mère de Jésus Roi des rois, Seigneur des seigneur. Les douleurs de l’enfantement de l’Apocalypse n’ont donc pas vraiment quelque chose à voir avec un accouchement physique, mais se rapprochent de celles de Paul où il parlait des douleurs de l’enfantement qu’il éprouvait en Galates 4, 19. Marie est donc représentée comme le corps de l’Epouse mystique du Christ, la Mère des croyants et l’Eve nouvelle. C’est de cette apostasie qu’est prise l’image de la couronne mariale qui est représentée par les 12 étoiles sur le drapeau européen moderne.

A l’Epouse mystique mariale, l’image d’une parèdre associée au nouvel Adam sera ajoutée. Cette association d’idées est parfaitement représentée dans le trumeau de la Vierge.  Sous ses pieds, une représentation de la tentation dans le jardin d’Eden où apparait Eve, qui est la raison du péché dans le monde, fait le parallèle avec la Vierge Marie présentée comme une nouvelle Eve, que la doctrine sur l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge qui apparut à la fin du XIe siècle à Lyon, expose désormais préservée intacte de toute tache du péché originel.

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Ce concept nouveau  est un point essentiel de l’apostasie catholique qui est développé dans la vaste synthèse de l’Evêque Irénée de Lyon qui voit en elle une nouvelle Eve. En lisant les textes irénéens on y découvre qu’Eve, la vierge, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour le genre  humain. Un nœud de péché et de mort est constitué, qui liera toute l’humanité. Mais le  nouvel  Adam,  par  son  obéissance,  a  produit  des  fruits  de  vie  chez  les  hommes  qui  avaient  été  enfermés  dans  la  mort  par  la  désobéissance  d’Adam.  Le  Christ  récapitule  donc Adam. Et parallèle («consequenter»), Marie, la vierge, par son obéissance, opère  un retournement dans la situation engendrée par Eve, et défait le nœud que l’humanité  héritait  de  son  ancêtre :  Marie  devient  cause  de  salut  pour  elle-même  et  pour  tout  le  genre humain. Comme  Eve  a collaboré avec Satan en provoquant la chute de l’humanité en trompant Adam, Marie, la  nouvelle Eve, est collaborant à la divine miséricorde de Dieu. Marie est en union avec la  volonté du Père. Cette collaboration de Marie est trinitaire. Marie est donc le contraire  d’Eve déchue, elle est la restauration de la féminité idéale. Elle est la femme restaurée et  rachetée, avant même que son Fils divin ait versé son Sang purifiant. Selon Irénée nous retenons qu’un homme et une femme furent au principe de l’humanité: Adam et Eve. Lorsque les temps sont accomplis, ils sont récapitulés par un Homme et une Femme, le Christ et la Vierge qui, non seulement les sauvent de la mort, mais  deviennent respectivement Principe et Mère de la Vie pour tout le genre humain. 

Nous sommes ici, dans ces concepts apostats qui déifient la Vierge en l’associant à l’arche d’alliance ou à la nouvelle Eve pure et sans tache, dans la quintessence du tout si on l’associe au commencement de l’histoire biblique, là où tout débute et se dévoile dans toute sa nudité originelle. Mais il faut pénétrer l’essence même du Verbe divin, pour comprendre le cheminement de la logique satanique qui 5000 ans plus tard permettra de construire les bibles antéchrists des cathédrales. Dans le jardin d’Eden la Bible présente les choses sans voile, tout y est mis à nu et exposé clairement si on sait le lire spirituellement. Adam et Eve, l’image terrestre de Dieu puisqu’Adam fut fait à l’image de Dieu, sont nus et le serpent qui est rusé l’est également, car Le mot que la Bible emploie pour le serpent, rusé-intelligent (« eirom ») est très proche du mot nu (« aroum ערום « ) qui est employé en Genèse 2 : 25. Une idée forte se dégage dans le chapitre 2 de la création de l’épouse, c’est l’association d’idée entre bâtir le féminin d’Adam et construire parallèlement dans le ciel l’Epouse, la Jérusalem céleste.

Entrons dans le détail : en général, nous lisons dans nos bibles, quelles qu’elles soient : Dieu prit l’une de ses côtes,… Il  est  clair,  il  est  évident  que  le  mot  hébreu  que  l’on traduit  par côte  – tséla du  verbe tsala’, pencher  d’un  côté, boiter –  n’a  jamais,  au  grand jamais, voulu dire côte, mais côté. Car le mot tséla, « côté », désigne presque toujours, de manière abstraite, ce qui est à côté, ou encore les annexes latérales, distinctes du corps principal ; ce n’est jamais une côte. Toutes les fois qu’on le rencontre dans la Bible, ce mot est traduit par côté et les prochaines occurrences qui suivent la création de la femme, renvoient aux différents éléments du tabernacle et leurs côtés.  Une  seule  fois  il  est  traduit  par côte…  et  c’est  dans  ce  texte !  Il  n’y  a  aucune raison pour que ce qui est côté ailleurs soit « côte » ici !  Soyons clairs : le Seigneur Dieu prit un des côtés de l’Adam, soit sa moitié et referma la chair à sa place. Au verset 22 le texte ne dit pas que Dieu, de la côte qu’il avait retirée de l’homme, façonna une femme, mais qu’il façonna le côté qu’il avait pris de l’Adam en une femme, nuance. Poussons plus loin. L’homme au commencement fut fait à l’image de Dieu et rayonnait de la lumière divine, et la peau est venue couvrir la lumière. Or, en hébreu, le mot peau est obtenu en remplaçant, dans le mot lumière, la première lettre aleph (gutturale silencieuse) par la lettre ’ayn (gutturale sonore). La même transformation littérale fait passer du verbe or, racine du mot lumière (briller, illuminer), au verbe ’or, racine du mot peau, dont le sens est « dénuder, être mis à nu ». Comme un tabernacle de peau, l’homme contient le divin et Dieu le partage en deux parties distinctes comme celui donné en modèle à Moïse et dont la nudité de la chair cache la lumière de Dieu.

De l’Adam dont la chair cache la lumière, Dieu façonna,  le côté qu’Il prit de l’Adam pour former une femme. Façonna  est un mot beaucoup trop faible ! Le verbe ‘banah’ utilisé ici signifie bâtir, construire (en Genèse pratiquement toutes les occurrences de ce verbe concernent la construction d’une ville, tour ou autel). On pourrait dire : « Le Seigneur construisit le côté qu’il avait pris à l’Adam pour en faire une femme ».  Le verbe ‘banah’ est également utilisé quand une femme veut se « bâtir » une postérité au travers d’une autre femme, comme les matriarches avec leurs servantes et concubines.  En voyant ce que Dieu faisait en créant Eve, Satan comprit alors que c’est l’Epouse même de Dieu qu’Il venait de créer au travers de sa semence, ou génération, à venir. Et c’est à ce moment-là qu’il se dit en son cœur: Je monterai au ciel, J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, A l’extrémité du septentrion; Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très-Haut Esaïe 14. Pour Satan prendre le dessus sur Eve et la posséder spirituellement, équivalait donc à se saisir de la divinité et du trône de Dieu, et c’est ce qu’il va essayer de faire. Au centre du jardin il y a deux arbres, qui sont également deux associations. L’Arbre de vie représente l’association de Dieu et des hommes. L’arbre de la connaissance joue avec le terme hébreu connaissance qui signifie également unir dans la chair. L’idée de base est celle-ci : si vous restez unis à Moi, vous restez dans la lumière et vous vivrez, mais si vous unissez vous corps dans un esprit impur vous mourrez.

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Par le doute et le mensonge, le serpent va corrompre Eve en prenant l’ascendant spirituel sur elle et ainsi « bâtir » une nouvelle femme à son image. « Vous ne mourrez pas, mais serez comme Elohim ». Kelohim en hébreu, valeur numérique 666, symboliquement représenté par l’arbre de la connaissance ou de l’union charnel. La sexualité peut être considérée comme l’antithèse de la spiritualité, car rien n’est plus charnel que le sexe. Dieu on le sait, cherche avant toute chose à élever l’âme de l’homme spirituellement afin que dans l’Esprit, l’homme et Dieu se connaissent et ne forment plus qu’un. Puis, quand l’homme ou la femme a atteint sa pleine maturité spirituelle, alors Dieu conduit lui-même la femme vers l’homme afin qu’ils se connaissent et ne forment plus qu’un. Ainsi dans l’Esprit une nouvelle unité se construit bénit par le Père et qui va elle aussi devenir une source de vie, un arbre de vie. Bénit de Dieu la sexualité n’est pas un interdit ou une honte, bien au contraire, c’est même un aboutissement dans la volonté de Dieu, une bénédiction qui élève encore plus l’âme de l’homme, car l’amour et l’union dans l’amour, sont la clé des relations entre le créateur et sa création. L’amour à fait qu’aujourd’hui l’univers et l’homme existe. Mais le diable ne l’entend point ainsi et il sait qu’il peut corrompre les fils de Dieu par la chair.  Désormais le diable tient sa victoire. Il domine la situation, il couvre par le péché la femme, son esprit pénètre en elle et la possède. Le diable veut désormais que le couple divin se connaissent et ne forment qu’un dans son esprit, celui de la luxure, la lubricité, la honte de la perversion et du vice charnel. C’est dans cet état de perversion qu’ils pensent être comme Elohim, qu’Eve pense posséder les secrets de la vie et faire un homme, le posséder pour elle seule comme un dieu. Mais Eve a été trompé, ce n’est pas elle qui est devenue un dieu, c’est le diable qui la séduite par ses charmes et enchantements, pour la corrompre et voler sa couronne en pénétrant en elle. A ce stade, Eve a prêté son corps au diable et ils se connaissent pour former l’arbre du bien et du mal. Je développe ces choses plus longuement ici : http://lettrealepouse.free.fr/menora/babylone%202/bab01.htm

Comme le diable s’est emparé du côté (tséla)  d’Adam en possédant la femme, il va également vouloir la bâtir (banah) comme une épouse alternative, une concubine qui par sa postérité représentera la divinité recherchée par Satan. Mais Dieu intervient : Gen 3 : 14 L’Eternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 15  Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta semence et sa semence : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. Maintenant deux voies alternatives sont ouvertes par deux postérités qui se feront la guerre, jusqu’à ce que l’une l’emporte sur l’autre.

Désormais le féminin divin va devoir se reconstruire (banah), non plus par Eve, mais par sa semence en Jésus Christ, sa postérité. C’est dans cet esprit que se développe Matthieu 16 : 13 Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? 14  Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. 15  Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? 16  Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. 17  Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. 18  Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. 19  Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. 20  Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. Après tout ce que vous venez de lire, reprenez le texte mais en hébreu. « Tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Bâtir est ‘banah’ en hébreu, d’où l’on tire ‘eben’ la pierre et le fils ‘ben’ puisque ‘banah’ est également utilisé quand une femme veut se « bâtir » une postérité au travers d’une autre femme. Par Jésus, la semence divine, le fils (ben),  qui écrase la tête du serpent, le Verbe divin révèle comment Dieu restitue l’Epouse à son Fils le nouvel Adam. Car tu es Pierre (eben) et sur cette pierre  (eben) je bâtirai (banah) mon Église (Epouse) . Quand l’Esprit Saint pénètre l’Epouse et lui révèle qui est le fils (ben) et Epoux, alors sur cette pierre (eben), la révélation par le Saint Esprit, l’Epoux bâtira (banah) son Eglise et Epouse. L’Eternel a donc donné à son Fils une Epouse spirituelle qu’Il a bâti (banah) par génération successive comme ses enfants (banah) qui sont autant de pierres (eben) assemblant l’édifice (banah) qui est le temple du Dieu vivant. C’est pour cela qu’il est écrit de l’assemblée des fils de Dieu, Ap 21:2  Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.  3  Et j’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux.

Mais ce que veut faire le Seigneur avec son Epouse, Satan, dans un esprit diamétralement opposé, cherchera à le reproduire par sa semence en Caïn. Très vite l’esprit qui l’anime se révèlera par le meurtre de son frère Abel (le souffle, l’esprit) et la malédiction qui le frappera. Puis Caïn connut sa femme; elle conçut, et enfanta Hénoc. Il bâtit (Banah) ensuite une ville, et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc. Au travers de sa semence maudite, Satan va se bâtir toute une civilisation dont la ville sera le centre. Le monde et les villes deviendront les centres de développement de la semence du serpent, l’anti-Epouse divine, en quelque sorte. En Gen 11 : Ils dirent encore: Allons ! bâtissons (Banah)-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. Avec la tour de Babel, le premier défi religieux est lancé contre Dieu Lui-même. Désormais les ziggourats mésopotamiennes croîtrons en majesté, jusqu’à devenir une ville temple, Babylone. La porte du dieu de ce monde, Satan. Une fois le principe établit, il se poursuivra d’âge en âge, c’est l’image de la statue de Daniel.

Au terme des jours. Une fois le corps comme édifice constitué, le fils (ben) comme pierre (eben) d’angle principale brisera et écrasera l’épouse bâtit (banah) illégitimement par l’adversaire.  C’est ainsi que Daniel révèle la chute de Babylone et des royaumes qui lui succèderont. Daniel 2 Au temps de ces rois, le Dieu du Ciel dressera un royaume qui jamais ne sera détruit, et ce royaume ne passera pas à un autre peuple. Il écrasera et anéantira tous ces royaumes, et lui-même subsistera à jamais : de même, tu as vu une pierre se détacher de la montagne, sans que main l’eût touchée, et réduire en poussière fer, bronze, terre cuite, argent et or. Le Grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver. Tel est véritablement le songe, et sûre en est l’interprétation.

Les nuances sémantiques du Verbe divin échappent au plus grand nombre, car abstraites et sont difficiles à saisir, c’est pourquoi Paul dit en Eph 5 : 32  Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. Mais l’Esprit Saint prend toujours le dessus et rétablit toutes choses. Si j’ai développé ainsi les choses, c’est pour faire le parallèle entre l’apostasie mariale qui se présente comme alternative à l’Epouse véritable. Dans le catholicisme, on inverse systématiquement les valeurs bibliques, tout en s’en accaparant la forme. Grâce au principe d’inversion des valeurs, la Vierge Marie devient la nouvelle Eve et le Pape le successeur de l’apôtre Pierre en se référant à Matthieu 16 qui parle de tout autre chose que de papauté

Associé Myriam, une humble servante, à la reine du ciel présentée comme la nouvelle Eve, ou comme l’Arche d’Alliance qui parait dans l’Apocalypse, revient à projeter l’ombre mariale sur l’ensemble de la Bible. Ce n’est plus Jésus qui est la Parole faite chair, Jean 1 : 14  Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père, mais c’est la Vierge qui se révèle dans le Verbe. La mariolâtrie est devenu au Moyen Age, l’expression d’une foi nouvelle qui a absorbé le principe messianique à son profit par une doctrine plaçant Marie de Nazareth comme l’égale de Dieu. Ce principe se développe au cœur des villes médiévales qui reprennent leur essor. Durant le haut Moyen Âge, le réseau des cités hérité de l’Empire romain s’est maintenu tout en changeant radicalement de fonction. La cité est devenue la résidence de l’évêque (appelé le defensor civitatis), chef-lieu de diocèse et centre de pouvoir du comte. Puis, Les villes, “assoupies” durant le haut Moyen Âge, se réveillent à partir du XIe siècle. Les richesses étant absorbées par l’Eglise, elles vont à partir d’édifices religieux toujours plus grandioses contribuer à l’essor des cités. La semence du serpent par Caïn revient à sa vraie nature, bâtir des villes, élever des tours et massacrer les fils de Dieu, jugés comme des hérétiques.




Le mystère des cathédrales – 15

14082011

Apocalypse 17 : 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. S’il y a vraiment un endroit sur terre où ce verset prend une dimension spirituelle très particulière, c’est sur les portes des cathédrales où le message gravé dans la pierre révèle aux initiés, les mystères de la Grande Prostituée. Et si parmi ces nombreuses portes beaucoup illustrent ces mystères, la porte de la Vierge de la cathédrale Notre Dame de Paris est particulièrement remarquable dans ce sens.

Le nom de Babylone vient du pré-sumérien Babulu , que les Akkadiens décomposent en bab-ilim , la Porte du Dieu, devenu bab-ilani, la Porte des Dieux. Les Grecs ont traduit ce nom en Babulon , qui a été repris ensuite par les Européens. Babylone porte ce nom parce qu’elle était le centre spirituel du pays où les temples principaux étaient construits. La ville était le passage qui permettait l’accès aux dieux. Les jours de fêtes religieuses on y entrait par la porte cérémonielle d’Ishtar, qui était le syncrétisme de toutes les croyances babyloniennes. La porte bleue d’Ishtar, qui était l’entrée principale de Babylone, symbolise le ciel où vivent les dieux, et en suivant la voie royale en procession, le peuple « monte » donc vers ses dieux en passant symboliquement des portes célestes, la ville elle-même étant l’ultime porte. La déesse y était représentée par un lion et Marduk le dieu tutélaire de la ville par un taureau qui tue le dragon Tiamat pour en façonner le ciel et la terre. Marduk suscita pour les dieux sur la voute céleste des astres à leurs images, dont la division donnera le zodiaque. Ainsi le temps était marqué par les dieux et les saisons par la vie, la mort et la résurrection de la déesse Ishtar, la reine du ciel. Les adorateurs d’Ishtar l’appelaient « la Sainte Vierge », et ils la priaient d’intercéder auprès des dieux irrités. Dans Les religions de Babylonie et d’Assyrie, Edouard Dhorme, orientaliste français, déclare à propos d’Ishtar : “ Elle est la déesse, la dame, la mère miséricordieuse, celle qui écoute la prière, celle qui intercède auprès des dieux irrités. [...] Elle devient la déesse des déesses, la reine de tous les dieux. ” Pour un examen objectif des faits, voir l’étude très complète de E.O. James, Le culte de la déesse-mère dans l’histoire des religions, Editions Le Mail, 1989. Cet ancien professeur d’Histoire des Religions à l’Université de Londres étudie le développement de ce concept de divinité à partir de ses origines jusqu’à sa transformation chez les catholiques en Mater Ecclesia, principe vivant de l’Eglise, qu’on associa plus tard aux images de la Madone. De Babylone le culte de la Mère et de l’enfant se répandit jusqu’au bout du monde. Ce prototype babylonien est la source du culte ultérieur des déesses-mères Tous ces symboles vont maintenant retrouver une nouvelle place dans l’histoire au travers des cathédrales.

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Le Portail de la Vierge, largement restauré au 19ème siècle, est le portail de la façade occidentale situé à gauche. Il a été installé dans les années 1210-1220, donc après le portail Sainte-Anne. Il retrace, selon la tradition de l’Eglise catholique, la mort de Marie, sa montée au Paradis et son couronnement en tant que reine du Ciel. Juste au-dessus des deux portes, sur le linteau inférieur, trois prophètes à gauche, trois rois de l’Ancien Testament à droite, tiennent des phylactères indiquant que la promesse de Dieu a été accomplie : Jésus est venu sauver l’humanité. Juste au-dessus, sur le linteau supérieur, Marie repose sur son lit de mort entourée par Jésus et par les douze Apôtres. Deux anges placés à la tête et aux pieds de Marie soulèvent son linceul et l’emportent au Paradis. Au centre du tympan, nous retrouvons Marie, au Paradis, assise sur le même trône que Jésus. Elle est alors couronnée par un ange tandis que Jésus la bénit et lui donne le sceptre. Elle est ainsi devenue reine du Ciel, Regina Cæli, devant toute la Cour céleste composée d’anges, de patriarches, de rois et de prophètes installés dans les quatre voussures successives.  

Dans les tous débuts du christianisme, il n’est guère question de la Vierge Marie. Dans le Nouveau Testament, son rôle est très secondaire : elle n’est que la mère biologique de Jésus. Paul, quant à lui, ne fait aucune allusion à Marie, ni à Marie-Madeleine, d’ailleurs. Pour Paul, en effet, la nouvelle Eve, c’est l’Eglise, Epouse du Nouvel Adam : le Christ. Personne ne sait donc rien de la mort de Myriam de Nazareth, ni les circonstances, ni le lieu, ni le moment. Un texte apocryphe intitulé Dormition de Marie, dont l’auteur est inconnu mais que la tradition a attribué à un Pseudo-Jean, probablement écrit en grec à l’origine, entre le Ve et la fin du VIe siècle, et qui a eu de nombreuses versions, a largement diffusé un récit de la mort de Marie, sa dormition, dont l’empereur Maurice, au VIe siècle, a fixé la fête au 15 août.  En Occident, Grégoire de Tours est le premier à en faire mention, à la fin du VIe siècle. Il s’appuie apparemment sur un corpus de textes apocryphes, appelés collectivement le Transitus Mariæ, généralement rattaché au Ve siècle. Cet ensemble de textes est explicitement désigné par Gélase Ier en 495-496, comme étant « à ne pas retenir » car apocryphe, jugement qui porte sur cette compilation et non sur la croyance en elle-même. Selon cette tradition, Marie rencontre sur le mont des Oliviers un ange qui lui remet une palme de l’arbre de vie et lui annonce sa mort prochaine. Marie rentre chez elle et fait part de la nouvelle à son entourage. Miraculeusement, les apôtres reviennent des différents endroits où ils sont partis prêcher, afin de l’entourer. Jésus apparaît entouré d’anges pour recevoir l’âme de sa mère, qu’il confie à l’archange Michel. Les apôtres enterrent le corps au pied du mont des Oliviers. Quelques jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau et emporte le corps au Paradis, où l’âme et le corps de Marie sont réunis.

C’est en Syrie, terre de la Déesse-Mère, que naît la source lyrique du culte de Marie. La maternité de Marie y apparaît comme le correspondant de la paternité du Père. Le premier chantre de Marie sera saint Éphrem (+373), moine originaire de Mésopotamie devenu ermite. Il s’adresse à Marie en soulignant la pureté de son âme comme celle de son corps, ce qui lui permet d’être la demeure de la grâce et de l’Esprit-Saint. Les Pères de l’Église ont insisté sur la chasteté de Marie, condition essentielle au rachat de l’humanité, déchue depuis la souillure primordiale. C’est par Marie que les chrétiens pourront rejoindre son Fils et obtenir leur salut. À la même période, dans l’Église latine, saint Ambroise a pour louer Marie des accents mystiques peu habituels chez les Occidentaux. Il donne la Vierge en exemple en tant que modèle de la virginité. À ses yeux, elle possède toutes les vertus féminines, soit la pureté, l’humilité, l’obéissance, la prudence, la compassion et le courage. Les cinq traités qu’Ambroise consacre à la virginité font de lui le fondateur de la littérature mariale. Dès ce moment, le culte de Marie Mère de Dieu se répand dans l’Église, et d’autant plus aisément que les écrits de l’évêque de Milan sont empreints d’une tendre piété.

Cette période de l’histoire de l’Église est marquée par l’affirmation des dogmes. Il devint donc nécessaire de proclamer la maternité divine comme un dogme. Cela eut lieu à la suite de deux conciles. Le premier se tint en 431 à Éphèse, patrie d’Artémis. C’est curieusement sur les ruines de son temple qu’est construite une église dédiée à Marie. Là, justement, dans la ville si fameuse pour la dévotion qu’elle vouait à Artémis (Diane pour les Romains), où l’image de cette déesse serait tombée du ciel, dans les murs du grand temple qui était dédié depuis 330 avant notre ère à la Magna Mater et qui contenait, selon la tradition, une résidence temporaire de Marie, le titre de ‘mère de Dieu’ pouvait difficilement manquer de lui être attribué. Ephèse fut le creuset où le culte païen de la déesse-mère fut christianisé et transformé en dévotion fervente vouée à Marie faite « Mère de Dieu ».  C’est aux chrétiens d’Ephèse que l’apôtre Paul avait annoncé une telle dérive (Actes 20:17-30, 2 Thessaloniciens 2:3).

 En 451, le concile de Chalcédoine proclama Marie Théotokos, c’est-à-dire Mère de Dieu. Ce terme est d’origine populaire et permettait à la sensibilité des chrétiens de s’exprimer dans la foi. Chez les Pères de l’Église grecque, Grégoire de Nysse, au IVe siècle, loue la fécondité spirituelle de la virginité. Marie a enfanté Jésus sans perdre cette qualité et elle a donc rendu possible le salut de l’humanité. Sa pureté est également une victoire sur la mort : selon Grégoire de Nysse, elle est montée au ciel comme son Fils. Cette assomption lui semblait naturelle du fait que la Vierge n’avait pas connu la corruption de la faute d’Ève et ne devait donc pas connaître celle du tombeau. Marie participait ainsi à la résurrection de son Fils. Quant à l’ouvrage de Jean Chrysostome sur la virginité, il est lié au grand mouvement monachiste du IVe siècle. La virginité apparaît dans son œuvre comme le signe même de la nouvelle alliance. Avant la venue du Christ, vivre selon la loi était irréprochable, mais désormais les catholiques sont appelés à vivre selon l’Esprit à l’exemple de Marie. Le mois de mai, dédié à la déesse Artémis, deviendra le mois de Marie. Au XII e siècle, Bernard de Clairvaux donne au culte marial une dimension jamais atteinte. La Vierge, qu’il nomme Notre Dame, devient la figure de proue de la chrétienté franque. Pour lui, le terme « Notre-Dame » désigne bien plus que la Mère du Christ : Elle est l’épouse du Verbe.

Nous voyons que par touches successives, Myriam simple servante de Dieu, devient ‘sainte Vierge’ et mère de Dieu enlevée dans le ciel pour y être couronnée ‘reine du ciel’. Fidèle à ses habitudes, l’Eglise catholique trouve toujours plus simple d’absorber le paganisme en le « christianisant » de manière trompeuse, afin d’absorber par syncrétisme le paganisme antique qui ainsi devient pérenne. On peut désormais établir un rapport étroit avec ‘ la grande Artémis des Ephésiens ’ (Actes 19:28) et la Vierge Marie et les grandes déesses d’autres peuples. Elle présente d’étroites analogies avec Cybèle la déesse phrygienne et d’autres représentations féminines de la puissance divine dans les pays d’Asie (Ma de Cappadoce, Astarté de Phénicie, Atargatis et Myletta de Syrie) et l’on peut constater que toutes ces divinités ne sont que des variantes d’un seul et même concept religieux qui renvoie à Babylone et sa déesse Ishtar.

Tout ce qui concerne l’histoire de Marie dans le catholicisme est faux. Aucune base biblique n’étaye les dogmes mariaux qui élèvent Myriam au rang d’une déesse à laquelle un culte est dévoué. Tout est inventé de toute pièce à partir de mythes et légendes qui ne sont que de pures fictions visant à rétablir l’adversaire, le diable, comme véritable dieu dans ce monde. Au travers de la Vierge, c’est tous les attributs du Christ qui sont progressivement transférés à la mère, afin que le principe de la divinité passe de l’un à l’autre. Différents autres éléments de la porte de la Vierge à Notre Dame de Paris nous le confirment.

Les cathédrales sont devenues l’expression physique de ce qu’annonça Paul en  Thessaloniciens 2:3 Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, 4  l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. D’abord vient l’apostasie, soit l’abandon des vérités de l’évangile au profit de nouvelles doctrines mensongères, comme le culte marial. Ceci permettra la montée en puissance de l’évêque de Rome qui se nomme Pape, alors que le Christ interdit à quiconque cette appellation : « N’appelez personne votre « père » sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père Céleste. » (Mathieu 23:9) Le pape s’élèvera en gloire et en puissance pour s’assoir sur son trône dans la cathédrale siège de son autorité qui le révèle comme pontife suprême, avec pour titre officiel en latin « vicarius filii dei » ( vicaire du fils de Dieu ), soit le remplaçant du fils de Dieu. Ainsi d’interdit en interdit, une nouvelle religion appelée catholicisme verra le jour qui dépouillera le Christ de sa gloire et sa divinité au profit d’une reine du ciel et de son vicaire sur terre.  

 




Le mystère des cathédrales – 14

30072011

Alors que l’hérésie Albigeoise répandait l’impiété dans la province de Toulouse et s’y enracinait chaque jour plus profondément, saint Dominique, qui venait de fonder l’Ordre des Frères Prêcheurs, s’appliqua tout entier à la faire disparaître. Pour y arriver plus sûrement, il implora par des prières assidues le secours de la bienheureuse Vierge, dont les hérétiques attaquaient la dignité avec une souveraine impudence, et à laquelle il a été donné de détruire les hérésies dans l’univers entier. D’après la tradition, Marie lui recommanda de prêcher le Rosaire au peuple, lui faisant entendre que cette prière serait un secours exceptionnellement efficace contre les hérésies et les vices. Aussi est-il prodigieux de voir avec quelle ferveur d’âme et avec quel succès il s’acquitta de la tâche imposée. Cependant, la bulle Consueverunt romani Pontifices (1569) du pape saint Pie V, y écrit très clairement que Dominique a « inventé et propagé ensuite dans toute la sainte Église romaine un mode de prière, appelé Rosaire ou psautier de la bienheureuse Vierge Marie, qui consiste à honorer la bienheureuse Vierge par la récitation de cent cinquante Ave Maria, conformément au nombre des psaumes de David, en ajoutant à chaque dizaine d’Ave l’Oraison dominicale et la méditation des mystères de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Le rosaire est donc une arme spirituelle, inventé par Dominique pour combattre l’hérésie par la voie des mystères, plutôt que par les Ecritures évangéliques.

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Le Rosaire est une méthode déterminée de prière, dans laquelle on distingue quinze dizaines de salutations angéliques ; elles sont séparées par l’Oraison dominicale, et à chacune d’elles on se rappelle, dans une pieuse méditation, autant les mystères de la rédemption. C’est donc à partir de ce moment que, grâce à Dominique, cette manière de prier commença à se faire connaître et à se répandre ; et les papes ont plusieurs fois affirmé, dans leurs lettres apostoliques, que saint Dominique est l’auteur et l’instituteur de cette forme de prière : Aux Albigeois qui enseignaient que le corps matériel étai: une réalité mauvaise, que le Fils de Dieu n’avait pu prendre qu’une apparence de corps et non pas un corps réel, et qui déniaient à la Sainte Vierge la gloire d’une vraie maternité, on ne pouvait opposer prédication et dévotion mieux adaptées que la dévotion à la Vierge Mère et à l’humanité du Verbe fait chair, et la prédication des mystères du Rosaire rappelant au peuple chrétien les grands épisodes de la vie de Jésus et de sa Mère.

Si les croyances cathares n’étaient pas exemptent de tout reproche, les combattre par le fer plutôt que le verbe fut une grossière erreur. Il eut été plus logique d’affirmer qu’en l’absence de corps il n’y a pas de souffrance, ni de mort, notamment celle de la croix. Cette absence de sacrifice qui couvre le péché une fois pour toute, rend vain le message de l’évangile et le salut de l’humanité.  « C’est pourquoi Christ, entrant dans le monde, dit: tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps; tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit: voici, je viens Dans le rouleau du livre il est question de moi pour faire, ô Dieu, ta volonté. Après avoir dit d’abord: tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché ce qu’on offre selon la loi, il dit ensuite: voici, je viens pour faire ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu, attendant désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied. Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10: 5-14)

Mais comme le fait remarquer Dominique de  Guzman, qui révèle par-là la vraie nature de l’esprit qui l’anime, que c’est le déni à la Sainte Vierge de la gloire d’une vraie maternité qui lui enlève de facto toute dévotion, qui l’irrite. A ses yeux idolâtres, il y a là blasphème et matière à combattre, d’abord par la prière, puis par le fer. Selon la légende, c’est Dominique de  Guzman qui aurait reçu le Rosaire des mains de la Vierge Marie elle-même. Consacré à Marie, mère de Jésus de Nazareth, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées. Saluer Marie 50 fois, c’était lui offrir une couronne de fleurs, c’est-à-dire à l’époque un « petit chapeau », un « chapelet », « petit chapeau », ou de rosaire, qui vient de l’usage au Moyen-Âge de couronner de roses les statues de la Vierge, chaque rose représentant un Ave Maria. Le mot « rosaire » quant à lui désignait au Moyen Âge une collection de textes sacrés.

Dans les monastères les religieux, qui ne comprenaient pas le latin, récitaient 150 « Ave Maria » à la place des 150 psaumes de l’office liturgique. On appelait le Rosaire le psautier de la Vierge Marie. Sa lecture est remplacée pour les âmes simples au cours du Moyen Âge par la récitation de cent-cinquante Ave Maria. Comme le dit saint Bernard: « Il n’est pas de doute que toutes les louanges que nous adressons à la Mère de Dieu ne s’appliquent aussi bien à son Fils ; et réciproquement, lorsque nous rendons hommage au Fils, nous ne perdons pas de vue la gloire de la Mère. Si, d’après Salomon : « un fils sage est la gloire de son père » (Pr,10,1), il est plus glorieux encore d’être la mère de la Sagesse ». Saint Bonaventure a aussi écrit des Louanges de la Vierge et un Psautier (petit et grand psautier) c’est-à-dire un Livre des Heures qui est également un recueil de louanges adressées à la Vierge ; mais ce n’était pas encore le rosaire , destiné à remplacer la lecture du psautier de cent-cinquante Psaumes ou des cent-cinquante Pater Noster par cent-cinquante Ave Maria. Saint Bernard a aussi écrit des sermons sur les Mystères qui peuvent être à l’origine de la méditation des Mystères du Rosaire. Les Louanges de la Vierge sont aussi contenues dans les Litanies de Lorette, celle de la Rose Mystique, Rosa Mystica est très connue : mais ce mot de Rosarium (Champ de roses) était déjà utilisé au XVe siècle ; toujours est-il qu’entre les fleurs, c’est la rose vermeille , Reine des Fleurs qui a donné son nom au Rosaire.

Le rosaire est diffusé et popularisé en Europe après les premières croisades dès le XIIe siècle par saint Dominique, auquel l’hagiographie traditionnelle attribue son invention. Ainsi l’ordre des Prêcheurs (ou dominicains) répandit-il son usage qui consiste en un exercice de méditation simple sur les épisodes importants de la vie de Jésus-Christ au travers du regard marial. Un document historique montre Dominique employant victorieusement cette prière dans une célèbre bataille contre les hérétiques. Il s’agit de la première victoire du Rosaire remportée à Muret, près de Toulouse, le 12 septembre 1213, par saint Dominique. Huit cents chevaliers catholiques, appelés par le pape Innocent III, se trouvent en face de 34 000 ennemis environ (des cathares renforcés par des troupes venues d’Espagne avec le roi Pierre II d’Aragon). Dominique monte alors avec le clergé et le peuple dans l’église de Muret, et il fait prier à tous le Rosaire. Cinq mois après l’évènement, un notaire languedocien écrit : Dominicus rosas afferre. Dum incipit tam humilis. Dominicus coronas conferre. Statim apparet agilis. Le notaire note l’humilité de Dominique qui n’hésite pas à prendre la prière du Rosaire (prière très humble, prière du peuple) ; et il note son agilité à achever les couronnes, c’est-à-dire à faire se succéder les chapelets les uns aux autres. La victoire des chevaliers catholiques – menés par Simon de Montfort – est fulgurante et miraculeuse. Les chroniques relatent que les ennemis de la religion tombaient les uns sur les autres ainsi que les arbres de la forêt sous la cognée d’une armée de bûcherons. Tout comme l’épée qui sort de la bouche du Christ, Ap 1:16  de sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants,  Dominique fait du rosaire, l’arme dominicaine qui inspire les croisés à combattre les hérétiques.

La pratique se poursuivra dans le temps, au point qu’une fête Notre-Dame du Rosaire a été instaurée le 7 octobre dans le calendrier liturgique catholique à l’initiative du pape dominicain Pie V en 1571, au lendemain de la bataille de Lépante. On cite la victoire que le pontife Pie V et les princes chrétiens enflammés par ses paroles remportèrent, près des îles Échinades, sur le puissant sultan des Turcs. En effet, au jour même où fut remportée cette victoire, les confréries du très saint Rosaire adressaient à Marie, dans tout l’univers, les supplications accoutumées et les prières prescrites selon l’usage. Aussi ce succès a-t-­il été attribué, non sans raison, à ces prières. Grégoire XIII en a lui-même rendu témoignage, et pour qu’en souvenir d’un bienfait si extraordinaire, d’éternelles actions de grâces fussent rendues à la bienheureuse Vierge, invoquée sous l’appellation de Notre-Dame du Rosaire, il a concédé un Office du rite double majeur, à célébrer à perpétuité dans toutes les églises où il y aurait un autel du Rosaire. D’autres Papes ont accordé des indulgences presque innombrables à ceux qui réciteraient le Rosaire et aux confréries du Rosaire.

Le rosaire ne se limite pas à la récitation des prières qui le composent. En récitant chaque dizaine du rosaire, il convient de méditer sur un mystère (soit de la vie de Jésus, soit de celle de Marie). En récitant chaque dizaine du rosaire, il convient de méditer sur un mystère (soit de la vie de Jésus, soit de celle de Marie). Comme l’a souligné le pape Jean-Paul II, l’objectif du rosaire est avant tout de « contempler avec Marie le visage du Christ ». Cette contemplation fait appel à l’imagination, ce qu’Ignace de Loyola appelle une « composition de lieu » : il s’agit de reconstituer dans son imagination et de voir en esprit tel ou tel évènement de la vie de Jésus de Nazareth. Chaque dizaine est l’occasion de méditer un mystère particulier, pour prier d’en obtenir le fruit spirituel. On reconnait traditionnellement quinze mystères divisés en trois catégories : les mystères joyeux (annonciation, visitation, nativité, présentation au temple, vie cachée à Nazareth), les mystères douloureux (l’agonie de Jésus à Gethsémani, la flagellation, le couronnement d’épine, le portement de croix, la crucifixion), et les mystères glorieux (résurrection, ascension, pentecôte, assomption de Marie, couronnement de Marie au ciel). Chaque catégorie comprend cinq mystères, correspondant aux cinq dizaines du chapelet. Ceci permet de réciter une fois en entier le chapelet pour chaque catégorie de mystère, et trois fois le chapelet pour faire tous les mystères – soit un rosaire entier, composé de 15 dizaines, ou 150 prières (150 étant le nombre des psaumes).

De Babylone à Rome, en passant par les cultes égyptiens et grecs, de nombreux cultes comportaient des initiations aux mystères que seul un clergé de prêtres initiateurs avait le pouvoir de révéler aux prosélytes. L’Eglise catholique de Rome ne déroge pas à la règle et les mystères du rosaire n’en sont que la démonstration. Les cultes à mystères babyloniens étaient contrôlés par un clergé puissant. Les prêtres parvenaient à exercer une domination sans partage sur les gens du peuple en leur faisant croire qu’ils étaient les seuls à détenir les clés pour entrer en relation avec les dieux. Avant toute initiation, les prêtres confessaient les participants pour les absoudre et les purifier. Les cultes à mystères se sont répandus dans tout l’Orient : culte d’Isis et Osiris en Egypte, Cybéle et Attis en Phrygie, Adonis en Phénicie, Mithra en Iran. On a retrouvé la trace de ce même cérémonial dans le culte grec d’Apollon à Delphes, connu sous le nom de « Mystères d’Eleusis ». Voici un texte de Théon de Smyrne, écrit au IIe siècle qui explique le principe des religions à mystères : « Il y a 5 parties dans l’initiation, la première est la purification préalable, car ne doivent pas participer aux mystères indistinctement tous ceux qui le désirent, mais il y a des aspirants que la voix du héraut écarte, tels ceux qui ont les mains impures, ou dont la parole a manqué de prudence. Ceux-là même qui ne sont pas repoussés doivent être soumis à certaines purifications. Après cette purification vient la tradition des choses sacrées qui est proprement l’initiation. En troisième, vient la cérémonie de la « pleine vision » (degré supérieur de l’initiation). La quatrième, fin et but de la pleine vision est la ligature de la tête et l’imposition des couronnes, afin que celui qui a reçu les choses sacrées devienne capable d’en transmettre à son tour la tradition à d’autres, soit par la dadouchie (port des flambeaux), soit par l’hiérophanie (interprétation des mystères), soit par un autre sacerdoce. Enfin la cinquième partie est le couronnement de toutes les autres, c’est d’être ami de Dieu et de jouir de la félicité qui consiste à vivre dans un commerce familier avec lui ».

Dominique de  Guzman n’a en fait rien inventé, son action fut de réactualiser une pratique satanique ancestrale, celle de la pratique des mystères religieux. Il a redonné un sens nouveau à ces pratiques païennes et idolâtres en leurs apportant un fond chrétien. Il contribua par cela, à donner son nom de Mère des impudiques : Apo 17 : 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Ce n’est donc pas aujourd’hui, mais du temps des cathédrales que l’Eglise catholique c’est forgée sa réputation de Grande Prostituée. Mais de les avoir conservé inscrite dans leurs livres de pierre sans les dénoncer, les rend encore plus coupable après des siècles de guerres de religions et d’oppositions systématiques à toute remise en cause de ses pratiques antéchrist.

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Le portail Sainte-Anne de la cathédrale Notre-Dame de Paris est dédié à la vie de sainte Anne, la mère de la Vierge. Il est en fait récupéré de l’église antérieure à la cathédrale actuelle. Il est constitué en grande partie de pièces sculptées vers 1140-1150 pour un portail plus petit. On peut donc distinguer dans l’ornementation du portail Sainte-Anne des pièces du XIIe siècle (le tympan et la partie supérieure du linteau, deux tiers des sculptures des voussures de l’archivolte, les 8 grandes statues des piédroits, le trumeau), et d’autres du XIIIe siècle (partie inférieure du linteau et les autres statues des voussures de l’archivolte). Ce portail est donc parfaitement représentatif de l’esprit qui régnait pendant cette période médiévale.  

Le premier linteau de la porte Sainte Anne est l’illustration de Jacques de Voragine et sa « La légende dorée ». La mère de Marie qui n’apparait nulle part dans la Bible est une histoire inventée de toute pièce à partir de livres apocryphes  tirés des protévangile de Jacques et le Pseudo-Matthieu. La Légende dorée relate précisément la postérité de sainte Anne d’avec son second époux, Cléophas, frère de Joachim (leur fille, Marie Jacobé, épousa Alphée et ils eurent comme fils : Jacques le Mineur, Joseph le juste, Simon le Zélote et Jude), et celle d’avec son troisième époux Salomé (leur fille, Marie Salomé, épousa Zébédée et ils eurent comme fils : Jacques le majeur et saint Jean l’évangéliste). Elle est la sainte patronne trinitemarialemasaccio.jpgdes menuisiers et ébénistes du fait de cette position dans la généalogie du Christ. Il faut savoir que dans les églises, le tabernacle (ouvrage de menuiserie traditionnellement) abrite les hosties consacrées (symbole du corps du Christ). Le corps de la Vierge Marie étant donc considéré comme le premier tabernacle (ayant abrité le premier corps du Christ), et Sainte Anne étant la mère de la Vierge, elle est donc la sainte représentante de ce corps de métier. Elle apparaît souvent dans les représentations de la Sainte Famille et prend aussi le nom de sainte Anne trinitaire (Anne, Marie, Jésus comme dans La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne de Masaccio). La fin du Moyen Âge vit l’apogée de son culte, ce qu’on peut voir par exemple dans la multitude des statues montrant Anne, Marie et l’enfant Jésus, appelées « trinités mariales », en parallèle à la sainte Trinité dont elles visent à souligner le dogme trompeur tout en cherchant à le supplanter.

Le second linteau de la porte Sainte Anne est l’illustration des mystères du rosaire de Dominique et représente les scènes de la venue sur terre du Christ, allant de l’Annonciation jusqu’à l’Epiphanie. Au-dessus, le tympan présente une Vierge en majesté. Autour du groupe comprenant la Vierge majestueuse tenant Jésus-Christ enfant dans ses bras et deux anges, se trouvent deux personnages : un évêque et un roi, qui symbolise l’adoration des ordres religieux et séculier. Les mystères du rosaire représentés dans les sculptures de la base carrée de la tour, rappellent au monde terrestre (symbole carré) que la voie qui mène au ciel (symbole du cercle), est révélée dans la rosace majestueuse qui surmonte les trois portes de la trinité mariale de la cathédrale. Ainsi, le rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées, représente le rosaire dominicain, mais renvoie également à la rosace qui place la Mère de Dieu au centre de tout dans la cathédrale Notre-Dame à Paris, mère des église de France.

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Le mystère des cathédrales – 13

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2 Timothée 2 : 3 Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, 4  l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. 5  Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? 6  Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. 7  Car le mystère de l’iniquité agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. 8  Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. 9  L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, 10  et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. 11  Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, 12  afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.

Selon ce texte de Paul, l’apostasie se construit progressivement pour aboutir au couronnement de l’antéchrist. Deux logiques religieuses vont donc progressivement s’affronter, au fur et à mesure que l’on progresse dans le temps. La logique catholique par le culte aux morts (saints) associé aux miracles et signes qui leur sont attribués et le couronnement de la Reine du Ciel (vierge Marie), qui mènera le monde médiéval au cœur de l’âge des ténèbres. Puis parallèlement, en résistance aux forces du mal, naîtrons les premières formes de retour à la Parole de Dieu, notamment dans le sud de la France avec les Albigeois. L’adversaire va alors s’adapter pour combattre efficacement le renouveau spirituel en cours. Le clergé et ses mœurs corrompues étant la cause première d’une désaffection du peuple du catholicisme, au XIII e siècle naissent des ordres religieux d’un genre nouveau : les  ordres mendiants. Désirant « suivre nus le Christ nu » et soucieux de répandre « la parole de Dieu », ils refusent toute propriété et doivent mendier chaque jour leur pain.  Les  Mendiants  ne  sont  pas  des  moines,  mais  des  frères,  qui  vivent  dans  des  couvents  ouverts  sur  le  monde  et  non  dans  la  solitude  d’un  monastère. Les   Mendiants adaptent  leur  prédication  aux  attentes  d’une  population  urbaine.  Les  deux principaux  ordres  mendiants  sont  les  Dominicains  (ou  frères  prêcheurs)  et  les  Franciscains  (ou  frères  mineurs).  S’ils  défendent  en  grande  partie  les  mêmes  idéaux,  les  premiers  Franciscains  ouvrent  largement  leur  fraternité  aux  laïcs,  alors  que  les  Dominicains  étaient  avant  tout  des  clercs.  Rivaux  et  partenaires,  ces deux ordres ont joué un rôle important dans la pastorale médiévale.

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En  1203,  Dominique de  Guzman  fut  choisi  par  son  évêque,  Diego  de  Acevedo,  pour l’accompagner  dans  une  mission  diplomatique  au  Danemark.  Au  cours  de  ce  voyage, les deux hommes passèrent par le Languedoc et furent confrontés pour  la  première  fois  à  l’hérésie  cathare. Ils y rencontrèrent les légats pontificaux profondément découragés car, malgré leurs  efforts,  la situation évoluait mal pour eux et l’hérésie grandissait. Pour  Diego  et  Dominique,  il  fallait  combattre  l’hérésie  cathare  en  adoptant  les  mêmes méthodes que les hérétiques : une vie austère fondée sur une pauvreté sans faille, de longs jeûnes, et surtout, une grande simplicité dans la prédication. Pendant des mois, ils parcoururent les campagnes, prêchant l’Évangile et luttant

contre  les  cathares :  Dominique  et  Diego  parvinrent  à  convertir  quelques femmes cathares, pour lesquelles ils fondèrent un monastère à Prouille, près de Fanjeaux    eux-mêmes  résidaient.  C’est  la  première  maison  de  moniales dominicaines. Dominique devint leur guide spirituel comme le lui avait demandé Diego, qui repartit dans son diocèse en 1207. Dominique  réalisa  que  seul  un  ordre  religieux  pourrait  donner  à  l’Église  les prédicateurs bien formés dont elle avait instamment besoin. En effet, jusque-là, les  prédicateurs  qui  se  présentaient  n’étaient  souvent  pas  assez  formés  ou tenaces et ils ne remplissaient pas toujours leur mission. Il   prit   également   le   parti   de   combattre   les   cathares   avec   leurs   propres méthodes :  puisque  les  chefs  cathares  étaient  à  la  fois  des  hommes  à  la  vie  simple  voire  austère,  ainsi  que  des  prédicateurs  convaincants  car  bien  formés dans les Écritures, il fallait fonder un ordre qui répondît aux mêmes critères. Ses  membres,  s’ils  restaient  des  religieux  à  part  entière,  pourraient  néanmoins  se consacrer à l’étude de l’Écriture pour pouvoir prêcher efficacement.

Que  des  hommes  se  mettent  en  tête  de  prêcher,  il  n’y  avait    rien  de  nouveau :   avant   les   Dominicains,   des   groupes,   comme   les   Umiliati   en  Lombardie, avaient déjà fait de la prédication (ou du moins de l’exhortation) une de  leurs  prérogatives.  Mais  souvent  ces  groupes  ne  s’alignaient  pas  tout  à  fait sur l’orthodoxie religieuse et faisaient l’objet d’une certaine méfiance de la part de  l’Église.  Avec  les  Dominicains,  l’Église catholique  pouvait  se  doter  d’hommes  bien  formés, capables de prêcher la vérité de la foi catholique avec crédibilité,  et qui étaient en même  temps  soumis  à  son  autorité,  puisqu’ils  appartiendraient  à  un  ordre religieux. En  février  1217  la  bulle  « Justis  petentium »  autorisa  les  Dominicains,  alors  confinés au diocèse de Toulouse, à prêcher dans le monde entier. Cette mesure permit le déploiement de l’ordre dominicain. Ainsi,  pour  la  première  fois,  un  ordre  mêlait  vie  religieuse  et  ministère  de  la  parole  -  ministère  qui  était  jusque-là  l’apanage  des  évêques  -  et  ce  avec  le  soutien affirmé de la papauté, comme le montre les bulles successives. Les Dominicains bénéficièrent du soutien constant du pape ; ils devinrent le fer de lance de la papauté dans la lutte contre l’hérésie cathare et la mise en place de l’Inquisition entre 1231 et 1233.

L’ordre  rayonnait  mais  il  n’avait  pas  encore  de  règles  précises :  pour  établir ces  règles,  l’ordre  devait  se  réunir  en  chapitre.  Le  premier  chapitre  général  fut réuni  en  1220  au  couvent  San  Niccolo  de  Bologne :  il  donna  naissance  à  la Constitution   dominicaine.   Dans   le   prologue,   ils   définirent   leurs   objectifs principaux :  « il  est  reconnu  qu’il  a  été  spécialement  constitué  depuis  le  début pour   la  prédication   et   le   salut  des  âmes,  et  que  notre   étude  doit  être principalement et ardemment dirigée vers ce but avec le plus grand zèle, de telle sorte que nous puissions être utiles aux âmes de nos prochains. » Comme le royaume de Dieu est celui de la conscience, il faut donc convaincre les esprits en pénétrant les cœurs. Si la prédication cathares est inspirée, celle des dominicains ne puisant pas à la même source devra se structurer pour modeler les pensées. Les dominicains vont d’abord se structurer en interne pour être plus efficace en externe. Le  chapitre  de  1220  établit  l’organisation  interne  de  l’ordre :  il  y  a  un maître général (Dominique jusqu’à sa mort),  mais il n’est en fait que le premier parmi  des  égaux  puisque  chaque  dominicain  a  le  droit  de  voter.  On  organise aussi  l’élection  d’un  comité  de  diffinitores.  Le  maître  général  et  les  diffinitores, au nombre de quatre, constituent une sorte de pouvoir exécutif. Le chapitre, qui

se tient une fois par an, est  l’autorité suprême dans l’ordre : autorité exécutive, législative  et  judiciaire,  il  contrôle  tous  les  aspects  de  la  vie  dominicaine  et autorise toute nouvelle fondation. Pour vérifier que ces règles soient appliquées partout,  le  chapitre  disposent  de  visitatores,  chargés  d’aller  voir  sur  place l’organisation de chaque couvent. Bien qu’associé à une province, chaque couvent avait une direction autonome et un  certain  nombre  de  droits.  Chaque  couvent  était  gouverné  par  un  prieur,  élu par  la  communauté.  Le  couvent  était  le  point  de  rattachement  des  frères  qui parcouraient les alentours pour prêcher. Lorsque  mourut  Dominique  le  6  août  1221,  l’ordre  tint  bon :  Dominique  l’avait doté d’une telle armature législative que, malgré la disparition de son fondateur, l’ordre  se  perpétua.

L’exemption  de  la  juridiction  épiscopale  dont jouissaient les frères, développa contre eux l’hostilité du clergé séculier. Mais, la véritable crise eut lieu au sein de l’université. En effet, si les Dominicains avaient été plutôt bien acceptés par les universités, ils n’en avaient cependant jamais fait réellement partie : dépendant strictement de leur   ordre,   ils   ne   participaient   pas   aux   grèves   des   universitaires   et   ne demandaient  pas  d’honoraires  pour  les  cours  qu’ils dispensaient. Les Dominicains  comprirent  rapidement  qu’ils  devaient  créer  leurs propres  structures  pour  pouvoir  prêcher  dans  les  villes.  En  effet,  dans  les années  1240,  les  Mendiants  réalisèrent  que  les  prêtres  séculiers  ne  voulaient pas  les  laisser  prêcher  dans  leur  église ;  ils  se  mirent  donc  à  construire  leurs propres  églises  conventuelles,  sobres  avec  des  nefs  uniques  et  spacieuses, capables de contenir beaucoup d’auditeurs.  La popularité des  Prêcheurs  s’accrût  lorsqu’ils obtinrent  le droit  d’accorder des indulgences, de célébrer pendant les interdits et d’enterrer les fidèles dans leurs églises. D’habitude, les frères prêchaient dans leurs propres églises ou dans les églises paroissiales lorsqu’on le leur permettait. Peu à peu, la prédication s’organisa :  à

chaque  couvent  correspondait  un  territoire  défini  -  une  diète  -  dans  lequel  les frères du  couvent  prêchaient  régulièrement, spécialement  pendant  l’Avent et  le Carême. On  constate  que  cet  ordre    du besoin  urgent  de  prédicateurs  qualifiés  et  respectueux  de  l’orthodoxie,  a  su  se développer et avoir une influence importante au XIIIe siècle. Si l’ordre a eu un tel succès  dans  son  ministère  pastoral,  c’est  justement  parce  qu’il  a  très  tôt  mis l’accent  sur  une  excellente  formation  de  ses  frères,  et  c’est  ce  qui  fait  la particularité de l’ordre dominicain.

Au  XIIIe siècle,  les  Dominicains  et  les  Franciscains  vont dominer  l’histoire  de  la  prédication  et  composent de nombreuses collections  de sermons-modèles, comme  l’a bien montré David D’Avray dans The Preaching of the Friars: Sermons diffused from Paris before 1300. Ils diffusent par la même occasion la technique du  sermo modernus,  qui,  comme  son  nom  l’indique,  est  un  sermon  d’un  nouveau  genre, par  opposition  à  l’homélie.  Jusqu’aux  XIIe – XIIIe siècles,  l’homélie  est  la  forme  classique  du  sermon ;  elle  consiste  en  l’explication  progressive  d’un  passage scripturaire.  Au XIIIe siècle,  l’homélie  est  supplantée  par  le  sermo  modernus (notamment en Italie), reconnaissable à sa structure : le sermon a pour base un  court  extrait  emprunté  à  la  Bible  ou  à  la  liturgie  (le  thema).  Puis,  le développement se fait en divisant le thème (divisio) en « distinctions » et « sous-distinctions »  qui  expliquent  le  sens  caché  des  mots.  Cette  structure  des sermons  du XIIIe siècle  doit  être  rattachée  au  contexte  intellectuel  dans  lequel de  tels  sermons  ont  été  composés.  Les  recherches  d’Erwin  Panofsky ont montré  qu’il  y  avait  des  correspondances   formelles  entre  les  cathédrales gothiques  et  les  sommes  théologiques :  la  cathédrale  gothique  est  divisée  en parties et manifeste un souci de symétrie et de parallélisme, une recherche de clarté que recherchent aussi les maîtres de la scolastique. Ce type de structure relèverait d’une « habitude mentale » propre au XIIIe siècle. Les esprits modelés par l’enseignement catholique, se retrouvent donc comme projetés dans les bibles de pierre de leurs édifices religieux.

Etant  donné  que  la  mission  première  des  Dominicains était   la   prédication,   les  ouvrages/outils   pastoraux   étaient   d’une   grande importance  au  sein  des  établissements  dominicains.  Les  Mendiants,  et  en particulier les Dominicains, furent à l’origine de nombreux ouvrages qui aidaient à  la  prédication.  Pourquoi  un  tel  engouement  pour  la  rédaction  de  matériaux pour prédicateurs ? Tout simplement parce que chaque couvent devait posséder une  vaste  collection  de  ces  outils :  sermonnaires,  concordances  bibliques, distinctions, recueils d’exempla (« brefs récits,

historiques  ou  anecdotiques,  propres  à  édifier  l’auditeur  tout  en  retenant  son attention. ») L’écriture  de  ce  type  d’ouvrage  n’était  en  quelque  sorte  que  le  prolongement logique  d’une  vocation  pastorale. Les frères  de  l’ordre dominicain,  ordre du savoir  par excellence, écrivirent beaucoup, et ils ne se limitèrent pas à ces outils pour prédicateurs. Ils  écrivirent  évidemment  des  ouvrages  de  théologie,  comme  la  très  célèbre Somme  théologique  (vers  1270),  dans  laquelle  Thomas  d‟Aquin  opère  une synthèse entre la foi et la raison. Mais, sensibles à la vision augustinienne selon laquelle  l’univers  pourrait  révéler  la Sacra  Pagina,  ils  rédigèrent  aussi  de

nombreux  ouvrages  scientifiques :  Très  tôt,  les  Dominicains  écrivirent  des compendia de sciences naturelles, d’abord par intérêt personnel, puis parce que ces  compendia  pouvaient  servir de  source  d’inspiration  pour  les  prédicateurs, qui  aimaient  développer  dans  leurs  sermons  des  métaphores  à  partir  des éléments  de  la  nature.  Ainsi,  Albert  le  Grand,  outre  ses  œuvres  théologiques, écrivit-il   sur   les  animaux,   les   végétaux,   les  minéraux… Grâce  à  tous  ces  ouvrages  s’élabora  peu  à  peu  un  corpus  textuel  dominicain, parfaitement  servi  par  un  réseau  efficace  de  bibliothèques  bien  dotées  et facilement accessibles.

La tradition dominicaine attribue à Dominique la dévotion particulière que l’ordre vouait à la Vierge : dans sa Legenda (1246-1248), Constantin d’Orvieto affirme que Dominique a confié l’ordre au patronage spécial de Marie. Dès le début donc, les Dominicains eurent la conviction d’avoir un lien particulier avec  la  Vierge, ce qui est normal quand on sait qui se cache derrière cette image de pureté:  très  tôt,  certains  d’entre  eux  attribuèrent  même  la  création  de l’ordre  à  l’intercession  de  Marie.  En  effet,  plusieurs  récits  relatent  des  visions dans  lesquelles  la  Vierge  plaide  en  faveur  des  hommes,  face  à  un  Christ  en colère :  finalement,  Marie  obtient  gain  de  cause  en  promettant  que  les  frères Prêcheurs régénèreront le monde. Parmi ces auteurs, on compte Jean de Mailly et  son  Abrégé  des  Gestes  et  miracles  des  saints  (vers  1240),  Thomas  de Cantimpré  et son Bonum Universale de Apibus (1256-1263), Gérard de Frachet et  ses  Vitae  Fratrum  (vers  1260),  mais  surtout  Jacques  de  Voragine  dans  la Légende dorée (vers 1263-1267). Par conséquent, entrer  dans l’Ordre des Prêcheurs, c’était en quelque sorte se  « mettre au service de Marie, en même temps qu’au service du Christ ».  Ainsi dans  la  formule  de  profession  des  Dominicains  (établie  en  1220),  inspirée  des formules  canoniales des Prémontrés, le frère promet une obéissance illimitée à Dieu et à la Vierge :  Moi, [nom], fait profession et promet obéissance à Dieu et à la sainte Vierge Marie et à toi, [nom],  maître de  l’ordre  des Prêcheurs, et à tes  successeurs, en  accord  avec  la  règle  de  saint  Augustin  et  des  Institutions  des  frères  de l’ordre  des  Prêcheurs,  que  je  serai  obéissant  envers  toi  et  tes  successeurs jusqu’à la mort.

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Créé  pour  lutter  contre  l’hérésie attaché à l’évangile,  l’ordre  dominicain  trouvera  en  Marie  une alliée  de  choix  pour  promouvoir  l’orthodoxie catholique.  En  effet,  Marie  a  largement  été utilisée  au  Moyen  Âge  comme  une  figure  de  lutte  contre  les  hérétiques, et tout spécialement contre les juifs. Ainsi, on trouve au XIIIe siècle, de très nombreux exemple qui mettent en scène Marie intervenant contre les juifs, considérés à cette époque comme les ennemis de Marie, car c’est par leur faute que la Vierge a souffert. Dans ces exemple, Marie apparaît beaucoup plus active qu’auparavant :  elle  lutte  contre  le  mal  et  expose  sa  souveraineté.  L’image d’une  Marie  plus  vindicative  se  retrouve  d’ailleurs  dans  le  Liber  marialis  de Jacques de Voragine. Par ailleurs, si Marie est une figure si importante pour lutter contre les hérésies,  c’est parce que justement les dogmes concernant la Vierge étaient ceux que les  hérétiques mettaient le plus souvent en cause.  Ainsi,  prêcher  sur  la  Vierge  et  promouvoir  son  culte,  c’est  lutter  en quelque sorte contre les hérétiques. Les Mendiants ont contribué à développer le culte marial auprès des laïcs : par leurs  sermons,  souvent  prêchés  en  langue  vernaculaire,  ils  ont  rendu  familière  l’image de  Marie aux  laïcs. Par  leurs  recueils de sermons, écrits  généralement en latin, ils ont été des sujets de lecture ou de méditation pour leurs lecteurs, ce que  Michel  Zink  a  appelé  la  « prédication  dans  un  fauteuil ».  Un  ouvrage comme La Légende dorée, a pu contribuer au développement de ce culte marial, puisqu’il raconte avec les histoires des saints, la vie de Marie, de sa naissance à sa mort « inhabituelle ».

Les dominicains au Moyen Age ne se contentent pas de juger, condamner et massacrer tout ce qui s’oppose au catholicisme ; ils donnèrent la base littéraire et scolastique qui fonda sa doctrine. Un savant comme Thomas d’Aquin apporta la base théologique et Jacques de Voragine (1228 – 1298) « La légende dorée » des saints catholiques. L’auteur de la Légende Dorée était, un des hommes les plus savants de son temps. Né en 1228, il avait seize ans lorsque, en 1244 En 1244, la même année que Thomas d’Aquin, il entra dans l’ordre des Frères Prêcheurs.

La Légende dorée (Legenda aurea) est un ouvrage rédigé en latin afin de pouvoir être diffusé dans toute l’Europe sans que les barrières des langues soient un obstacle, entre 1261 et 1266 par l’archevêque de Gênes, qui raconte la vie d’environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et certains épisodes de l’année liturgique, commémorant notamment la vie du Christ et de la Vierge. La Légende Dorée est, essentiellement, une tentative de vulgarisation, de «laïcisation», de la science religieuse qui cherche à justifier le culte des saints et des reliques. Bien d’autres théologiens, avant Jacques de Voragine, avaient écrit non seulement des vies de saints, mais des commentaires de toutes les fêtes de l’année. Le Bréviaire, par exemple, dès le XIe siècle, avait été compilé, à peu près sous sa forme d’aujourd’hui, avec des leçons équivalant aux chapitres de la Légende Dorée. Jacques de Voragine a puisé dans tous les textes classiques de la littérature religieuse du Moyen Âge, notamment les livres apocryphes.  Initialement intitulée Legenda sanctorum alias Lombardica hystoria, qui signifie littéralement « ce qui doit être lu des saints ou histoire de la Lombardie », cette œuvre est rapidement appelée Legenda aurea car son contenu, d’une grande valeur pour les croyances catholiques basées sur des mythes et légendes, est dit aussi précieux que l’or. Outre les vies de saints, environ 40% de la Légende dorée est consacrée aux explications des principales fêtes religieuses catholiques.

Il n’y a peut-être pas de livre qui ait été plus souvent copié et traduit au Moyen Age. Toutes les bibliothèques du monde en possèdent des manuscrits, dont quelques-uns comptent parmi les chefs-d’œuvre des deux arts de la calligraphie et de l’enluminure. Et lorsque, deux cents ans après, l’imprimerie vient se substituer à ces deux arts pour les anéantir, c’est encore la Légende Dorée qu’on imprime le plus. Les catalogues mentionnent près de cent éditions latines différentes, publiées entre les années 1470 et 1500: sans compter d’innombrables traductions françaises, anglaises, hollandaises, polonaises, allemandes, espagnoles, tchèques, etc. Du treizième siècle jusqu’au seizième, la Légende Dorée reste, par excellence, le livre écrit pour le peuple. Il n’y a peut-être pas de livre, qui ait exercé sur le peuple une action plus profonde. Car le «petit» livre de Voragine, une épithète que tous les auteurs anciens s’accordent à lui attribuer, a été, pendant ces trois siècles, une source inépuisable d’idéal pour le catholicisme. En rendant la religion plus ingénue, plus populaire, et plus pittoresque, il l’a presque revêtue d’un pouvoir nouveau: ou du moins il a permis aux âmes d’y prendre un nouvel intérêt, et pour ainsi dire, de s’y inspirer plus profondément. Tout de suite les nefs des églises se sont peuplées d’autels en l’honneur des saints et des saintes du calendrier et les tailleurs de pierres se sont mis à sculpter, aux porches des cathédrales, les récits de la Légende Dorée, les peintres, les verriers, à les représenter sur les murs ou sur les fenêtres. Entrez dans une vieille église de Bruges, de Cologne, de Tours ou de Sienne: toutes les œuvres d’art qui vous y accueilleront ne sont que des illustrations immédiates; littérales, de la Légende Dorée qui a fait des églises catholiques la bible de pierre pour les laïcs.

Au  XIIIe siècle,  le  culte  marial  a  pris  une  telle  importance,  que  naît  un genre  spécifique  consacré  à  Marie ;  il  regroupe  sous  le  nom  de  Mariale  des écrits  très  divers  tels  que  des  miracles  de  la  Vierge,  des  sermons… Les prédicateurs  se mettent à composer des recueils de  sermons sur  la  Vierge ; le premier Mariale a été composé par Bartholomée de Brégance: il est composé de 127 sermons consacrés aux quatre fêtes de la Vierge. Bartholomée l’a écrit pour  « communiquer  son  expérience  et  accumuler  un  matériel  proposé  aux autres ». Le  Liber  marialis  est  une  des  œuvres  les  moins  connues  de  Jacques  de Voragine mais complète logiquement la Légende Dorée en portant Marie au pinacle.  Il  a  eu  plusieurs  titres  au  cours  du  Moyen  Âge : Sermones  aurei  de Maria  Virgine  Dei  matre,  Liber  marialis,  Mariale,… Le  Liber  marialis  est  en  effet  un recueil de 160 chapitres qui ont une structure qui ressemble fortement à celle du sermo  modernus :  chaque  chapitre  a  pour  point  de  départ  une  image  ou  une fonction à laquelle peut être comparée la Vierge. La plus grande partie des chapitres sont consacrés aux qualités de la   Vierge   (par   exemple :   sa   beauté,   son   humilité,   sa   bonne   odeur,   son courage…) et aux fonctions qu’elle peut avoir ( elle est l’avocate, la médiatrice du genre humain, la mère du Christ…). On trouve aussi des chapitres consacrés aux  fêtes  de  la  Vierge  (Annonciation,  Assomption,  Nativité  et Purification)  et notamment à la salutation angélique. Les  autres  textes  ont  tous  pour  point  de  départ  une  comparaison  de  la  Vierge avec un élément réel : l’eau (la mer, la fontaine…) et la terre, les réceptacles en tout  genre  qui  représentent  bien  l’idée  de  la  Vierge  comme  ventre  de  Dieu  (le vase, le temple, le cratère…), des éléments corporels (le cou, la main, le sein), des  éléments  célestes  (l’étoile,  la  lune,  le  nuage…),  le  jour  et  la  lumière,  des animaux  (l’éléphant,  l’abeille,  la  poule…),  des  objets  ou  constructions  issus  de l’artisanat ( le miroir, l’aqueduc…), des végétaux très divers (palmier, cannelle, rose…), etc… Jacques  de  Voragine  a  sans  doute  écrit  son  Liber  marialis  pour  qu’il  soit diffusé  au  plus  de  monde  possible.  En  effet,  dans  son  prologue,  il  parle  de « quilibet », c’est-à-dire « n’importe qui » : on ne peut trouver plus vague… Pour atteindre  un  tel  dessein,  la  simplicité  du  discours  était  nécessaire.  Le  Liber marialis  utilise  donc  des  schémas  simples  et  souvent  répétitifs,  à  la  portée  de tous.  Il semble bien qu’au XIII e siècle, la comparaison entre la Vierge et des végétaux comme point de départ d’un sermon ou d’un texte de méditation soit devenue banale, vulgarisé par des ouvrages comme les Postilles d’Hugues de Saint-Cher qui diffusent cette manière de penser et de rédiger : on annonce que la Vierge est comparable à tel végétal, et il s’ensuit une énumération logique et précise des raisons de cette analogie, parsemée de citations bibliques.

 jacquesdevoragineprechant.jpgFaire de la nature le point de départ d’une comparaison avec la Vierge n’a rien d’étonnant  au  Moyen  Âge.  En  effet,  le  langage  métaphorique,  pratiqué  dès l’Antiquité,  connaît  son  plus  grand  développement  au  cours  du  Moyen  Âge. L’usage  de  métaphores  dans  la  littérature  médiévale  est  très  fréquent  et correspond  à  un  mode  de  pensée  propre  au  Moyen  Âge,  et  auquel  nous sommes quelque peu étrangers aujourd’hui. En effet, le Moyen Âge considère que tout ce qui a été créé par Dieu « renvoie au créateur,  conservant  le  reflet  de  sa  perfection ».  La  contemplation  du  monde, création  divine,  peut  donc  mener  à  la  connaissance  des  vérités  spirituelles.  Pour Augustin,  grâce  à  la  réalité  sensible  du  signe  (« une  chose  qui  en  plus  de l’impression qu’elle produit par les sens, fait venir une autre idée à l’esprit. »). Par conséquent, on peut dire que le Moyen Âge perçoit une double révélation divine, à la fois  dans  la  création  visible  (le  liber  naturae)  et  à  travers  l’Écriture  (le  Livre  par excellence).  Cette  idée  du  livre  de  la  nature  a  un  grand  succès  au  Moyen  Âge:  de nombreux  écrits  patristiques  et  médiévaux  traitent  de  la  nature  sous  un  angle religieux. Par conséquent, l’intervention fréquente de la nature dans un discours religieux  maintient  le  public  chrétien  dans  une  certaine  familiarité  avec  l’idée d’une nature mise au service de la connaissance du message divin.

Les images et les similitudes jouent donc un grand rôle dans la prédication du Moyen Âge, surtout à partir du XIIe siècle. La nature s’impose aussi peu à peu dans l’iconographie : au XIVe siècle, la nature prend une place importante dans l’iconographie occidentale et la métaphore du jardin clos (« hortus conclusus ») pour   désigner   la   virginité   de   Marie   s’est   généralisée.   On   voit   alors   de nombreuses images qui montrent la Vierge au milieu d’un jardin. Les métaphores végétales à propos de la Vierge se retrouvent souvent dans des commentaires  du  Cantique  des  Cantiques,  texte biblique  souvent  associé  à Marie  à  partir  du  XIIe siècle. Mais la métaphore la plus connue et la plus répandue est sans nulle doute celle de l’étoile de mer (stella maris) mise en forme par saint Bernard de Clairvaux au XIIe siècle et qui n’a cessé d’être reprise, entre autres par Voragine. De  plus,  Jacques  de  Voragine  compare  la  Vierge  à  l’arbre  céleste  et  au  jardin des délices, deux éléments qui n’ont d’existence que dans l’univers mental des hommes  du  Moyen  Âge.  La  comparaison change  alors  quelque  peu  de  niveau puisqu’elle ne cherche véritablement plus à toucher au sensible. Dans ces deux cas, il s’agit de comparer la Vierge à des éléments qui sont le fruit d’une culture et d’une éducation exclusivement religieuse.

Pourquoi de telles comparaisons entre la Vierge et des végétaux ? Quels sont les principaux liens que Jacques de Voragine établit entre ces deux entités ? Le premier  rapport  qui  vient  immédiatement  en  tête,  c’est  la  fécondité.  Marie, considérée  avant  tout  comme  « mère  de  Dieu »  («Theotokos »)  depuis  le concile d’Ephèse (431), est perçue en partie à travers son fils. Le monde végétal appartient à l’imaginaire de la fécondité ; le fruit de l’arbre est le fils de la Vierge. Cette  analogie  est  évidente  et  utilisée,  on  l’a  vu,  chez  Voragine.  Ainsi,  les chapitres sur les végétaux consacrent presque tous une partie au « fruit » de la Vierge. Un  autre  aspect  important  du  culte  marial  au  XIIIe siècle,  est  le  rôle  de protectrice  que  tient  la  Vierge. Marie est la médiatrice par excellence, elle apporte une protection  spirituelle  à  quiconque  veut  se  recommander  à  elle.  La  Vierge  du Liber  marialis  est  avant  tout  protectrice :  elle  soigne  les  péchés  et  lutte  contre les  démons. L’imagerie  végétale  permet  aussi  de  montrer  la  Vierge  sous  ses  deux aspects : mère du Christ et Vierge de douleur. Le Liber  marialis est  donc  un  bon  exemple  de  la littérature mariale du XIIIe siècle ; il montre combien les frères mendiants étaient soucieux de la diffusion du message doctrinal, tout en se mettant à la portée des laïcs. Il est fondamentale de comprendre ces notions de bases médiévales, pour mieux appréhender les motifs gravés dans les livres de pierre des édifices religieux catholiques. Ils n’ont pas pour but d’enjoliver les murs avec de jolis motifs, mais ils renvoient toujours métaphoriquement à une base doctrinale que l’on retrouvait dans la prédication des offices. C’est parce que tout cela a été oublié, qu’aucune étude sur les cathédrales n’est pertinente sans ce rappel préalable. Tout cela est bien plus développé dans cette étude dont je m’inspire aujourd’hui : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-48721




Le mystère des cathédrales – 12

20072011

Dans sa quête médiévale pour supplanter la Vierge au Christ, la légende de saint Théophile a joué un rôle extrêmement important dans l’intercession de la Vierge Marie, avec en plus une base historique pour les contes qui viendront plus tard impliquer la conjuration des démons.

La Vierge Marie a considérablement augmenté en importance théologique à travers le 11ème siècle. L’histoire a été utilisée pour illustrer la puissance et la nécessité de son intercession par Pierre Damien , Bernard de Clairvaux , Antoine de Padoue , Bonaventure et beaucoup plus tard par Alphonse de Liguori . L’histoire de Théophile a inspiré au treizième siècle une pièce jouée par le trouvère Rutebeuf , Le Miracle de Théophile , l’un des premiers morceaux de théâtre français existants.

L’histoire de saint Théophile est aussi un exemple important dans le développement de la théologie de la sorcellerie. Comme on le voit dans le conte, la convocation des démons n’a pas été initialement considéré comme un péché accablant, les troubles de Théophile viennent du fait qu’il a vendu son âme, non pas qu’il traitait avec le diable. Cette situation a changé pendant la fin du 13ème siècle et dans le 14ème siècle avec des inquisiteurs comme Bernard Gui et Nicolau Aymerich qui ont cherché à étendre la puissance de l’Inquisition. Leur mandat a été la répression de l’hérésie et en définissant la sorcellerie comme une forme d’hérésie, ils faisaient ainsi des hérétiques des suppôts de Satan.  Au début du XVe apparaît la croyance, en l’existence d’une véritable secte de sorciers, mais surtout de sorcières ayant conclu un pacte avec le diable et participant à un complot contre la chrétienté. A partir de 1435-1440, le nombre des procès se multiplie et la ‘sorcellerie populaire’ passe au premier plan. C’est alors que se fixe l’image stéréotypée de la sorcière de l’époque moderne, qui superpose à la tradition des sortilèges, empoisonnements et incantations le pacte explicite avec le Diable, le voyage nocturne au sabbat et l’hommage rendu au Diable durant cette cérémonie. Les personnes accusées d’un tel pacte sont alors brulées vives En conséquence, Théophile aurait été accusé d’être un hérétique pour son association avec le diable, mais grâce à la Vierge il est devenu un saint, un grand miracle de l’Eglise catholique. Dans ce contexte, certaines variations de l’histoire incluent un magicien juif qui opère comme intermédiaire entre Théophile et le diable, ce rôle d’intermédiation est à mettre opposition avec celui de la Vierge Marie qui est salvateur. Ainsi le juif est accusé de sorcellerie et joue le rôle du corrupteur de la foi, ce qui contribue à diaboliser les juifs au milieu du peuple.

L’histoire se passe au VI° siècle. Théophile est le vidame, c’est-à-dire l’intendant, de l’évêque d’Adana, en Cilicie (Asie Mineure). Clerc vertueux et juste, il refuse par modestie, à la mort de son évêque, de devenir, malgré les vœux des fidèles, le pasteur de son diocèse, et se contente de son poste d’économe. Mais le nouveau prélat le destitue injustement de sa charge. Révolté et ruiné, Théophile s’en va alors trouver un magicien, Salatin, en vue de recouvrir sa fortune et ses fonctions. Salatin, qui « parlait au diable quand il voulait », dit Rutebeuf, accepte de l’aider. Théophile, en échange, signe de son sang un pacte par lequel il vend son âme à Satan. Dès ce moment, tout réussit à Théophile, qui récupère sa charge et reçoit, de nouveau, présents et honneurs.

Cependant, les remords viennent bientôt l’assaillir. Théophile repentant  a prié la Vierge pour son pardon. Après quarante jours de jeûne , la Vierge lui apparut et verbalement l’a réprimandé. Théophile demande pardon et la Vierge Marie lui promet d’intercéder auprès de Dieu . Il a ensuite jeûné une trentaine de jours supplémentaires, puis Marie lui apparut encore, et lui a accorde enfin l’absolution. Cependant, Satan ne voulait pas abandonner son emprise sur Théophile, et ce fut une période supplémentaire de trois jours avant que Théophile se réveille pour trouver l’accablant contrat sur ​​sa poitrine. Théophile court se jeter aux pieds de son évêque, lui confesse son crime, et lui remet le pacte. Le prélat convoque aussitôt le peuple et raconte aux fidèles émerveillés l’histoire de la faute et du pardon. Peu de temps après, Théophile meurt saintement, après avoir fait pénitence.

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La légende de Théophile est très représentée dans l’art sacré au Moyen Age. On la retrouve souvent dans les édifices religieux dépeint dans les viraux ou sculptée dans les murs. Les chanoines de Notre-Dame de Paris firent décorer le portail nord donnant sur leur cloître par cette même légende.  Outre le portail nord du Cloître, à gauche de la porte rouge on retrouve cette représentation au niveau du mur extérieur des chapelles latérales du chœur où se trouvent sept bas-reliefs du XIVe siècle, dont cinq se rapportent à la Vierge : sa Mort, son Ensevelissement, sa Résurrection, son Assomption et son Couronnement. Les deux derniers sont un Jugement Dernier avec Marie intercédant auprès du Christ, et une représentation du miracle de Théophile. Ces sept représentations résument bien la position de l’Eglise catholique inscrite dans leur bible de pierre. La Vierge Marie ressuscitée est le sauveur du monde, face à Jésus qui renvoyé à l’image du jugement dernier, juge le monde. Totale inversion des valeurs bibliques qui annoncent justement l’inverse, Jean 12:47  Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde.

La manière totalement antéchrist de présenter le rôle salvateur de Marie, prend toute sa mesure,  quand on l’intègre dans l’édifice entier d’une cathédrale. De la base carrée de la tour, qui représentnotredamedeparisportailducloitrestatuevierge.jpge la terre, on s’élance vers le ciel. Elle est divisée en trois étages, en léger retrait les uns par rapport aux autres. Le niveau inférieur est celui du portail. Le niveau moyen est constitué d’une gigantesque verrière comprenant l’impressionnante rosace. Enfin l’étage supérieur est celui du pignon triangulaire qui s’élance vers le ciel. C’est la porte qui mène au dieu de Rome et qui en fait la Babylone contemporaine. C’est un cheminement initiatique et un mystère quand on ne sait pas interpréter sa lecture de pierre.

Moins grandiose que la façade ouest, la tour nord en reprend cependant le principe théologique catholique. A sa base le trumeau du portail, une statue de la Vierge. Elle repose, ou domine un dragon, c’est selon la vision que l’on a des choses. Si elle repose, elle en est l’incarnation, si elle le domine, elle joue le rôle de celui qui a vaincu Satan, soit Jésus-Christ, ce qui est antéchrist dans le principe et renvoie à la première interprétation symbolique, la Vierge repose, car elle est l’image projetée de la valeur surmontée.

Puis vient le tympan. La partie inférieure du tympan, le linteau, représente des scènes de l’enfance du Christ. Ces sculptures sont parmi les plus belles œuvres sculptées sur ce thème. Elles montrent le rôle de Marie dès l’enfance de Jésus. Les quatre scènes représentées sont la naissance de Jésus dans une humble crèche, l’offrande au temple de Jérusalem après la naissance de Jésus, la persécution des enfants par le roi Hérode et la fuite en Égypte de Joseph et Marie pour protéger l’Enfant.

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La partie supérieure du tympan présente le très populaire Miracle de Théophile qui est un des « Miracles de la Vierge » dont le Moyen Âge tardif était friand. Les artistes qui l’ont taillée dans la pierre ont choisi de  ranger les événements essentiels de la légende les uns à côté des autres. Ainsi, nous voyons à gauche Théophile à genoux devant le diable en mettant ses mains jointes entre celles du démon, Théophile prête serment au diable par un geste bien connu du système féodal de l’époque: le prêtre atteste sa fidélité en mettant ses mains entre celles du diable. Derrière Théophile se dresse le magicien juif ayant servi d’intermédiaire entre le diable et le prêtre. Le juif pose une main sur l’épaule du prêtre et tient dans l’autre le pacte scellé. Deuxième scène: Théophile riche distribue l’argent reçu du diable qui est placé derrière lui. Troisième scène: Théophile repenti est agenouillé devant l’autel de la Vierge. Marie sauve le prêtre dans la quatrième scène en terrassant le démon avec une épée ressemblant à une croix. Tout en haut l’évêque d’Adana montre à ses disciples le pacte qu’il tient entre ses mains et qui porte l’inscription carta Theophili (la charte de Théophile). Le spectateur observe les cinq étapes du récit comme des unités d’illustration chronologiquement bien distinctes, arrangées à la façon de nos bandes dessinées modernes. En d’autres termes la narration est claire du premier coup d’œil, à condition qu’on connaisse la légende.

Puis vient la rosace, dont nous avons déjà dépeint la symbolique. Cette rose qui surplombe la Porte du Cloître de Notre Dame, est le thème générique qui motive le plus le mystère qui marque le front de la Grande Prostituée. Rosa mystica ou rose mystique, (du grec μυστός « mystos », mystère), est le nom symbolique de Marie dans l’Église catholique, employé dans les Litanies de Lorette. La rose, blanche, rose ou rouge, par sa couleur symbolise le Mystère de l’Incarnation ; Rosa sine spina, expression employée par saint Bernard puis par des poètes et des musiciens, comme Flos florum, fleur entre les fleurs, fleur dont l’odeur agréable ressuscite les morts, ou Rose sans épines, rosa sine spina, ceci avait un sens théologique précis et laquelle après des siècles devint le dogme catholique de l’Immaculée conception. Flores Florum, elle seule selon le dogme de l’Assomption est au Ciel avec son Corps mystique, ou glorieux, Fleur mystique parmi les fleurs du Paradis. Flos Carmeli, Fleur du Carmel évoque les liens de la Vierge Marie avec la Mystique : Rose de Saron, rose du Carmel, les fiançailles, les Noces de Dieu avec l’Eglise et la Vierge Marie.  C’est l’interprétation artistique la mieux imagée de l’Arbre de Jéssé. C’est la reine du Ciel qui représente dans sa personne le corps et les valeurs de l’Eglise dans sa globalité.

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La rose ne « parle » que si on pénètre par la porte qui mène au dieu. Une fois à l’intérieur la magie opère. La lumière en passant par les vitraux révèle l’histoire de la gloire qui trône en son centre. Presque intacte, la rose nord a conservé pratiquement tous ses vitraux du 18ème siècle. Elle est consacrée à l’Ancien Testament et le violet est la couleur dominante ; elle doit rappeler la longue nuit d’Israël en attente du Messie. Le médaillon central représente la Vierge portant son enfant et il est entouré de 80 médaillons disposés en 3 cercles. 1er cercle : est consacré aux 16 prophètes (mais Elie, qui n’a pas laissé d’écrits, est représenté deux fois et l’un des médaillons a été remplacé par un songe du Pharaon. Abdias, Aggée et Joël ne figurent donc pas)  2e cercle : Moïse, la prophétesse Déborah et 12 juges, les premiers rois d’Israël, Saül, David, et Salomon avec 15 de leurs successeurs  3e cercle : 6 rois représentés avec la couronne et la main de justice des rois de France, les prophètes tiennent un rouleau de leurs écrits, les grands-prêtres sont coiffés d’un bonnet pointu et portent souvent un bâton comme Moïse.

Nous avons là une représentation de l’autorité temporelle soumise à la Loi et aux prophètes. Jésus-Christ étant le Verbe fait chair, cette représentation de Marie efface le sens de l’Ancien Testament au profit de la nouvelle théologie mariale qui place la Vierge au-dessus de tout, même dans le Verbe.   







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